CHAPITRE HUmÈHE
d'Uscheneo, il y a va il fait an nouveau bmio ', Afin dVmpéchera Taveoir de pareilles razzias, les eommunautés des vallées susdites, représeolées par huit hommes du Ilaut-Simeulhal et du Gessenay, ei huit hommes de Frouiigueu, firent Q langue du pajs uo concordat auquel adhérèrent les gens du Bas^SimmeiiihaP. Voici la teueur de ce mémorable traité: « Au nom de Dieu , Amen 1 Nous N. N, * et tous les paysans qui habitent dès la marque ou limite de Wisenoya * jusqu'aux montagnes du Valtais, et qui sont établis dans noire juridiciîoo ou dans notre seigneurie, savoir faisons k chacun par la présente charte que, d'un commun accord, et de Taveu de nobles seigupurs Pierre de Gruyère, chevalier, seigneur de Rougemont \ Henri de Strsetlîngen ^, et Jean
' GitthichtfortehrF, i Xtllf p 1B3 et suifaDte. ' La charte imprimée en nomnif un setil, Olric Schyber, et tait les nailis des autres.
• Jeiiii de Scberlîngen, Ulric Bôwnen, Pierre Tbutter* de Gessenay, Jmn Gleicber, Rodolphe G rodegeUf lean Môschiog, Jean Rïnn Pierre Te Idl
*- l\ ne peut être ici question du château de Weîssenau . h VejXréfoMé du lac de Thoune, où ce bc reçoit la rivière de TA^r. tl ne s af^it pas non plus du lieu appelé Weissey, ou plu lui Wyssoej . peliie pres^iu'ïle forméo par là Kander , dans h vatlée de Frouligueu Le tel te de notre chaîne ioviicà cliercber dans le Simraentbal l'endroit qu'eUe nomme Wysenoy», Nous croyoDs le trouver dans Tangle que fortneni l« Sîmmen et le torrent dilCbîrel'Bacb, où esiune localité dite 0«y. fl est à reïnarqaer que lea roots Weissenau ou Wys&enau et W^ssenoey , etc, » soDt des moU compo- «es de weiss ou wyn (dans le diatecie du pays) , qal signifie blanc, et de ou, ûut, eic.i qui dés^igne une plaine ttasse , une prairie. Il est, dans TOberlind bemolB, plusieurs ooms composés de ceue maDière, par exemple Weùsmbour§t Wtmenhach, Weinhaîâm*
' « Hifrr Me Hotmburg. * Pierre élait en effet seigneur de Rougemont, couime on le t'oit dan^ une cburte du 1^'^ février 1341 , où il est dit que Ja seigneurie de Jean de Gruyère coniprenaU une parlie du quartier entre Cliàleau-dCEit et nougemoni» oà cùmmençmt la teigneurif de son frèr§^ * Ce pendant Pierre porte communément dan^t les chartes le titre de âeigueur du Vanel. La bannière du Vane! comiirenait les deun cbàiî llenies dt* Gessen^y et de Houiîemont.
* Heau-fk'ère de Pierre du Vane l. dont il avait épousé h ^aup MermHUf,
de Rarogne S donzels, dous avons résolu de foire boooe et perpétuelle paix avec les prud'hommes N. N. ' et la communauté des paysans de la terre et du village de Froutiguen, qui sont établis dès la muraille de Mûhlenen ^ jusqu*aax monts du Vallais , de telle sorte que nous nous promettons mutuellement bonne paix et amitié. Nous et nos aides nous les protégerons de nos corps, de nos biens et de tout notre pouvoir, dans les confins de nos deux juridiclions qui se touchent.
> La paix que nous faisons devra durer aussi longtemps que se prolongera la guerre entre Berne et Fribourg, et au-delà, jusqu'à ce que Tune des parties contractantes y renonce, après avoir prévenu Tautre de son inteniion un mois d'avance.
> S'il arrivait que nous fussions appelés à la guerre par nos seigneurs ou par nos supérieurs, et que nous dussions entreprendre de Wimmis une nouvelle expédition contre les gens de Froutiguen , elle ne pourrait porter aucun préjudice à la paix que nous jurons avec eux, et tout ce qu'ils auraient sauvé de corps ou de biens dans nos limites , y trouverait
el oeveu du comte de Gruyère) à qui il avait vendu les châteaux et mandemeuts de Laubeck et de Mannenberg. Il paraîtrait, d'après notre charte, qu'Henri de StrsetliDgen avait conservé, dans le Haut-Simmenthal, desfieCi dépendants du château de Simmeneck.
