‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 65 sur 170 · CHAPITRE SIXIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. i

la somme de 20 livres bonne monnaie de Lausanne, prodiiisanl une rente annuelle de 20 sous, k percevoir sur divers tènements, désignés dans Tacte de fondation qui fut passé h Corbières, en présence de Girard de Vuippens, abbé d'Humilimont , de frère Jean de Villarsvolard , chanoine de la dite abbaye, et muni des sceaux de la donatrice et de son mari, tous deux coseigneurs de Corbières. Marguerite se réserva la juridiction et la seigneurie des tenures dont elle consacrait la rente la la fondation de Tanniversaire que nous venons de mentionner-.

Girard II, seigneur deCharmey, ayant perdu sa femme Clémence, épousa en secondes noces Alice, fille d'Ebal, coseigneur de Pont , qui lui apporta en dot la somme de deux cent soixante livres. Voulant assurer le sort d*Alice pour le cas où elle lui survivrait, Girard lui assigna, par dopation faite entre vifs, la somme de cent quarante livres dont elle jouirait k la mort de son mari\

Depuis, Girard de Charmey fil une acquisition importante. Pierre de Gruyère, seigneur du Vanel et coseigneur de Corbières, les frères Rodolphe et Conon, fils de feu Richard de Corbières seigneur de Bellegarde, et cousins de Girard de Charmey, vendirent à celui-ci, du consentement de Marguerite, fille de Perrod ' du Vanel , et de Rodolphe d*Avenches, avoué de la dite Marguerite *, ainsi que de Taveu d'Alice et de Marguerite, Tune femme de Rodolphe,

^ Ch. da 28 novembre 1319 (comraaniquée par M. J. Remy).

* Ch. du mois d'août 1324, avec les sceaux de fabbéd'HumiHmontetde Richard d'Estavayé, doyen d'Ogo, parmi les titres de la Val-Sainte , aux Archives de Fribourg.

' Marguerite de Corbières, femme de Perrod ou Pierre du Vanel, ne figure pas dans cet acte, parce qu'elle ne vivait plus. Voyez plus bas.

^ cRo(dolpbi) de Auenthica advocati ipsius Margarete.»

1i4 HISTOIRE DR LA GRUYÈRE.

Taalre de Coooo, au prix de trois ceot-nogt livres de Lausanne, leors possessions dans le val de Cbarmey, avec les droits qui en dépendaient, el les divers cens dos par les villageois de Villarsbeney. L'acte de cette vente a été mBiii des sceaux de Pierre, comte de Gruyère, chevalier, de Perrod de Gruyère, son neveu, de Rodolphe, fils de (eu Richard de Corbières, de Fabbé d'Humilimont et de Richard d'Estavayé, doyen d'Ogo*.

Peu d'années après avoir fait cette acquisition, Girard II et sa femme Alice, considérant, d'une part, rinstabilité des choses humaines et la fragilité de la vie, — d'autre part, le pieux dévouement des religieux de la Val-Sainte, investirent ce monastère de tous les immeubles qu'ils possédaient dans le village et la paroisse de Charmey, y compris la maison quHIs habitaient. Fonds de terre avec les droits y attachés, tènements avec les cens qu'ils en percevaient, greniers, cheseaux, bref, tout ce qu'ils avaient dans la vallée de Charmey, avec un clos k Lederrey, un pré k Bellegarde, ils donnèrent tout aux chartreux dont ils étaient les bienfaiteurs,

^ Ch. da mois de janvier 1325. Ibid. — Bourqaeooud cite an acte de vente dtt dernier jour de mai 1325, d'après lequel Girard de Charmey aurait, non pat acheté, mais vendu à Perrod de Gruyère et aux frères Rodolphe et Conon, son château de Charmey avec ses dépendances, des tenures dass la vallée de ce nom, des cens à Villarsbeney, etc., pour la somme de 1200 livres. Nous n'avons pas trouvé cette pièce parmi celles de la Val-Sainte. Il y a sans doute erreur dans le manuscrit de Bourquenoud. Il est vrai que Pierre ou Perrod de Gruyère possédait une part du château de Charmey ; mais loin d'en avoir fait Tacquisition par achat , comme nous l'avons cru d'abord sur la fol de la prétendue charte du 31 mai 1325 (voir notre Introd., p. 102, note), il l'avait de son mariage avec Marguerite de Corbières. Le Geschichtforscher, t. XIII, p. 153 etsuiv. (qui donne à la cbarle du mois de janvier la date du 1 mai) , n'a pas remarqué l'erreur très probable de Bourquenoud.

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