CHAPITRE CINQUIÈME
tout à défendre son territoire et les droits de sa famille ou de sa parenté.
La trêve de Tan 1502, que nous venons de mentionner, indique assez clairement que dans les expéditions qui précédèrent ou qui suivirent la bataille de Donnerbûhl , Pierre de Gruyère avait pris la place du vieux comte son aïeul. La faiblesse eût trahi le courage du vieillard. Le titre de dommtis ou de seigneur de Gruyère, sous lequel son petit-fils est désigné dans les chartes du i9 mars et du'6 mai 4502, annonce qu*h cette époque le comte Pierre H vivait encore. En effet, celui-ci, qui parait comme donzel en 1258», en qualité de chevalier en 1254, qui fut associé au gouvernement de son père, dont il resta seul chargé depuis 1270, ce souverain, disons -nous, parcourut une longue carrière, dans laquelle il éprouva bien des vicissitudes. Il mourut dans une extrême vieillesse, le 5 avril de Tan 1504*. Il avait survécu longtemps k sa femme Ambrosie, qui nous est apparue pour la dernière fois dans une charte de Tan 1267 \
Pierre II eut de son mariage avec Ambrosie un fils nommé Pierre, donzel, et trois filles, savoir: Jeannette, qui, suivant une opinion, aurait été mariée k Guillaume de Grandson*; Perrette ou Pétronille*, et Colombe. Les trois sœurs
' Suivant TaDcieD Nécrologe, sur parchemio, de l'église paroissiale de St.-Tbéodnle de Gruyère, dont voici le texte : «lÂpril. nouas M^.CCCo.IHlo. die crastino beati Ambrosii obiit Petrus cornes Gruerie.» (Communiqué par M. l'abbé J. Gremaud.J
* On lit dans le même Nécrologe : « Oct. 5 nonas (3 octobre) obiit Ambrosia comitissa Gruerie.» (Idem./
' D'après une table généalogique de la maison de Gruyère, dressée par A. L. de Watleville. Voyez J. de Muller, Hisi. de la Canféd. suisse , L. U, cb. 7, p. 634, note 536 (édit. allem. de 1825).
* Elle se présente sous ces deux noms, qui s'employaient indifféremment l'un pour l'autre.
sont mentionnées avec leur mère dans une charte du mois de mars de Tan 1267. La seconde parait seule avec son frère Pierre dans Tacle de vente du 2 août 1277*. Faut-il inférer de Ih que Pétronille n'était pas mariée, et qu'elle vivait encore avec ses parents? Ce même document ne faisant aucune mention de Colombe, la cadette des trois sœurs, on pourrait croire qu'^ cette époque elle avait quitté la vie.
Il nous reste ^ rapporter divers actes religieux de la comtesse Guillemette, veuve de Pierre de Gruyère, dit le Jeune. Us trouveront leur place dans le chapitre suivant.
' Voir p. lOî).