‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 51 sur 170 · CHAPITRE CIHQtilÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIHQtilÈME

la coiirofinc Payerne, Moral et Guraminen ** Le roi lui readil Motjdon et tout ce qu'il lui avait pris dans la Bourgogne trâDSJuraDe. Le comte de Genevois ne fui pas compris dans le traîlé de pais *. Le comle de Gruyère resia vassal du comLe de Savoie. Ce fui sans doute k roccasioD de ce iraité de pais, dont on ne connaît pas tous les délaits, que iechàleau de Monlsahens fui rendu k la maison de Gruyère, il est certain qu'elle le possédait en 1289, comme il résulte d'une charte que nous aurons bientôt Toccasion de faire connaître*.

La guerre et diverses circonstaoces ayant diminué la fortune de la maison de Gruyère^ son chef s'était vu obligé de vendre quelques immeubles.

Par acte passé à Lucens, le 2 août 1277, Pierre, comle de Gruyère, du consentement de ses enfants Pierre et Pierrette ou Pétronille^ et de Guiltemelte sa belle-fille, avait vendu h Guillaume de Cbampvenl, évêque de Lausanne, divers fonds consislant en prés et terres cultivées ou arables h Coquerens, au Quarrel, en Merules^ en Mermont ou Maumont, à Vuadens, à Bulle, k SouteosN savoir des prés de la contenance de 17 chars de foin, au taux de 21 sous le pré d'un cbar de foin, soit 20 livres 8 sous;^ — 103 poses de terre arable à 12 sous la pose, soit Gl livres

' Voyei U lettre patente du 37 décembre 1583. Kopp, Urkunden, II, p. 117, n*' 44, et GeteL der Hdgen. Bmde.l. l\ , 2"* partie, ou t. IV, |r 364.

* Voir notre Métnoîre sur les (^orales de Genevois , p. 60 et suW. ■ Cb du ISavrU nm.

* < . . , ïn locis et Lerritoriis anle dlclis a loco qui dicilur HarstUrfm ttsque %â gros Warno , êicui cursus Aïi maioris Treme designEil versus tîuUo, • Donc dans les environs de h Toiir -de*Trême, le long des rives «Ju lofreiii de ce nom.

16 SOUS. Il avait vendu de plus une rente annaelie de 6 sous pour la somme de 5 livres 12 sous, et 2 paires de méneides^ valant 12 deniers chacune, réalisées au prix de 12 sous, soit 2 livres 8 sous; enOn la dlme de Soatens, pour 30 livres; le tout pour la somme de 118 livres et 4 sous, monnaie de Lausanne*. On remarque dans cet acte de vente plusieurs noms de familles gruériennes, tels que lesDupré, les Glasson, les Reymond deNérigue, les Blanc de Pringy, les Chapuis ou Charpentier d'Epagny, les Ferrant ; plusieurs tenanciers et diverses tenures ou petits fiefs: preuve du morcellement des terres dans la Gruyère, au moins dans une partie de cette contrée, au XllI® siècle.

Dans le même temps Rodolphe et Pierre, fils de feu Gui de Villars, chevalier, vassal du comte de Gruyère, vendirent k révoque de Lausanne des terres et des prés dans le territoire de Bulle, de Soutens, de Coquerens et en Maumont, au prix indiqué dans Pacte précédent. Cette vente fut approuvée et confirmée par le comte de Gruyère, et munie de son sceau, ainsi que du sceau de Tabbé d'Humilimont ^

On apprend d'une autre charte, du mois de décembre de Tannée suivante, que Jean fils de Jean Ducrét de Grandvaux donna, pour la guérison de son âme, au couvent d*Hauterive, son chesal au village de Grandvaux, sa vigne située au Crét, et trois poses de terre avec un pré contigu aju lieu dit Es-Combettes, sous la Tour de Gourze*^ ; de plus, sa part de la dime et du cens de Lalex. L*auteur de ce don le fit du

^ yoyfeiV Introduction, p. 316.

* Ch. datée de Lucens (château de l'ôvèque de Lausanne) . du 2 août (die luna proxima post festum beati Pétri ad vincula), 1377.

' Ch. du mois de janvier 1278, n. st., (pour 1277).

