CHAPITRE QUATRlàMB
vrées au vendeur par Hugues de GramrooDl , chàielaio de Chillon ^ Le comte de Gruyère s'engagea envers Facquéreur k défendre ei prot^er contre Rodolphe, comte de Genevois, Tavonerie qu'il venait de lui vendre*. Le même jour il informa la veuve de Rodolphe d'Oron de la cession qu'il venait de faire de Tavouerie de Vevey à Pierre de Savoie, et rinvita k rendre k son nouveau supérieur les hommages et les autres devoirs féodaux ".-La maison d'Oron , investie de la ticomU et de la mairie'^ de Vevey, soit de la moyenne et de lâchasse justice, était vassale de Tavoué de Vevey k raison de ce double office, qui dépendait de l'avouerie, comme nous l'avons déjk fait remarquer. — Le seigneur de RIonay, qui, on ne sait k quelle époque, avait vendu, au prix de 300 livres, Tavouerie de Vevey k Pierre de Savoie, adressa, paralt-il, des réclamations soit k Pierre, soit au comte de Gruyère. Il reçut de ce dernier Fassurance qu'on lui donnerait la valeur en sus de la somme qu'il avait reçue". Elnfin, le comte de Gruyère promit k Pierre de Savoie de l'indemniser des dommages qui pourraient résulter pour lui de l'acquisition de l'avouerie de Vevey ".
Dix ans plus tard, Pierre, comte de Savoie^, disposant de l'avouerie de Vevey comme en avait disposé jadis le comte de Genevois, auquel il se substituait dans le comté de Vaud,
' Charte on extrait d'une charte da l«r mai 1357. A.
* Acte de la même date. B.
* Acte de la même date. G.
* « Yioecomitatos et maioria. »
^ Acte du mois de mai 1257. D.
* Acte du mois de mai 1S57. E. — On peut être surpris de la différence des sommes données de l'avouerie de Vevey.
'' Le jeune comte Boniface étant mort au commencement de juin de l'an 1963 , son oncle Pierre s'empara de la couronne au pr^ndice de la branche aînée.
céda à AimoQ, seigneur de Blooay, pour lui et ses héritiers, Tavouerie de Vevey el tous les droits qui en dépendaient, de même que la vicomte et la mairie de Vevey et de la Tour (-de Peilz), que possédaient les enfants de feu Rodolphe seigneur d'Oron. Il inféoda ces trois offices à sire Aimon de Blonay,. toutefois sous la condition qu'aussi longtemps que lui, comte Pierre, aurait en main la gagerie du comte de Genevois^ Aimon s'acquitterait envers lui des devoirs féodaux, et que du moment où la dite gagerie reviendrait au comte de Genevois, celui-ci recevrait d' Aimon la foi et rhommage à raison de Tavouerie, taudis que le comte Pierre les recevrait pour la Tour-de-Peilz. Le comte Pierre céda ces fiefs et quelques autres à Aimon de Blonay pour la somme de 1000 livres viennoises. Alors Jean de Blonay demanda qu'il plût au comte de Savoie d'ordonner h Pierre d'Oron et k Rodolphe , fils de feu Rodolphe seigneur de ce lieu, de rendre à son père Aimon les hommages qu'ils avaient rendus au comte h raison de la vicomte et de la mairie de Vevey et de la Tour '.
IjCS détails que nous venons de rapporter ofirent d'autant plus d'intérêt, que des vicissitudes de l'avouerie de Vevey et de ses dépendances, au XIII® siècle , il est facile de conclure aux désavantages qui devaient résulter de cet état de choses pour les ressortissants.
On rencontre parfois au moyen âge des exemples d'une grande simplicité et d'une bonne foi remarquable dans les
^ Voyez ci-dessus, p. 80 et soiv.
' Charte da 28 mars (V kal. apr.) 1267. Monum. Historiœ patriœ, l. I, 1475.