* Jean de Rarogne, possesseur de Reichenstein (près de la PeUte-Simmen , dans la paroisse de Zweisimmen) , appartenait à une branche des Rarogne , originaires du Vallais , qui avait hérité des biens situés dans le Simmenthal. Voir le Gesehiehtforscker, t. XIII, p. 162, note.
* Ulric Lesessen , Jean zem Kere, Rodolphe ab Riede, Rod. Gcrakinoo, Jean Kreling, Conrad zem Kerre, Conrad Zrûchen, Conrad Allerun.
' Le mur d'enceinte de la petite ville de Mûhlenen , k l'entrée de la vallée de Froutiguen. Il«n reste encore une partie, qui garantit ce bourg des débordements de la Suld, torrent qui se jette dans la Kander au-dessous de Miihlenen.
CIIAFITRE HiriTièatË.
asile et sécurité; aucun mal ne leur serait fait h notre retour de leur pays. Si quelque étranger ou quelque ami venait de Ik dans notre contrée et dans notre juridiction» pour y maltraiter les gens de Frouiiguen (qui s'y seraient réfugiés)^ et qull voulût y séjourner, nous le mettrions hors d'éialde leur faire du mal. Nous proineitous pareillement de réparer les dommages commis envers les prisonniers du Gorniguel en leurs corps ou en leurs biens, ainsi que le tort Tait par le donzel Jean (de Weissenbourg)surlehaui pâturage d'Engstliguen , d'après la sentence de quatre arbitres ou d'un cinquième « soit du surabitre. Nous nous donnons, les gens de Froutiguen et nous, libre entrée dans nos pays, par les chemins et les sentiers qui conduisent de Tun à Tautre, et nous les accompagnerons, eux et leurs biens, dans les limites comprises par te présent traité. Nul d'entre nous ne citera son voisin devant un tribunal spirituel ^ k moins que justice oe lui soit refusée par le seigneur ou par Toificier auprès duquel il devra d*abord intenter son action, et si justice lui est refusée, il la cherctiera oii il croira pouvoir la trouver. Les parties cou tractantes s'engagent formellement k observer le traité qu'elles viennent de conclure. Et nous * {les hommes du Bas^Simmeuthal), adhérons au présent contrat; nous promettons de Tobserver et de réparer le dommage dont il a été parlé ci-dessus, selon la sentence de quatre arbitres ou d'un cinquième, et nous nous déclarons garants de son exécution* El nous, Pierre de Gruyère, chevalier , seigneur de Rougemonl, Henri de S(riEili«gen et Jean de Rarogne, don^els, certifions que la paii susdite et tout ce que ce traité
^ t Ulrich Scbjber, @tc « etc , 6lc. >
coDlieot a été fait de notre plein gré , et que nous y donnons notre entière approbation , promettant de n'y rien changer. Et pour donner plus de validité au présent acte , nous Pierre de Gruyère, chevalier, seigneur de Rougemont, Henri de Straetlingen et Jean de Rarogne, donzels, nous y avons apposé nos scels pour nous et pour les paysans susdits. Donné au château de Mannenberg, le huitième jour de juin de l'an de la nativité de N. S. 1540 \ >
Le contrat qu'on vient de lire est un monument historique très précieux, très digne de notre attention. Il nous montre, d'un côté, des souverains locaux se guerroyant, se faisant, dans des incursions soudaines, tout le mal possible, désolant le pays, enlevant du bétail, emmenant des prisonniers; de l'autre côté, des montagnards, hommes de cœur, qui gémissent de servir en quelque sorte d'instruments k la vengeance de leurs maîtres, qui déplorent les malheurs dont les guerres privées de leurs seigneurs les ont rendus victimes. Cependant ils ne sont plus hommes de corps; ils jouissent de la condition d'hommes libres du seigneur. Une pensée généreuse les pénètre. Ils cherchent ep eux-mêmes une protection dont ils ont besoin, et qu'ils ne trouvent nulle part, vu l'absence de toute force publique. Ils distinguent la cause du peuple de la cause privée des barons féodaux; ils dégagent leur intérêt de l'intérêt personnel de leurs seigneurs. Us se meuvent dans le domaine de l'activité collective de la vie. Fatigués des ravages dont
^ Cet acte, publié dans le Getehichtforscher, t. XI, p. 419 et suivantes, sur une copie qui paraît incorrecte ( l'original est égaré ou perdu ) , a été expliqué dans le même recueil, t. XllI. p. 160 et suivante.
