‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 73 sur 170 · CHAPITRE SEFTI^E · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEFTI^E

Uenri VII voulait se rendre en Italie pour pacifier ce paysel se Taire couroooer empereur à Home. Le pape, qui résidail alors à Avignon, avait ihé le couronnement du roi au 2 février de Taa 1512 ^ Uenri se préparait à passer les Alpes avec une armée coosidérable. H levail des troupes dans les dilTérenLes pariies de TEmpire- Le 1®' mai 1310, la reinemère Elisabeth et son (ils le duc Léopold éiaienl encore à Zurich. Voulant satisfaire au vœu de son frère aîné Frédéric, et de la reine Elisabeth sa mère, le duc Léopold se résolut k servir, avec Tappareil couvenâhle à sa dignité*, le roi des Romains, dont il devenait le neveu par sou mariage avec une princesse de Savoie. Dans Taccord passé entre le roi et les ducs d'Autriche, Frédéric et Léopold, il fut convenu que quatre mois après la semonce Léopold passerait les monts avec cent destriers et un pareil nombre d^archers, et qu*il servirait le roi, à ses frais, pendant si^ mois ^

Le dtic prit à sa solde divers gentilshommes de THelvétje\ Dans ce cortège, aussi brillant que brave, se trouvaient les nobles Pierre, comte de Gruyère, et Guillaume, sire de Uonlagny. Ces deui seigneurs s'étaient engagés, h. Fribotirg en Ucbttand, à suivre le duc Léopold en Italie, chacun avec huit destriers et deuî balisiaires ou arbalétriers. Le uc leur avait promis h chacun cent marcs d*argenl, boo poids de Fribourg, et il leur avait hypothéqué, par acte du 7 novembre 1310, loui le péage decette ville, le cens annuel

"* ûp6t h payer par les maisons^ et de plus 60 livres *,

' Kupp, ibid., p. 6Ô, note 4. ei p li5« noie 5.

* « boDOriiîce et deceuier. > ' Eopp, ibid^, p. Ti.

* Kopp. iHdo p 106.

' < &c*xag}iiu trhos deninorum ■

rooDDaie de Lausanne, payables chaque année par les banquiers venus d'Asti en Piémont et établis à Fribourg\ Le comte de Gruyère et le sire de Montagny furent pendant vingt-six ans en possession de cette hypothèque.

Deux autres seigneurs, proches parents du comte de Gruyère, savoir Jean et Pierre de Weissenbourg, fils et successeurs du belliqueux Rodolphe , avaient aussi promis an roi des Romains de le suivre dans son expédition, pendant un an, avec huit destriers et deux arbalétriers. Le roi leur assigna pour solde cent quatre-vingt quatre marcs d^argent sur les biens et sur les gens du Hasii, fief de FEmpire. Le Hasii devait fournir un tiers de cette somme, et le roi les deux autres liers\ k prendre sur les revenus du dit fief, ou leur donner celui-ci pour hypothèque, faute d^argent*.

Nous voyous par ces exemples Timportance que Ton mettait au moyen &ge au service des cavaliers et des archers. Le destrier, cheval de main et de bataille propre à un homme d'armes, ce cheval , bardé de fer et couvert de housses blasonnées, était la plus redoutable machine de guerre dans un temps de luttes incessantes, où la force individuelle décidait du sort des combats. La chevalerie regarda longtemps comme indigne d*elle Tusage de Tarbalèle. c Avec celle arme perfide, disaient les preux, un poltron feiU luer sans péril le plus vatUanl homme. Nous ne voulons vaincre qu'avec nos épées et nos lances. » Cependant Içs archers mettaient le désordre dans les lignes ennemies par des grêles de traits,

* Ch. du 7 novembre 1310, dans le Recueil diplom. du canton de Fribourg, vol. Il, p. 44 et suiv.

* on, plus exactement, soixante marcs.

* Ch. du 7 juin 1310. Kopp. K. Heinrich Vil, etc., p. 99 et suiv.

Page 1