* «Castrum de Gursi. »

CHAPITBE CmotlfellE.

lit

eonsenlemeni de Pierre, fils de Pierre» comte de Grujère, de sa femme Guillemelte et de ses Tiis Rodolptic ei Pierre, les dites possessions étant dn fief de Pierre de Gruyère*. Celui-ci approuva de même le don d'une vigne et d'une terre sises près d'Arans, cédées pr Jean Ducrét de Grandvau\ à Fabbaye d'Hanterive, et il exempta les frères du donateur de Texji^ditiou militaire qui lui était due selon la coutume ou la loi du pajs*>

Les deux chartes dont nous venons de rapporter le contenu sont ït notre connaissance les documents les plus récents où figure Pierre, donzel do Gruyère, dit leJeune^ fils du conUe Pierre dît l'Aine. Il mourut le 5 septembre 1285*,

Pierre le Jmm avait épousé Guillemelte de Graudsou, qui lui survécut un quart de siècle. De cette union étaient nésdeuxGIs: {^Rodolphe, qui mourut i|uelques années après son père; 2** Picm, qui succéda an comte Pierre II, son aïeul ; et une fille nommée Agné»f qui devint la femme du chevalier Nicolas d*Englisl>erg, avoyer de Friliourg en 1292, qui ac- «piit les seigneuries d'Arcouciel et d1llens\

Pierre k Jeum parait avoir partagé avec son père les soins de radministration. Nous ue connaissons, à la vérité, aucune cliarle contemporaine qui lui donne le lilre de comte; mais plus d*un acte poslérienr lui attribue cette qualité, ou

^ et * A ni) 1 y ses de deux chartes du nioii de décembre 1^70 , dans le Cod, âipL de HaUer.

• Oiï Ut ce qui suit dans le Nécroîoge ûe l'église paroissiale de S^ -Théodole <îe Gruyère ; « Sepl. lit non. aono Di, M^'XC'* LXXXIIP. oHK Teims ûlius dominr Pelri comilis Gfuerie , qui dédît ecclesîe de Grueria quînquc solides iaus^ census super teDemeoLum t^etri de Cliavonnes în naLati Dominî aonuatlm persolvendos.^ iCoromuniquépâTM.rtihhi^J, Crf^maud^tlconsie d'tiD S€ie itu mois de fé?rier tSN f rw*ur 1^283, ¥. Ml ), qu'l ceUe époque Pierre de Gruyère, UJfunr, était mort.

* Voir te itemeil dipL du canton dt Fribourg. fol I, p 173,

désigne sa veuve sous le nom de comtesse de Gruyère*. De là vient que les généalogistes ont désigné Pierre le Jeune sous le nom de Pierre III '.

Un document du mois de février 1284 nous apprend que deux frères 9 habitants d*Arans, ayant donné à un homme de LaJex, mari de leur sœur, pour dot de celle-ci une vigne sise sous le village de Lalex , et une autre vigne sise près de Rueyres, cette donation fut approuvée et confirmée par Pierre, comte de Gruyère, et par Guillemette, veuve de Pierre fils du comte, sous réserve du cens annuel d'un muids de vin et des autres usages dus par les vignes mentionnées ci-dessus. Le vieux comte corrobora cet acte de son scel , et Guillemette, sa belle-fille, qui partageait avec lui les droits de seigneurie qu'avait exercés son mari , déclara se contenter du sceau du comte, son beau-père *.

Ce fut environ quatre mois après la mort de Pierre de Gruyère, dit le Jeune, que le roi des Romains et le comte de Savoie firent la paix dont nous avons parlé*. Avant le si^e de Payerne, lorsque déjà le roi poussait la guerre avec vigueur, plusieurs petits souverains de la Bourgogne . transjurane s'étaient ligués dans Tespoir de rentrer en pos-

* Ch. da 33 mai 1390: « Pétri ianioris comitis. » — 1307, oct. : <Willermeu uxorquondam Pétri comitis Gmerie. » — 1391, 6 août: «Willermeu oomitissa Gmerie. >— 1309 (pour 1308), 8 janv.: < Gaillermeta comitissa Grnerie, relicta qaondam Pétri comitis GraeHe. »

* Il est désigné , par erreur, sous le nom de Pierre IV , dans VBist, de la Conféd. tuiste par J. de Muller , t. II, chap. 7 , p. 634 , note 536 (édit. ail. de 1835.)

' Ch. du mois de février 1384 (pour 1383). Comparez notre Iniroduc Iton, p. 348.

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