‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 142 sur 170 · HAP1TH£ DOUZIÈME · texte numérisé non relu

HAP1TH£ DOUZIÈME

Les liommes de Cessenay, dit Justingcr, conservèrent leur droit de corn bourgeoisie avec Berne *.

Quanl aux trois châteaux que les llernois avaienl pris de vive force, ils portèrent jusqu'h Tëpoque de leur destruction les traces de la violence employée pour y pénétrer ',

Depuis le rétablissement de la paii par les Confédérés, il se passa vingt ans avaiil que la commune de Cessenay eàt queltjuê dilKreud avec son seigneur. Elle mit ce temps de repos à proGt pour augmenter sa fortune et fortifier ses

^ * Qnd blibent die voo Saneo bi ihreiii BargrechteD, ala ror. * Jtistb- ^Bt. ibid- L'ahbé Girard dii que tes artïtires « déctarèreot hoa ei f alable

le traité de combourgemsie. « -

* « n^Ds cei întenralle , dit Tabbé Girard , les cbâieanx pris par les

Bemoïi furent eo partie démantelés , soit par eux-mémea , soil par les babiians du pa^s, cbarmés de se débarrasser de ces sombres manoirs q^ï les brid oient, i^

On dit généraleineni que les châteaux de BeMe^rde , du Vanel et de Cfaileau-d'Ogx furent détruits en 3 407 par les Bernois et par tes gens du pays. C'était bien aux cbâteaux forts, flanqués de tours , aux basUdes ou basîilla tvoir notre Iniroduaton, p. Sî. 100 et 118) > k ces doubles sym* l>oles de la domination et de la servitude, que les habitants des villes et de la campagne faisaient la guerre, pour abattre avec eut la féodalité, et subsUtuer le gouverne m eut des villes k celuî des châteaux. C'était la règle, et il n'y a pas lieu de supposer que les trois manoirs susdits y échappèrent. Cependantf ils ne furent pas démolis, puisque les Bernois les rendirent (sans doute fort endommagés) a leur propriétaire. Juâtinger nous apprend quils avaienl été, non détruits, mais occupés par les vainqueurs» Cependant, la tradition conservée dans un document de 1438 (voir notre fntroducHon , p, %B et suiv< ) dit que le château d'Ogo , sur la Motte, fut ab»uu ensuite d'une guerre, ei qu'il servit h la construction de la nouvelle église de Cbàteau-d'OËx . dont le clocber était autrefois la gri^nde tour du vieui manoir. Il y a là* paralt-il, un fait historique irrécusabie. bltcepen^ dant , bien longtemps encore après cet événi^ment , on parla du fort de ChMeau-d*OEx comme d'une bretêcbc exiuianie l'Etal de B«rne, écrivant à son bailli d'Aigle en 1503, mentionne le cbiiteau fort d'Ogo. « die Veiîcn Œsch, * L'ancien cbâtenu de U Motif aurait-il été rasé, h Texc^ption de la tour qui sert de clocher à l'église , et remplacé par une nouvelle forteresse*

libertés. A cette époque, la condition des habitants de la Haute-Gruyère était bien préférable \k celle des paysans du val de Gbarmey. — Arrêtons un instant nos regards sor cette contrée, qui devait être un jour un des plus beaux fiefs de la maison de Gruyère.

On a vu ^ que la vallée de Charmey dépendait, au quatorzième siècle, du seigneur de Corbières, que Pierre da Vanel etMai^uerite sa femme, alors seigneurs de Corbières, avaient affranchi de la taille serve et élevé à Fétat d'hommes libres du seigneur les hommes de corps de Charmey et des Arses. Les habiianis de cette belle et intéressante contrée eurent plusieurs fois, notamment vers la fin du quatorzième siècle ', des débats avec les seigneurs de Corbières , qui , les considérant comme leurs ressortissants, voulaient qu'ils contribuassent \k Tentretien des fortifications de la ville, qu*ils fissent la chevauchée ou le service militaire, et suivissent la bannière du chef-lieu. Ils fondaient leurs prétentions sur ce que les habitants de Charmey n'ayant pas de château fort, celui qu'ils avaient jadis ayant été détruit ', étaient obligés, en temps de guerre, de chercher avec leurs familles un asile dans le château le plus voisin , c*est-à-dire dans celui de Corbières.

Voici quelle était, en 1408, la condition des gens de la vallée de Charmey. Comme les autres habitants de la châtellenie de Corbières, ils devaient â leur seigneur la chevauchée ou le service mililaire. Ils tenaient de lui les pâturages communs, les bois, raffouage ou le droit , pour les

• p. 177 et suiv.

• En 1389, 1393 et 1395.

• Voir notre Introduction, p. 102.

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