CHAPITRE CINQUIÈME
riens, ayant conrotidii les lemps €l les choses. Des bandes armées porlèrenl la dévaslatioa bien au delà des terriloires de Berne et de Fribourg, Ces deux villes^ elTrayées des résnltals de leur haine, coofinrenl le 12 février de Tan 129 1, de renouveler Talliauce qui autrefois les avait unies ^
Pendant que des arbitres nommés |)ar les conseils de Berne et de Fribourg, s'occupaient lentement de la question des dommages commis par ces incursions el des réclamations faites par les intéressés, les Bernois, sous les ordres du comte Godefroi de Merenberg» avoué im|>érial en Alsace et dans la Burgondie, entreprirent, au mois de juillcl de Tan 1294, une expédition lointaine dans la vallée alors peu ae^ cessible de Froutiguen. Renonçant h l'attaque du ehâteaa Tort d'Unspunnen, ils ravagèrent les terres des sires Arnold et Walter de Woediswyl , qui comptaient parmi leurs ancêtres an avoyer de Fri bourg, et mirent le feu à l'église de Frontiguen, dont plus tard ils réparèrent le dommage. De Ik la bande armée des Bernois, voulant châtier le baron Rodolphe de Weisseubourg» alliédesFribourgeois, se jeta sur le bas Simmenthal, vallée que défendait la petite ville forte de Wimmis, située dans un angle formé par la jonction de b Simmeu et de la Kander. Le sire de Weissenbourg, qui avait étendu sa domination sur cette vallée, s'opposa de toutes ses forces à l'invasion bernoise. Tout le Simmenthal avait pris tes armes. Les Bernois attaquèrent la ville de Wimmiâ, que défendaient le sire de Weissenbourg et ses alliés, Pierre de la Tour-Châiillon et le comte de Gruyère, savoir Pierre, deuxième peiit-filsdu vieux comte Pierre II, el gendre du sire de WeissenlMurg, dont il avail épousé la fille Catherine*
En 1^71
Malgré la résistance opiniâtre des assiégés, les Bernois rompirent la, haie ou la fortification qu'ils avaient élevée, s'emparèrent de la ville, la détruisirent, et regagnèrent en hâte leurs foyers, laissant sur leur passage des traces de leur violence. Leur prompt retour dans leur cité , qui était exposée à quelque surprise , sauva peut-être la partie du comté de Gruyère qu'on nomme le Gessenay, de l'invasion dont ce pays paraissait menacé S
La paix on la trêve et le renouvellement d'alliance entre les cités rivales de Berne et de Fribourg, conclus sur le parchemin, n'étaient pas scellés dans les cœurs. Les deux villes partageaient Tanimosité de leurs protecteurs respectifs, Adolphe et Albert, l'un roi des Romains, l'autre duc d'Autriche, aspirant ^ la couronne impériale.
Le ressentiment mutuel des deux villes ne tarda pas à faire explosion. Elles s'étaient fortifiées par des alliances ou des traités de combourgeoisie, et préparées ^ soutenir la guerre. Fribourg avait, pour l'appuyer, Jean d'Arberg, seigneur de Vallengin, Rodolphe comte de Neuchàtel, Pierre de la Tour- Châtillon, Jean de Cossonay, le sire de Montagny, le sire de Weissenbourg et le comte de Gruyère. Nicolas d'Englisberg, beau-frère de Pierre de Gruyère, dont il avait épousé la sœur Agnès, avait mis ses cbàteaux-forts d'Arconciel et d'Illens \k la disposition des Friboui^eois. Ceux-ci avaient encore pour alliées les villes de I^upen et Morat. La ville deMoudon était autorisée à leur offrir son concours. Berne, de son côté, avait renouvelé son alliance avec Soleure et Bienne, et fait un
' G'estparerreurqae Justinger (p. 44) et ceax qui Tonl saivi, rapportent la prise de Wiminis à une époque incertaine entre les années 1386 et 1288, avant le siège de Berne et l'affiiire de la Schosshalde. Voyez Kopp, t. Il, V partie, ou L. IV. p. 399, note 2. Fetscherin, Abhondl.» Il, 1, p. 76.