rEE HUtTlÈmE.
leurs pays ont été le lhéâlre,Jls se tendent une main fralemelle. Après avoir invoqué le saînl nom de Dieu, après avoir mis sous ta sauvegarde de la diviniLé Tacle qu'ils vont consommer, ils se jurent bonne et lople paix , ami lié fran* ebe et siocère, aide et protection dans les mauvais temps. VassâQjî, et, comme tels, obligés au service militaire, ils répondront h Tappel de leurs seigneurs; mais nulle guerre privée ne pourra porter préjudice à la pais qu'ils ont conclue, aucune expédition n'en pourra détruire la validité. Les jours de leur service expirés^ ils regagneront leurs foyers. Le peuple d*une vallée trouvera dans Tautre asile, secours et protection.
N'ayant pas le droit de sceller leurs actes, les paysans du Simmenihal, de Gessenay et de Froutiguen ne peuvent pas imprimer h leur traité le caractère d'authenticité dont il a besoin. Ce sont leurs seigneurs qui approuvent et confirment ce contrat solennel, et qui lui assurent plus de validité en y apposant leur sceau.
Nous avons dit que Berne inclinait h la paii. Eu eflet , elle cessa les hostilités, ou plutôt la guerre fut interrompue par la médiation de la reine Agnès, qui fît une paix entre les ducs d'Autriche (son frère et ses cousins), leurs vassaux et leurs aides, d'une part , el les bourgeois de Berne, d'autre part. Il était loisible aux Fribourgeois d'accéder à cette pacification. S*iis y adhéraient, les prisonniers des deux partis devaient être rendus k convenables conditions V Quant aux hommes que les Bernois avaient récemment pris aux comtes
« mil zîmMcber ko&L *
S24 HISTOIRE DB LA GRUTàRE.
de Gruyère s Tavoyer de Fribourg devait s'enquérir en son conseil et sous la foi du serment, si la rencontre avait été fortuite, non préméditée *, de manière a ne pas compromettre la paix. S*il en était ainsi , si les trois de Gruyère ' juraient que ce qui avait eu lieu était Teffet du hasard , an choc imprévu , qui ne portait aucun préjudice à la paix , les Bernois devaient relâcher les prisonniers moyennant convenable rançon. Si, au contraire, les dits de Gruyère ne pouvaient Taffirmer par serment , les hommes pris aux comtes de Gruyère resteraient en captivité, sans qu*il dût en résulter rien de (âcheux pour la paix. Si les citoyens de Friboai|[, leurs combpurgeois et leurs aides, n'accédant pas îi la présente trêve, voulaient une paix particulière, elle leur serait accordée, et elle durerait jusqu'à TAssomplion, soit jusqu'il la mi-août, et dès lors pendant cinq années consécutives, au bout desquelles la dite paix serait prolongée jusqu'à ce que l'une des parties y renonçât , après en avoir prévenu l'autre partie un mois d'avance. En cas de paix , les prisonniers des deux parties seraient relâchés moyennant une honnête rançon.
La trêve conclue entre Berne et les ducs d'Autriche, la veille de la St.-Laurent (le 9 août) 1540, devait durer jus-
^ < dm grafen von Gryers. > Si le texte est correct , ces mots ne peuvent s'entendre que du comte et de ses neveui. On donnait parfois le nom de comtes de Gruyère aux divers membres de cette maison.
* Il s'agit apparemment d'une de ces fréquentes rencontres qui suivirent la bauille de Lanpen.
