‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 64 sur 170 · CHAPITRE SIXtÈNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXtÈNE

par sa femme. A la mon d'Henri de Corbières, sa sœur Marguerite pariagea la seigneurie avec son frère aioé, L'altiance matritnoiHale dont nous venons de parler a été nsidérée comme élaul la source des droits de la maison de Gruyère sur les terres qui coustiluèrenl la baronnie de Corbières* Il faut cependant remarquer que la coseigneurie de ce nom passa du vivant de Pierre du Vanel h sa fille ^inée, et par elle k sou Qiari^ qui la transmit k son lils. Girard (I**^) de Corbières, seigneur Je Charmey, donzel, voulant récompenser les services de ses deux fils^ Ulric et Girard^ leur céda, par donation faite entre vifs, et du consenlemeot de son troisième frère, Rodolphe de Corbières» donzel, le chùLeau de Charmey» Tavouerie de Téglise de ce tieu^ divers fonds, droits el cens à lui appartenaut, et de plus ceux qu*il avait achetés de son frère Rodolpbe. Celuici affranchit en même temps ses neveux (Ulric et Girard), leur accordant la liberté complète, en tant qu'ils avaient besoin de rairranchissemeot \

, Après le décès d'UIric, son père Girard (1^''), de Tagré^ meul de ses frères Ricbard et Rodolphe ^ ainsi que de son neveu Guillaume, lils de feu Guillaume deCorbières, chevalier, donna h son fils puîné, Girard (II) , tous les biens et les droits compris dans Tacte de cession qu'il avait fait trois ans auparavanl en faveur de ses deux fils\ j Parmi les seigneurs de la maison de Corbières que nous venons de nommer, il en est quelques-uns qui ont acquis une certaine célébrité, Guillaume^ le frère aîné de Girard (1^^),

* Voir liûtre întrGdueHon, p. m9. — L*acie de cesiîoii que noua venons d*siiiaJjser est du mob de murs 1^85, Il feit puriie des Uïresde la Val- Sainte, aui archives de lEui de FH bourg

* Ch du moifcd*a¥rn ISSa. Ibid.

140 HISTOIRB Dfi LA GRUYÈnE.

foi admis aa rang et aox honneurs de la chevalerie. On sait que de vassal du comte de Genevois, il deyint Thommo de Pierre de Savoie, et que sa bannière flotta dans Farmée qne oe conquérant fit marcher contre les Fribonrgeois. — - Richard de Ck>rbîères, seigneur de Bellegarde, donsel, gendre do chevalier Guillaume d'Englisberg * , avoyer de Friboorg , fut honoré de la confiance de Rodolphe 1% roi des Romains. Il lui rendit de grands services, surtout pendant la guerre que ce prince eut k soutenir contre le comte de Savoie. Richard de Corbières était parvenu, avec Rodolphe de Vuippens, bourgeois de Fribourg, à soumettre k Rodolphe de Habsbourg , et k lui conserver le pays situé entre TAar et la Sarine , avec la forteresse de Grasbourg*. Lorsque, en i28i , le chfttean fort de Montsalvens succomba aux attaques des Fribourgeois, adversaires du comte de Savoie et partisans 'du roi Rodolphe, noble Richard de Corbières reçut, en reconnaissance de ses bonâ offices, l'investiture de ce redoutable donjon ", qui depuis fut restitué k la maison de Gruyère, laquelle avait défendu, de gré ou de force, les intérêts de la dynastie savoisienne. Deux ans plus tard (en 1285), 00 voit Richard de Corbières et son compagnon Rodolphe de Vuippens investis par le roi Rodolphe du château de Grasbonrg, pour une somme considérable qu'il devait k ces deux fidèles serviteurs \ Bientôt Richard de Corbières se présente revêtu de hautes fonctions : il est bailli

' Kopp, Geteh. der eidgen. Bûnde, t. II, 2* partie, ou L. IV, p. 16S.

' On lit dans une charte du 29 juin 1373 : « Ricbardum de Gorbiers et Rod. de Wippens, qui tuDC pro tempore regimen babebant inter aquas et apud Grasiburc. » Kopp, ibid., p. 290 et la note 4; p. 310 et U note 3.

* Voir plus haut, p. 107, et notre Introduction, p. 83 et suiv.

