‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 59 sur 170 · CHAPITRE ClNQdlàHK · texte numérisé non relu

CHAPITRE ClNQdlàHK

qu'elle occupais Les Bernois fondireoi sur les eoDemis, et, les poursuivant avec ardeur, ils leur firent éprouver une défaite telle, que la plaine où se livra ce combat sanglant en prit le nom de Jammerlhal ou de Vallée de la désolation ^ Tel fut le résultat de la mémorable journée du 2 mars 1298. Les Bernois, profitant de leur victoire, détruisirent plusieurs châteaux, entre autres celui de Bremgarlen, dans le voisinage de Berne*.

On ne connaît pas le détail des dommages causés aux Bernois et à leurs alliés par les Fribourgeois et leurs partisans. Ces dommages doivent avoir été considérables si on en juge par le ton que prennent les Fribourgeois dans raccord quMIs firent avec leurs adversaires. Les deux parties, fatiguées d'une guerre qui ravageait leurs pays, convinrent de suspendre les hostilités. Le 31 mai de Tan 1298, deux mois après la bataille que nous venons de raconter, les cités

* Sainnt la Chrtmiea de Bemo, la batalRe aurait ea lieu près du village d'Oberwangea* entre Berne et Neaeneck, sar la route de Fribourg : t iuxta viliam Oberwangen — 1398. VI nouas martii, tuncdominicaReminiscere,* c'est-à-dire le deuxième dimanche de carême, soit le 2 mars de l'an 1S98, qui ayail commencé à la nativité, soit au 25 décembre.

' JosUnger (p. 60) rapporte à tort la destrucUon du cbâteau de Bremgarten k une époque postérieure de plusieurs années à la date que nous l«i assignons. Il y a quelque importance ii relever cet anachronisme. Une charte du 5 novembre 1299 nous apprend que Rodolphe , comte de Neucbfttel, seigneur de Nidau, et Ulrich, châtelain d'Erlach (Cérlier), chevalier, ont reçu de Berne la somme de 200 livres bonne monnaie, moyennant bquelle ils renoncent k toute autre réclamation au sij^et des dommages qo'ils ont éprouvés dans leurs revenus , de la part des Bernois , par la destruction du château de Bremgarten et le ravage de ses dépendances — « anno Domini MCCXC nono, feria quiuta ante festum omnium sanctorum » Sohthumer Woehenblatt de l'année 1829. p. 634.

Cet accord suppose une réconciliation de Berne avec le comte de Neucbâtel. « Die Grafen von WeUchneuenburg, » dit J. de Muller, I, p. 621, « wurden ihre (der Berner) Freunde.» Et p. 625, note 145 : «Graf Rudolf von Welschneuenburg, Herr zu Nidau, ihr versohnter Feind. »

de Friboui^ et de Berne firent une convention, dont voici le résumé. Friboorg, pour elle et ses adhérents, accorde k Berne et à ses alliés, une trêve dès maintenant jusqn^ii la S^-Jean prochaine, et dès lors pour dix ans; bien entendu que si le suzerain (dominium) de Tune des parties contractantes veut faire la guerre à l'autre partie, pour des causes et des réclamations autres que celles qui sont comprises dans la présente convention , celle dont il est le seigneur pourra lui prêter secours après avertissement. Malgré la trêve. Tune et l'autre partie pourra aider son seigneur hors du pays dans une expédition lointaine. Pendant la trêve, les deux parties s'entendront sur la question des dommages causés par la guerre et des réparations à faire. Il y a pareillement trêve spéoiale entre Rodolphe, seigneur de Weissenbourg, d'une part, et les bourgeois de Berne et Hartmann, comte de Kibourg, d'autre part, dès maintenant à la S^- Jean prochaine, et dès lors pendant huit jours. Durant cette trêve, les deux parties qu'on vient de nommer se réuniront en un lieu à désigner pour y pacifier leur difiTérend aux termes de la sentence que prononceront des arbitres choisis par elles. Jusqu'au prononcé du jugement, le comte Hartmann gardera le chàteau-fort de Weissenau ^ et la balme, soit la baume ou fortification^ dite de Rothenfluh, avec leurs gens, leurs rentes et dépendances ; de même sire Rodolphe gardera le château de Wimmis ^ avec ses gens et ses rentes. En ce qui concerne le château deBelp, les gens et les choses qui en dépendaient^ avant sa destruction, les Bernois

^ «castnim Wissenowe, » à rextrémité S. du lac de Thoune.

* «manitionem sive balmam dictam Rothenfluo. » ' « castnim de Windemts. »

* Ad iptum se rapporte au château de Belp, non pas au seigneur de

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