* Evidemment les trois seigneurs de Gruyère dont il vientd'ètre question, savoir le comte et ses neveux , les sires du Vanel et de Montsalvens. Ce sont les trois seigneurs de Gruyère qu'une tradition confuse, erronée, fait périr à la bauille de Laupen. Voir k la p. 216.
cnAPtntE HumÈHE> 225
qu*à la Sl.-Michel (29 sepleœbre)*. Elle fut, dît Justinger', loyalement observée des deux paris jusqa*à la fin.
Peu de jours après la cooelusioQ de celle Irève, un des eaûemis de Berue, Pierre de la Toor-Châlillou, déclara qu*tl y dDDoaU sou adhésion ^
k rexpiration de la lrève« de nouvelles incursions succédaol à quelques semaines de ri'pos, la reine Agnès, sollicitée par Fribourg, envoya, dans rautoiiitie\ un messager à Berne, demander qu'on voulûl bien lui confier la mission de pacifier les villes de Berne et de Frîbourg> Berne y ayant consenlî» Agnès travailla sans retard, et avec succès, ' au rétablissement de la \m% entre les deux cités rivales. Le 13 juin 1541, les Bernois acceptèrent le traité proposé par rillustre religieuse de Kœnigsfetden '.
^^ Les Bernois renouvelèrent leur aiicienne alliance avec
r > Ch. àêtée de Eœnîg&felden « la Taille de SL-Lsnrent 1340, dans le f Rtméi diphm, Ul , 44. Voir la Geichkhiforscher, H ^ 6Î , XII J . 12λ-
lao.
* page 130.
' Ch dalée de Sîod, du W août 1540, dans \e\RetMeil diplom- , illt, 47.
Dans resiimaiion qu'Ëberhard , comte de Kïbourg » a faite des dommages commis envers le comie Oion de Tbierslein par les Friboupfçeoi» , ï\ est du que ceux-ci paieront au dit eomle Olon cent ftorlDs de Florezkce, et de plus vingt-cinq liTre^ de tausanae , au prii desquelles Pierre < comte de Grujfère, avati lire Louis, bomme d'armes (knêchl) du dit Otoo , de la caplhité où le tenaient les Frlbourgeois ICb. datée de Berthoud du 5 dé* cembre 1340, dans le Recueil diplom., III, 2^-23 Jl c^t probable que le corni* de Tbiei^lein avait acquiilé ces 25 L, au comte de Grujère.
* de 1B40, non de 1341 , comme Justlnger ip. 134} l'a dit par errear. ' Reeufit diphm., 11 1, 49*
MÊM «TUOCCll 31 tB
FribourgS et ils firent avec les ducs d'Autriche une paix de dix ans, qui fut coofirmée par la reine Agnès *.
Le comte de Gruyère, aide et combourgeois de Fribourg, fut compris dans la paix que cette ville fit en 1541 avec Berne '. Il n*en fut pas de même de ses neveux Pierre de Gruyère, seigneur du Vanel, et Jean de Gruyère, seigneur de Montsalvens. Ceux-ci continuèrent la guerre avec Berne, et ils ne s'accordèrent avec cette ville que Tanoëe suivante, après la mort de leur oncle.
Grâce à l'esprit conciliateur et à Theureuse inflaeoce d*une femme qui avait renoncé aux vaines grandeurs du monde pour vouer sa vie à la pratique de la charité chrétienne, les contrées que nous avons vues si souvent maltraitées par la guerre, purent goûter, au moins pendant quelque temps, les bienfaits de. la paix.
Le demi-siècle que nous venons de traverser ne fut pas seulement un temps de discorde et de guerre, il fut aussi une époque d'affranchissement. Nous en produirons des exemples remarquables, après avoir rapporté quelques faits d'une autre nature, auxquels il convient d'accorder ici une place.
Tandis que le sire du Vanel sacrifiait ^ son humeur belliqueuse, le comte de Gruyère donnait, quoique au déclin de l'âge, des soins aux affaires de sa maison. Il acheta des syndics et des jurés qui formaient le conseil de la ville et
' Justioger, p. 135.
* Justioger, p. 134.
* Getchichtforscher, t. XIII. p. 131.
ClUPITRE HUITIÈME.
commuDâuté de Chillon ' , au prix de viugiK!iDi| livres de LausaDQê, loul ce qu'ils avaleoi de droits^ sous quelque déoomiDalioD qu'on les désignai^ dans les mootagnes et les joux ou forets dès Faréle des moiils de Jaman vers le pendani * des monts de Grujère, Les vendeurs se résenèreot le droil de couper ei de prendre à volonté du bois dans les dites forêts '.
