‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 50 sur 170 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Six jours après celle conventions le corate Philippe recul au château de Chillon rhommage de Pierre comte de Gruyère, de son frère Guillaume, chantre de la cathédrale, et de Pierre de Gruyère, donzel, fils du comte, Ceui-ei lui rendirent foi el hommage à raison des cbâieaui et des seigneuries du Vanel, de Gessena; (?), de Gruyère, de CbàteauHl'Œx , de Montsalfens, de la Tour-de-Trême *, et géoéralêment de tout ce qu'ils uvaient encore en alleu, lui promettant, alors que ta guerre avec le comte de Habsbourg paraissait inévitable ^ d'aider le comte de Savoie avec tout le dévouement qu'ils meilraienl îi défendre leur propre cause. Pbiiippe leur donna, en retour , la somme de mille livres vienooises^

Bientôt Philippe eitigea davantage. Lorsque, dans Tété de Tannée suivante (1272), les comtes Rodolphe de Habs^ bourg et Thierry de Mootbelliard mirent le siège devant la ville de Bienne*, ville de Tévéque de Bâle, le comte de Savoie s'assura du Pays de Vaud. Il se fit remettre par le comte de Gruyère le château du Vanel, le château d'CEx et

' «die Mercttrîi posi S. Luûiam. » le mercredi après la St«.-Luce. soH le 16 dêceml>re 1271.

* GuictieEiofi, (iantsoQ Htstmre de Sa^^oie, t.Up* Sâ3, dit que, en 1^71,

* Pierre cûinte de Gruyère promit aa comle de Savoie de Taïder de ses

* Tilles ei cbâteaui de Lo vanel, deGiDRinE, de Granges, de Cbatellard, de «MalonSf ei Trêves , à (|iJOi conseuiirenl GaUlaume de Gruyère, chantre » de Lausanne , frère , el Pierre de Gruyères , iils du comto de Gruyères,» Ces noms gëograpUiques ainsi défigurés ont passé de là chronique de PiogOD dans l'ouvrage de Gtiichenon et dans la Siotia delta monarchm di Savoui de M. Clbrario, L II. p. 150.

• M, CibrariOp ibid. , cite le Zitnldone de PhUiberl PÎKgon, qui aviîl Lire ces détails intéressants d'une vieille dutrle aujourd'hui égarée ou p«rdue, comme beaucoup d'auirea,

'Kopp, e«rA. dfT eidgm, Bmde, t. II, L. p. 654^ IJ, S, p. %9%.

106 HISTOIRE DE LA GRUVàRE.

la Tour-de-TrèmeS Philippe lui engagea, en retour, la maison forte de Vevey, c'est-k-dire la Tour-de-Peilz, poor tout le temps qu*il occuperait les châteaux du comté de Gruyère. Pierre, son frère, et son fils, promirent au comte de Savoie de ne point donner aide à ses ennemis aussi longtemps qu'il ne se serait pas accordé avec le comte de Habsbourg , les Fribourgeois et les seigneurs de Corbière, et de ne lui causer aucun dommage en sa tour de Vevey et autres lieux. Cet accord fut foit à Romont le 1 1 juillet 1272 V

Il y a plus. Deux ans après cette convention , le comte Pierre de Gruyère, en renouvelant Thommage au comte de Savoie ik raison du château de Gruyère, lui aurait permis de construire un village (villa) dans le pays d'Ogo, près du château de Montsalvens'. Ce renseignement, s'il est exact, signifie que le comte de Savoie était sur ses gardes contre les seigneurs de Corbière, gens dévoués à Rodolphe, qui, à l'époque dont nous parlons, était roi des Romains, ayant été promu à cette dignité le 29 septembre 1275 par les princes électeurs réunis à Francfort.

En 1275 le nouveau roi des Romains eut à Lausanne avec le pape Grégoire X une entrevue solennelle, qui devait avoir pour résultat non-seulement raffermissement de la bonne intelligence entre le chef de TEglise et le chef de l'Empire, mais encore le rétablissement de la paix publique, et en particulier la réconciliation du comte de Savoie et de

' Ici encore Guicbenon a altéré les noms en écrivant Nys pour OEx , et Temy pour Tréme. Lovanel n'est pas une faute si on récrit en deux mots : loFofieideVanel).

* < die lune post ocUv. S. Pétri et S. Pauli apost. (10 juillet) 1273. Zibald. de Pingon , cité par Guichenon , ibid., p. 293, et par M. Gbrario, ibid., t. II, p. 156-160. Kopp. t. II, 2» partie, ou L. IV, p. 293 et la note 5.

