‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 67 sur 170 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

eik |>erpéluilë noorrÎT avec leurs domesliques, au mojea des reveous du couvetiL Prier pour leurs Tontlateurs et servir Dieu suivant tes statuts de leur ardre, telle était la |>remière obligation imposée aux frères de la Part-Dieu, Alin qu'ils iusseot pourvus d'une église , des bâtiments ei dé toutes les antres choses nceessaires, la comtesse GuiHenielte et son flis leur cédèrent, par dondlîon pure, libre ei irrévocable, en toute propriété, le lieu destiné au nouvel éiablisseoient, avec la montagne appelée Ptanei et tous les droits qui en dépcndaièni, de plus cinquante poses de forêt et de terre pour y construire Téglise, f habitation ciesrelij^ieux et les autres bâtiments* La communauté lut investie, eu la (personne de frère Bot^ard de Lausanne, son premier prieur» de tous les biens mentionDés cî-dessus, avecdeiïx cents poses de forêt attenante au mont Planei, et la faculté dVstirper ces deux Cents poses de bois et de bâtir sur ce soi.

Les auteurs de ce nouvel établissement religieux accordèrent h ses membres le droit de faire paître leur bétail librement dans la baronnie de Gruyère, défendant à leurs sujets et à tout étranger de prendre du gibier dans les forêts de la Part-Dieu, du poisson dans ses ruisseaux et ses étangs, de couper du bois sur ses montagnes et de bâtir sur son territoire sans ragrémcnl de la communauté. Le prieur, les moines, leurs frères donnés* et leurs serviteurs, ainsi que leurs biens présents et futurs, devaient être à jamais exempts de toute espèce de lods et ventes, de péage, de corvées et d'autres services. Les fondateurs ne se réservaient que la haute justice, atin que, dans le cas où des personnes non privilégiées se rendraient coupables de quelque délit entraînant

* FréfP donné, frère obtal, nom df»s frèrps bis cti<*ï les ctiartrfiui.

150 HISTOIRE DE LA GRUYiRB.

une peioe afOictive, Timmunité du couvent pût être maiotenue. Tout procès ou différend suscité aui religieux devait se terminer k leur avantage et aux dépens de leurs fondateurs. Nul ne pouvait saisir ou arrêter un frère donné de la Part-Dieu, k moins que celui-ci n*eût commis un crime qui fût réputé digne de mort. Entière sauvegarde et protection était assurée ii toute personne qui , conduite par un esprit de dévotion, visiterait la maison de la Part-Dieu. — Tels sont les articles fondamentaux de Tinstitution de ce prieuré. — La comtesse Catherine , femme du comte Pierre , Contessète , veuve de Rodolphe de Montsalvens et du Vanel S Pierre et Jean, ses fils, désirant participer aux bénédictions du couvent de la Part-Dieu, et de Tordre des chartreux en général, en ont approuvé et confirmé la fondation. En foi de quoi la comtesse Guillemette et son fils Pierre, comte régnant, ont apposé leurs sceaux k la présente charte, et, ^ leur demande, la dite charte a été sanctionnée par Girard (de Vuippens), évéque de Lausanne, et munie du sceau de ce prélat, ainsi que de celui de Tabbé d'Humilimont, au mois d'octobre 1307*.

' Voir ci-dessus, p. 117.

* Il existe aux Archives d'Etat, à Fribourg, deux exemplaires sur parcbemin de la charte de fondation de la Part-Dieo, charte fort longue et très détaillée , dont nous n'avons pu donner ici que la substance. L'un de ces exemplaires, que nous tenons, avec Tabbé Fontaine, pour la rédaction originale ou primitive , est désigné parmi les titres de Gruyère sous le n^ 192. Il est dépourvu d'élégance , mal écrit . noirci -et endommagé par quelque accident ou par l'usure. L'autre, remarquable par sa netteté, ouvre la série des documents de la Part -Dieu. Le premier a de moins que le second le nom du mois, qu'on a laissé en blanc, et de plus, vers la fin, deux fois le nom de Conteuon (soit de Contessète) , qui n'est point meutienne dans le second , à l'endroit où paraissent les personnages qui déclarent approuver la fondation du couvent. Il est assez probable que le nom du mois d'octobre, laissé en blanc à la première rédaction, fut ajouté ^ la seconde lorsde l'apposition des sceaux, qu'on y voit encore aujourd'hui

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