‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 160 sur 170 · CHAPITRE DOUZlfeMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZlfeMK

bieiivcitlance de ceux-ci envers leurs sujets, La pelîle ci lé féodale, toujours prompte ^ venir en aide au chef du petit empire dont elle était la capitale, avait prêté 200 HoHds d'or de Florence au dernier comte et k son fils, et 30 L, de Lausanne au comte Antoine. Ce prince ne négligea pas l'occasion qui s'offrit de reconnaître de si bons services. Des délégués de la commune s'étant rendus au château, et a^anl prié leur gracieux seigneur de leur accorder, comme jadis « le tribut des oboles ou des mailles, disant que le produit de ce droit serait employé aux besoins de la ville, à la réparation de ses murs, à la construction de nouveaux ouvrages de défense, le comte, en récompense de leur dévouement, et en retour de l'argent qu'ils avaient prêté à son aïeul, à son père et à lui-même ^ leur accorda le droit qu'ils sollîeilaient ', et qui leur avait déjà été accordé, pour un tetnps, par son prédécesseur et par lui-même \

k répoi)ue où le comte Antoine conféra k la commune de Gruyère le privilège dont nous venons de parler, il était peutêtre déjk atteint de la maladie ï laquelle il succomba dans UD âge où rhomme quitte dindcilement la vie, alors même qu'elle n^a pas été pour lui sans amertumes. Antoine avail éprouvé bien des traverses dans la carrière au milieu de laquelle la mort vint rarréler. Il était d'ailleurs inquiet de Ta venir de sa famille. Il avait des enfants, mais il manquait d'héritier; ses Ois, nés d'une maîtresse, étant inbabiles k lui succéder. Antoine ne pouvait donc ni les instituer ses

^ Cb. du G juillet 1133 (non pas 1423, comme on Ut ûm& le Gere^ieÀiforicher, p. SSl).

' En 1338 eiêû U19. Voir p. 360. 4M il suit.

héritiers ni régler en leur fayeur la succession au comté de Gruyère et aux seigneuries qu'il possédait, à moins qu'ils ne fussent légitimés. Mais avant de pouvoir obtenir pour eux la capacité des enfants nés de légitime union, il fallait, semble-t-il, qu'il eût lui-même un diplôme qui lui assurât la possession du comté de Gruyère et de tous les droits et privilèges que ses ancêtres lui avaient transmis. Il adressa donc à cet eflTet une requête à Tempereur Sigismond. Sa demande fut peut-être appuyée par Amédée VIII, qui, en 1417, avait obtenu de Sigismond l'érection de la Savoie en duché. Il nous parait assez probable qu'avant de se retirer au prieuré de Ripaille, qu'il avait fondé, le duc de Savoie recommanda au chef de l'Empire les intérêts du vassal dont il avait été le tuteur et dont il allait cesser d'être le suzerain \ Sigismond était alors à Rome, où il avait reçu la couronne d'or des mains du pape Eugène IV, le 51 mai 1435. C'est là que l'empereur reçut la supplique du comte Antoine. Il lui fit expédier un titre dont voici la substance :

Sigismond , par la clémence de Dieu empereur des Romains, toujours auguste, roi de Hongrie, de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, etc. Ayant reçu de la part de noble Antoine, comte de Gruyère et seigneur de Montsalvens, notre cher féal et celui du saint Empire , une humble requête, tendante à obtenir, pour lui et ses successeurs, la confirmation des diplômes qui lui ont été conférés par les empereurs romains et les rois nos prédécesseurs ', ainsi que

^ Ce fut en 1434 qu'Àmédée VIII se retira au couvent de RipaiUe, près de Thonon.

* Nous avons déjà fait observer (à la p. 375) que dans la Grajère Van* torité des empereurs n'était qu'un nom. La charte de l'eropereur Sigismond ne saurait infirmer notre assertion. Cet acte, dont nous n*avoiis produit

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