CHAPITRE DOUZliSMB
présence de plusieurs témoins , suivant l'usage, le 29 avril de Fan 1419, et scellée par le chancelier du duc de Savoie, domicilié dans celte ville.
.Dans le même temps, d'autres intérêts matériels divisaient deux prêtres et troublaient la paix de deux communautés religieuses. Le prieuré de Broc dépendait du prieuré conventuel de Lutry, et devait lui servir un cens annuel de quatre muids de beau froment, à raison du droit qu'avaient le prieur et les religieux de Lutry de nommer au bénéfice du prieuré de Broc. Celui-ci était de plus obligé d'acquitter une redevance annuelle de deux florins d'or, de Lausanne, pour les pelisses' des moines claustraux du monastère de Savigny, dans le diocèse de Lyon, qui était le chef de l'ordre des Bénédictins. Or ces deux rentes, l'une en nature, l'autre en argent, n'avaient pas été servies depuis trois ans, lorsque Michel de La Rive \ prieur de Lutry, en exigea le paiement de Richard de Gorbières, prieur de Broc, et de plus une coupe de vin qui lui revenait chaque année du produit de la vigne que le prieur de Broc possédait au lieu dit Curson, dans la vallée de Lutry. Richard refusa de payer le blé qu'on exigeait de lui, disant qu'on ne pouvait pas imposer à son couvent charge sur charge, que si ses devanciers avaient livré du blé au prieur de Lutry, ils n'avaient
^ « pro pellioiis. >
* ou de Larippe (dans le cercle de Giogins) ? Notre charte autheDtiqae le Domme Miehael de la rippax. Le sceaa en bronze de ce priear porte le nomdertpa. Voici la légende de ce sceau, monament précieux, dont M. le conseiller J. Bemy , amateur éclairé des antiquités nationales , a fait , il y a quelques années, la découverte et l'acquisition :
t fii. 6tgtUum : mtci|(ulb : be : la : ripa : priorie : luetriari.
fait à celui-ci qu'un don gratuit, témoin un bon nombre de vieillards, entre autres cinq au moins du pays d'Ogo ', qui en avaient souvenir. Il ajoutait que la redevance en nature dont il s'agissait avait été arrachée k ses sujets , ou accordée par la crainte. Alors Michel de La Rive dît à son confrère que, sous peine d'excommunication, il ne sortirait pas de l'enceinte du couvent de Lutry qu'il n^eût payé les arrérages dus par le prieuré de Broc. Mais Richard de Corbières en appela k l'abbé de Savigny, leur supérieur corn-; mun. Il lui exposa les griefs qu'il avait contre le prieur de Lutry, et en rapporta une sentence qui condamnait celui-d k lui payer les dépenses qu'il aurait eues k ce sujet, et qui pouvaient s'élever k quarante francs d'or, monnaie de France \ Cependant, la cause débattue par les deux prieurs n'était pas jugée. Michel ne-cédait rien de ses prétentions, et Richard, loin de le satisfaire, demandait la restitution de ce que ses devanciers, mauvais administrateurs des biens du couvent, disait-il, avaient donné aux prieurs de Lutry. Il réclamait de plus 16 L., prix de six vaches ' qu'il lai avait livrées. EnGn, les deux prieurs remirent la décision de leur querelle k quatre licenciés ès-lois; ils nommèrent surarbitre l'abbé d'Hauterive, et pour son suppléant Claude de Montmayeur, camérier de Lutry. Les arbitres prononcèrent qu'il y aurait paix entre les deux prieurs; que celui de Broc témoignerait a celui de Lutry le respect et l'honneur qui lui étaient dus, et contribuerait au bien-être de son couvent; que le prieur de Lutry, k son tour, protégerait et défendrait
' « de patria Ougo. »
* « ad quadragiDta francos auri monete Francie. >
' « pro sex vachis. »