CHAPÎTRE Ot^ATRIÈHE,
décisions de cerlains procès. Le seigneur Rodolphe de WeisseDbûurg\ dans le Simmenlhal, vassal au comie de Gruyère, s'élail fait donner, h liire de cens ou de devoir féodal, un mouion et un chien dans les montagnes de Tabbaye d'Haulerive^ dont il revendiquait la seigneurie, disant que le cens qu'il s'était fait payer lui revenait de plein droit chaque année. Il en résulta un procès entre Rodolphe et Fabbé de Haulerive, frère du comte de Gruyère. La cause fut portée devant le supérieur féodal du baron de Weissen bourg, c'est-à-dire devant le comte de Gruyère et son fils Pierre, Ces deux seigneurs déclarèrent k sire Rodolpbe qu'il revendiquait k tort le droit que lui contestait Tabbaye qu'il avait lésée. Alors Rodolphe de Weîssen bourg, convaincu de Téquité de ses juges, promit solennellement de ne plus rien prendre dans les montagnes d'Hauterive. Il renonça, pour lui et ses béritiers, au droit que ses ancêtres el lui avaient cru pouvoir exercer dans les dites montagnes^.
Le comte Rodolphe et son fils aine, qui avaient , comme d'autres seigneurs, rendu service à Pierre de Savoie, furent compris parceluî-ci dans le traité qu'il conclut en 1260 avec Henri de Rarogue, évêqne de Sion , pour mettre un terme aux fréquents démêlés, aux dangereux conflits qui résut-
* * de klhù caslro > , de Wemt^burg. oa de Slankmbnrg - Bianche rû$lel, Slanie-chestd , dans te Retueil diphm. de Fribourg , l, 144. Le cbâleau de Weissenbotirg éLalt dans la vaUée âUfvérieure , celui de Blankenbourg dans la i?allée inréneyre de la Si m m en. Les ncuns de ces deux châtefiuiE oui la même slgniftcâiion. U ^'a^it du premier dabs notre leile,
* Cbafte du mois d'août IÎ68 lin ociav. assumpUonis heale Marie), dans le Nobiliaire d*Hauierive, mbiL AUtrripir, part. IT, publiée dans le Sotoih. Wochmbl. pour l*an 1830. p. 8G* Oa trouve aussi 1» iubstanoe de cet acte éêm le volume tniUulé liitermÀlpmm, C dei archWeâ d'Hauierlvê, maintenant I Fri bourg.
laient de la situation de leurs seigneuries respectives , lesquelles étaient comme enclavées les unes dans les autres. Cet accord , destiné à établir une bonne paix entre Pierre et le prélat, fut profitable aux deux parties et ii leurs sujets.
En 1264, Rodolphe de Gruyère et son fils Pierre, chevalier, notifièrent, de leur château de Gruyère, qu'ils cédaient k Fabbaye d'Humilimont ou de Marsens tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur des fonds de terre et des bois situés dans le territoire du Châtelard (commune de Marsens), immeubles dont les religieux d'Humilimont étaient depuis longtemps en possession. Ils confirmèrent de plus toutes les donations qu'eux ou leurs ancêtres avaient faites k la dite abbaye , ainsi que celle de deux poses de terre que ce couvent avait reçues de Vibert de Grangettes, donzel, vassal de Gruyère*.
Sur la fin de cette année, le même comte passa, de l'aveu de ses deux fils, avec les Avoyer, Conseil et Communauté de Fribourg, un acte touchant une famille de Morion, dont il était le seigneur. Cette famille voulant s'établir h Fribourg, le comte renonça aux droits qu'il avait sur elle ; il l'affrancbil des devoirs connus sous le nom de service de collibert* ; bien entendu, toutefois, que celte famille ou l'un de ses membres, venant à renoncer à la bourgeoisie de Friboui^, serait tenu de s'acquitter envers le comte ou ses héritiers de toutes les obligations qu'imposait la condition de collibert*.
Les actes de 1264 sont les derniers connus où le comte
* Ch. du 1Y« jour avant les nones (4^ jour) de mai 1264.
* Voyez notre Introduction j p. S02 et suivantes.
' Ch. du 3 décembre (feria quarta an te festum beati Nicolai) de l*aB 1264. dans le Recueil dipl. de Fribourg, t. I, p. 100 et suiv.