‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 35 sur 170 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

du joar de sa mort , ainsi que de soo mari lorsque celui-ci serait décédé'. L'ioteiruption d'uo pareil office, faute du payemeot de la rente k jour fixe , ou d'une compensation, eûl été considérée» d'après les idées du temps, comme un grand malheur.

Le chapitre de Notre-Dame de Lausanne, non content de ce quMI avait obtenu du comte de Gruyère, faisait valoir de nouvelles prétentions. Il revendiqua une des alpes ou montagnes verdoyantes du Moléson. Rodolphe aussitôt de confesser son erreur, de reconnaître que ce gras pâturage appartenait au chapitre, et de l'en investir. Alors quatre vassaux du comte réclamèrent contre cette cession, disant que chacun d'eux tenait du chapitre un quart de la dite montagne, a la charge d'une redevance annuelle de quatre moutons, laquelle pouvait se convertir en argent, ii raison de huit deniers par tête. Le chapitre répondit qu'il ignorait cela, que jamais il n'avait perçu le cens dont il s'agissait. On convint de part et d'autre que les quatre hommes qui soutenaient avoir des droits sur le Moléson se présenteraient devant le chapitre de Lausanne, pour établir le droit qui pourrait leur compéter; bien entendu que s'ils manquaient de preuves, la montagne en litige resterait la propriété du chapitre*. Elle figure en effet comme bien domanial du chapitre dans le recueil de chartes que le prévôt Conon d'Estavayer a fait rédiger ^

Voilà un exemple entre mille des contestations qui , au moyen âge, pouvaient naître d'un droit mal défini.

' Charte da VU des cal. de mars 1237, soit du 33 février 1338, noav. style, dans les Mém, et Doc, t. VI, p. 313-214. ' Charte de la même date que la précédente, savoir du 23 février 1238. • Mém, et Doc, t. VI, p. 208, ligne 6«.

Le chapitre de la calhédrale de Lausaooe avaii à Lessoc une partie d*uo tèDemeol, lequel était échu par héritage à Tuu des hommes da comte Rodolphe HI, qui le possédait à bail (tenebat)^ et ne faisait aucun service de fief au chapitre. Celui-ci voulut que le comte obligeât cet homme à servir le fief intégralement, c*est-à-dire à prêter foi et hommage au chapitre et à lui payer les droits qui étaient dus pour le fonds dont il s*agit , ou à lui remettre ce fonds. Le comte obtempéra au vœu du chapitre S

Ces différends étaient peu de chose en comparaison de celui que nous allons rapporter. Il s*agit d*un débat entre le comte de Gruyère et le chapitre de Téglise de Lausanne, concernant le droit de poursuite, source féconde de querelles et de guerres entre les souverains locaux, entre les seigneurs voisins, soit laïques, soit ecclésiastiques. En i 196, nous Tavons vu, l'évéque Roger et Rodolphe PAiné, comte de Gruyère, avaient fait un accord touchant les femmes serves du comte qui passeraient dans la seigneurie de Bulle et celles de Tévéque qui s'établiraient sur le territoire du comte '. Ce traité ne s'étendait pas au chapitre de Téglise de Lausanne, soit k son prévôt, ni par conséquent aux territoires d'Albeuve et de Riaz, qui, cédés en 1200 par le comte de Gruyère, dépendirent dès lors, non de Tévéque, mais du prévôt et du chapitre. Rodolphe le Jeune continuait donc de tailler plusieurs hommes d'Albeuve nés de serves \k lui appartenantes qui avaient épousé des serfs d'Albeuve, dans la seigneurie du chapitre , et il en avait perçu plus de quarante livres. Le chapitre voulait établir en faveur de la

1 Charte da 33 février 1238.

• Voyez ci-dessas, p. 31-33, el notre Introduction, p. 174.

Page 1