* Ci-dessus p. 108.

GIT4PITHE SISIÈME.

du rot des Romaiitâ , « depuis l*Aar eo dessus , » et avoué de Lausanne*. Cei oflicier élait l'un des hommes d'élite ^ qui le chef de l'Empire contait en loule sikturité la défense des droits de la couronne* Richard deCorblères fut chargé, avec le chevalier Ulric de Maggeuberg, ancien avojer de Fribourg, d^xaminer les droits que le ctiapitre ecclésiastique de Kœniiz pouvait avoir au3t dimes des novales à lui cédées dans ta circonférence de sa paroisse ^ Ce fut encore ï Richard de Corbières que le roi confia la garde de Moral, et qu'il commit le soin de protéger contre toute agression^ contre toute injure, Amédce, comte de NeuebùteK et ses frères, avec leurs vasî^aui et leurs possessions* L'habileté de Richard fit rentrer sous la suzeraineté immédiate de l'Empire la seigneurie de Neucbâtel , qui avait subi Tin* Duence de la Savoie ^

Les faits considérables que nous venons d^nregtstrer ous inchneni à penser que noble Richard de Corbières , seigneur de Beliegarde, était un personnage doué de qualités éminen tes, qui a occupé une place distinguée parmi hommes de mérite auxquels Ttllustre roi des Romains accordait sa confiance et son amitié.

Girard {l^^} de Corbières, seigneur de Charmey, frère "aîné de Richard, s*est acquis un beau renom comme fon-

* 4 Ego Hotelas llbez RUhardu$} de Corbteres sereoistiEiii prînci|il&

Hudûlph], — Romanortim régis. -- tïiUlriis 9( advotatut LautannemtB. >

Eipie <J'unc cbam éa 2^ avril IWi, rfans ka Mém. et Dot., t, V , l" par-

|i« $&5* — « ^os Richard uâ de Côrberiis t>3llîvuH al) Aran !;upenus Si Rodo1(^hi régis Romanorum. > Cb. du SO septembre 1285. IbnUm, ÏIJ. 3' pariie, p. 71,

' Kopp, Gêich. éef tidqm. Bunàt, L II. i* partie, ou L. IV. p, 304. ' kgpp, fl^icj., p. 370*

dateur du couvent de la Val-Saiate. Girard U hérita des biens et de ta générosité de son père.

Bientôt Girard 11 et sa femme Clémence, fille de feu Henri de Mariy\ donnèrent h la Val-Sainte tout ce qu'ils possédaient en propre dans le territoire et la paroisse d'Ependes , près d*Arconciei *. Onze ans plus tard , probablement à répoque de la mort de sa femme, Girard de Cbarmey confirma les donations que son père avait faites aux chartreux de la dite maison *. Il leur offrit aussi des propriétés qu'il avait ^ Echarlens, et de plus la dime des terres situées entre la Trème et la Froiderive *. Le comte de Gruyère consentit \k ce don, bien que, selon lui, il eût seul le droit de disposer des terres qui en faisaient Tobjet'.

Girard II, seigneur de Charmey, donzel, avait une cousine, Marguerite, fille unique et (depuis la mort de ses frères Guillaume et Henri) seule héritière de feu Guillaume, coseigneur de Corbières, chevalier. Elle épousa Pierre de Gruyère, seigneur du Vanel, qui prit, comme elle, le titre de coseigneur de Corbières. En 1519, Marguerite de Corbières, voulant faire quelque bien au couvent de la Val- Sainte, y fonda un anniversaire, du consentement de son époux et de ses deux filles, et consacra k cette œuvre pieuse

^ Mallie, dans la cbarte lalioe, soit Narly, en allemaDd Merlenbach, ancienne seigneurie, nom de deux villages el communes, Marly-le-Grand et Marly-le-Petit, dans le district fribourgeois de la Sarine.

' Ch. dtt mois de février 1304, parmi tes titres de la Val-Sainte , à Fribourg.

' Ch. du mois de juillet 1315, avec les sceaux bien conservés de Girard, abbé d'Humilimont, et d'Ulric, abbé d'Hauterive. Ibid,

• < Frederiva. »

* Ch. du mois de janvier 1322. Ibid.

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