Ud mois après, on voit le comte de Gruyère et Catherine de Weissen bourg, sa femme, déclar€rque Paul de Cyrkel*, douzel, leur vassal* et dame Catherine d'Autrey \ sa femme, ont été gratifiés par demoiselle Adélaïde de,.,,. % attachée au service' dHla de Weissenbourg, dame de Ramstein, sœur de la comtesse de Gruyère, de la somme de vingt marcs, que la dite demoiselle Adélaïde avait promise en dot k sa nièce, la dame d*Aulrey, laquelle somme le comte et là comtesse de Gruyère avaient assurée aux dits épous à la place d* Adélaïde. Le même Paul de Cyrkel et sa femme promirent que, dans le cas où ils survivraient à demoiselle Adélaïde, leur tante, et voudraient partager sa succession avec leurs frères et sœurs, ils répondraient des vingt marcs qu'ils avaient reçus *,
^ VoEr notre Introducitùn, p. 40B, note 1 .
* « lo pendant, » Pendani, descente d'une coUlne.
* *Dai die dominicaanle reâtiim beat» GaUî {h 15 octobre} J340* »
* Apiiâremmenl un membre de la fïitnlUe de CirquIHe, qui ligure dans lêcartalaîre d Hatitcrèt. Il j a, dans le canton de Fribourg. un hameau du nom de OrkeL
' i *on OUfey. »
' Le nom n'eâl pas distmct dans b ^barte. Ou en a faU d€ Wein^nhourg et di Colmar.
^ * Djeneriu. * ' Cb. ep langue atleuiandi% du lundi après la SL -Martin (13 novembre}
2^8 HISTOIRE DE LA GRUTiRB.
Au commencement de cette année, le comte de Gruyère, voulant récompenser les services de Jean Boz, boni|[eois de Gruyère, son homme libre S l'exempta, lut et ses héritiers, moyennant six livres de Lausanne, des diverses charges auxquelles étaient soumis les hommes libres du seigneur , à raison de ce qu'ils tenaient de lui , se réservant toutefois le cens , les amendes et le service militaire. Cet acte d'affranchissement fut scellé par le comte et par ses neveux, Pierre du Vanel et Jean de Montsalvens, tous deux chevaliers *.
Dans le quartier de la Haute-Gruyère qui forma la cbàtellenie de Rougemont, s'était établie une famille dite de Flendru , du nom de la terre qu'un comte d'Ogo lui avait jadis inféodée. Or, Jean de Gruyère, seigneur de Hontsalvens, avait des droits seigneuriaux dans cette contrée. lÀ vivaient, vers le milieu du quatorzième siècle, Âgnelette, relicte de Roud ' du Flendru, avec son fils Johannot ^, et Péroulle ", relicte de Nicolas du Flendru, avec son fils Rolel *. Un débat s'étant élevé entre les deux veuves, leurs fils et Jean de Montsalvens , celui-ci , après avoir dûment examiné la question, déclara que les deux familles susdites et leurs descendants posséderaient, francs de toute espèce de cens, leurs prés et leurs montagnes de Vertchamp et de la
1340, scellée par le comte et la comtesse de Gruyère, Jean de Wolkeswile. etPaaldeCyrkel.
' Voir notre Introduction, p. 290, 294 et suiv.
* Ch. da mois de janvier 1340. C'est le premier document où l'on voit Jean de Montsalvens admis à la chevalerie.
' Abréviation de Rodolphe.
* Diminutif de /ean.
* Abréviation de PétroniHe.
* Diminutif de Rodolphe.
CHAPITHE HUITIÈHB.
Mocaiisa^ atosi que leurs siemes V pàquis ei noires joui ', le cours (lu Fleuilni jusqu'à la Serine, et lous les immeubles qu'ils avaieol au village du Flendru et dans son terri loire, laut ennleçii qo'au-del^ de laSariae; le toul moyennant vingt^cinq livres de Lausanne, ptuâ onze livres (eu Loul trente-six livres], qui lui furent payées^. Le dit seigneur se réserva toutefois la haute justice et la chevauchée ou le scr^ vice militaire^.
