‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 58 sur 170 · CHAPITRE aNQOlÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE aNQOlÈHE

traité avec Boniface de CballaDl, évèque de Lausanne, avec le comte Jocelin de Viége et la commune de Louésche, qui s*engageaient envers la ville de Berne à la secourir de toutes leurs forces contre les sires de Weissenbourg, contre Arnold et Waliber de Waediswyl, contre le seigneur de Rarogne, bref, contre tous ses ennemis du baut paysjusqu*au village de Gwatt\ entre Straetlingen et Tboune, à Teitrémilé M. du lac de ce nom. Louis de Savoie, seigneur de Vaud , reconnaissant les bons offices de Berne envers ses ancêtres, promit de prot^er cette ville dès lors (1295) pendant dix ans, ^ ses frais, entre Genève et Zofîngue, réservant son frère Âmédée, comte de Savoie. L'année suivante (27 février 1296), il déclara qu'il était devenu boui^eois de Berne, réservant les bommages dus au roi de France, à raison du comté de Bourgogne, et au comte de Savoie, à raison du Pays de Vaud. Berne avait encore pour la seconder les troupes du comte Hartmann de Kibourg. La guerre s'annonçant avec tous les symptômes d'une lutte terrible et sanglante, les deux cités ennemies se résolurent k tenter une pacification. Une entrevue eut lieu à cet effet, le 16 septembre 1297, k Motier, au bord du lac de Morat. La journée de Motier n^eut pas d'heureux résultats : on se sépara l'amertume dans le cœur.

Les détails de la guerre de dévastation entre Berne et Fribourg ne sont pas tous connus. On sait seulement que le sire de Montagny, l'un des principaux champions de Fribourg, dont le père Âimon avait été un des adversaires les plus déclarés de Berne, eut beaucoup à souffrir. Outre l'antique manoir de Montagny , situé h quelque dislance de

* Gwau, ou Watt, du latin vadum, signifie gué.

126 HISTOIRE DE LA GRUTftRE.

Fribourg, il possédait les châteaux de Jagdberg près d'Amsoldingeo, de Belp, non loio de Beroe, de GerisleiD, sur la Stockeofluh, entre Berne et Bertboud. Ces donjons fortifiés furent pris de force par les Bernois, qui les démolirent ' .

L^épée seule pouvait trancher les difficultés entre la cité de FAar et celle de la Sarine. Cest elle qui allait décider entre Albert et Adolphe, entre le parti autrichien et le parti impérial. Quoique Berne ne pût espérer du roi aucun secours, elle lui resta fidèle. Fribourg et les petits souverains locaux, jaloux de la prospérité croissante de Berne, crurent que le moment était venu d*afiaiblir et d'humilier cette ville. Les Bernois n'avaient pas perdu le souvenir du désastre dont leur imprévoyance avait été la cause \k la Schosshalde, dix ans auparavant. Préparant sans bruit une vigoureuse attaque, ils laissèrent les ennemis s'approcher. Ceux-ci, prenant pour de la crainte ou pour une funeste sécurité ce qui n'était que prudence, se hasardèrent en avant dans Tespoir d'un glorieux succès , et vinrent camper sur une éminence près de Berne. Alors les Bernois sortirent de leur ville et s'avancèrent en bon ordre sous la conduite du chevalier Ulric d'Erlach, habile et vaillant capitaine. Leur chant de guerre et les sons rauques de leurs instruments, répercutés par l'écho des vallées et des bois, d'où la colline prit le nom de Donnerbûhl* ou de Mont -tonnerre, jetèrent l'épouvante dans la troupe eunemie, et lui firent abandonner le poste

* En 1398. Jastinger (p. 54) a commis des anacbronismes en parlant de la destruclioD de ces châteaux forts , qu'il rapporte au commencement du quatorzième siècle.

* Tonrbûl, d'après l'orthographe de Juslinger , p. 50. Cette appellation n'étant pas le nom propre de la colline où campaient les Fribourgeois , il serait difficile d'en préciser la situation.

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