• «juin 1274. Cibrario, ibid., p. 160.

OUHTRE CmOLlàHE.

Bourgogne avec son royal sctzerain. Le coniie Philippe n'assi&ta pas, avec les grands de TEinpirâ . iloni te roi fui entouré, k la dédicace de la caihédrale de Lausanne , qui eut lieu le \9 octobre de la même aoûée. Loiu de saisir Tocca^ sion de se raccommoder avec le roi Rodolphe, il continua de reteniiv, au préjudice de t'Empire, Payerne, Gummiuen ei Horat. Cependant les forïs de Laupen et de Grasbourg furent soumis h TEmpire, le second par Richard de Corbière et Rodolphe de VuippensV Le roi acquit à sa maison la rille de fribourg^ et celte aequisitiott augmentant ses forc^ dans la Bourgogne, il résolut de vaincre la résistance de Philippe. Dès que les circonstances le lui permirent ^ il poussa vigoureusement la guerre contre le comte de Savoie\ Les Fribourgeois, de leur côté, forcèrent le château de UoDtsalvens, situé près du conHuent de la Jogne et de la Sarine*, et apparlenaot au comte de Gruyère, vassa! du comte de Savoie, qui sans doule y avait mis garnison. Cette forteresse échut ii Richard, donzel de Corbière, seigneur de Bellegarde, dans la vallée de la Jogue^, personnage considéré dans son pays et fort estimé du roi- Richard reçut rinvestilure de ce château pour sa part> Il s'engagea, sous la foi du serment, envers les avoyer, conseil et communauté de Fribourg, k leur rendre cette maison-forte qtiaud ils en

^ Kop[»i G€sch. der eidgm. Biindff l. tî, 3* partie, ou L. ÏV, p> aïO.

' Ch. du ïG novembre 1277. Kopp. 16 lU

* "Str^/ [dit atiroi tV Angleterre le measager qui venait lui annoncer la mort tragique du comte Uartmann de Habsbourg , qui avait péri Janjs le Rhin ) , fmire le Uny éê Ahmaignf et le Counie de Savc$e a grant gerrf^ et ttunt fa g^Rt li' îiei ga^te {dévasiti) grant partie de la tère le Counii^ » Kopp . Il , a»»* part,, ou L. IV, p, 351, noie 2.

* Voir notre IntrodueHon , p. 83 et suivantes.

* Voîrnotpe Imtoduetion, p 103

voudraient disposer, et à ne la point aliéner, sinon de leor aveu. Il déclara solennellement que quiconque aurait de sa part la garde du château de Montsalvens, serait engagé envers les Fribourgeois comme il Tétait lui-même. — Richard mit son scel k cet acte , qui est du mois de juin de Pan 1281, et pria Tabbé d'Humilimont d'y apposer le sien *•

Deux ans après Tinféodation du château fort de Montsalvens à noble Richard de Corbière, le roi Rodolphe, qui devait 1,354 livres lausannoises à Richard et 734 livres à Rodolphe de Vuippens, leur hypothéqua le château de Grasbourg avec ses droits et appartenances, toutefois sans comprendre dans cette hypothèque certains villages dépendants du château de Grasbourg, qu'il avait déjà engagés à Richard pour le village de Belfaux , situé à une lieue de Fribourg, que Richard avait apparemment possédé et remis au roi\ Le roi Rodolphe était alors occupé au siège de Payeme. Cest du camp même qui cernait cette ville que, pour diviser les forces de son adversaire et TafiTaiblir, il avait adressé au comte de Genevois l'invitation pressante d'armer ses vassaux contre leur ennemi commun , le comte de Savoie, lui offrant un secours de cent cavaliers, et lui promettant de le comprendre dans la paix avec ses droits et la justice qui lui était due'. Enfin, dans le septième mois du si^e de Payeme , le comte de Savoie demanda la paix. Il restitua it

> Voir le Recueil dipl<m, du canton de Fribourg, I, p. 116, et Kopp, Gesch. der eidgen. Bûnde, t. II, 3« partie, ou L. IV, p. 179.

* Ch. da 31 juillet 1283. dans le Recueil diphm. du canton de Fribourg, I, p. 119. Kopp, ibid,, p. 181.

' Cb. du S3 Juin 1283, dans le second Recueil de documents (Urkunden) publié par M. le prof. Kopp , p. 1 17 , n® 43 , et Gesch. der eidgen. Bûnde, II, 2« partie, ou L. IV, p. 361 . Voir notre Mém. sur les comtes de Genevois, p. 80.

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