Le même Jean de Gruyère, seigneur de Montsalvens, chevalier^ avait aussi des droits dans les villages ou hameaux, soit dans lescommunesd'Entre-les-deux-Flendruz% et dans la commune de Gérignoz, en tant que sa seigneurie (dominium) s'éleudait de Château-d'OEi jusqu'à Rougemont, où commençait la seigneurie de son frère. Considé* rant les nombreux et agréables services que ses fidèles vassaui des dites communes lui avaient rendus, et voulant
' Prés qo'an ne Taacbe qu'uoe fois.
* Ou noires ;our*. c'est-à-dire forêUûbscares, particulîèfenieiil celk» du Jura ; de là leur nom.
' Les ^ L. rormâieni soil la fiomme II payer d'une pirtîedesjDnDieublea concédés, soil la porUun de Tutie des deui familles ^ les 11 L coocenmieïil l'a aire ponton ou l'uutre famille.
' Le docuuieol que nous citons est une iraduction tirée de la collection GiliUron, ËUe porte que Taccord duni il s'agit fui passé au njois de mars, le jour ara ni l'Annonciation de Tao 1337. qu'il fut scellé pir Jean de Montsatrens , en présence de Pîefre de Gruyère , chevalier , seigneur du Vanel , de Ricbard [Ï^E^iamnem « doyeo d'Ogo, et de Gérard, curé de Gruyère. Il e&t asse^ probable que la cbane originale fut muoie icomme celle du l«r février 1341, que nous àllonîà citer) dt-s sceau* des trois seigneurs de Gruyère idu comte et de ses deux neveux]. Ce qui prouve, d'alllears, que la iraduclion dont nous â\ons f^ii usage» au défaut de la charte originale, est incorrecie, cVst que le dojfen d'Ogo, mentioDué dans celte pièce, s'appelait Blchard û*Eîtav(i'^é.
* Ou, comme on lit dans un document, « Entré (es d^ux âyguri« , cVstà-dire entre le^ deux e;iux qu'on appelait , l'une le Gfiifbach . &Oit le Eia (ndiseiu) dit CtîUt ou le grand Flendru, l'autre le petit Flendru
récompenser leur dëvoDement, il résolut, da Gonsentement de son oncle et de son frère, de les exempter, pour la somme de trente-sept livres de Lausanne \ des diverses chaires auxquelles ils avaient été assujettis jusqu'alors, se réservant toute justice, haute, moyenne et basse, ainsi que le s^ce militaire et les amendes '.
Sous la même date, le même seigneur, du consentement de son oncle et de son frère , affranchit pour Tavenir les hommes de Broc de tout impôt et subside moyennant quatre-vingts livres de Lausanne '•
Suivant un rapport un peu vague, Jean de Gruyère aurait vendu ^ la commune de Rossinière, au prix de quatre cents (?) livres de Lausanne, les franchises qu'il avait accordées k d'autres communes.
I^ lutte que continuait le seigneur du Vanel lui faisait plus de tort que de bien, si on en juge par les ventes et les emprunts auxquels il eut recours afin de fournir k ses dépenses. Il avait obtenu de Taisent des principaux citoyens de Fribourg, dont il était combourgeois. Ceux-ci, au nombre de douze *, lui promirent de s'abstenir pendant huit ans de tout acte qui tendrait k inquiéter, k poursuivre, à gager ses vassaux du Ge^nay et d'Entre-les-deux-Flendruz, soit à saisir leurs biens ou ce qu'ils possédaient pour s'as-
1 <pro septein TigiDti et decem libris. > Les Tassaax d'Entre-les-Flendraz devaient sans doute payer la première somme , ceax de GérigDOx la seconde.
* Ch. da l«r février 1341.
* Ch. da 1*' février 1341 et Vidimas da 34 juillet 1387. (Commun, par M. rabbé J. Gremaud.)
^ Nicolas Chénens, les frères Nicolas, Ulric et Jean, fils de feu Jean dit Specb, Jean Deispruniers, Rodolpbe de Duins (Guin), Mermet Cnrselmont, Jaqaes de Perroman (Praroman) , Tatné , Jean fils de feu Conon de Duins, Hermei Ody, Ujric Marchant , dit Massonens , et Anselme dit de Péroules.