‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 94 sur 170 · CHAPITRE IIUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIUITIEME

de radmînislralioD. Mais ce titre aDoonçait peul-élre que celai qui le portail serait uo jour le chef de la famille et de la seigneurie. A la mon de son aïeul, Pierre occupa sans conteste le siège des comtes de Grujère, laissâul à ses deux neveux, fils de feu son frère aîné Rodolphe, les seigneuries du Vanel et de Moatsalveus, héritages de leur père. Pierre Ht recula les limites de son petit empire, ou du moins il augmenta ses domaines par les acquisitions qu'il fit dans les Ormonts et dans TOberland bernois. C'est du temps de Pierre III qu'on voit la maison de Gruyère grandir, étendre sa souveraineté dans ces pays de montagnes, de rochers et de vastes forêts enlremêlées de ferlilcs cultures^ Par une politique persévérante et calculée, aliénant peu , acquérant plus qu'il n'avait aliéné, constamment fidèle au parti qui lui tait contre Berne, il augmenta la fortune de sa maison et garantit ses Etals d'une invasion. Connaissant les besoins de ses sujets, favorable au travail d'émancipation qui s'opérait chez eui, loin de s'opposer h leurs progrès dans la propriété et dans la liberté, il consentit â les exempter de droits et de charges féodales dont ils désiraient se libérer k prix d'argent. Ses deux neveux firent de même à l'égard de leurs vassaux. Les trois seigneurs de Gruyère aimèrent mieui vendre une bonne partie de leurs droits que d'oppri* mer le peuple. Le règne de Pierre 11 1, nous Pavons déjà dit, est une époque d'affranehissemenls, témoin les chartes accordées aux gens de Charmey el des Arses, d*Entre-lesdeux-Flendruz et de Gessenay. Des princes, appréciant les brillantes qualités du comte Pierre lil, désirèrent son concours. Fribourg le nomma son avoyer. Divers seigneurs lui commirent la pacificatiort de leurs dilKrends.

Quand on étudie, dans ces parchemins poudretii, dé-

NISTOinE DE LA GHUVÈBE.

pourvusse louie poésie, la vie ei les actes du corole Pierre 111, OQ découvre un roi pasteur et guerrier appartenant ^ une race vigoureuse el intelligente^ le noble chef d'une famille aa cœur généreux, «n des plus braves chevaliers romaûsde son époque. On se persuade aisément qu'il était homme de bien. Malgré ses rapports avec d'illustres étrangers, il avait conservé les mœurs simples et religieuses des vallées gruériennes. Ses nombreuses aumônes sont un éloquent témoignage de sa piété, telle qu'on Fentemiâil au moyen âge, alors que le clergé, amoureux des richesses et du pouvoir, attachait une très grande importance a ni manirestations extérieures de péaitence, aux actes matériels de dévotion, el que les seigneurs et le peuple croyaient fort efficaces, pour obtenir le salut, des pratiques de religion, qui tour* Daient le plus souvent au profit des églises et des monas^ lères. Le comte de Gruyère contribua par des faveurs et par d'utiles institutions au bîcn-élre de ses vassaux. Il encouragea parmi eux le commerce, l'industrie, le travail* Les eflbrls qu'il fit pour recouvrer Albeuvesont une preuve de l'intérêt qu'il prenait au bonheur de son peuple. Pierre IIl emporta dans la tombe les regrets de ceus qui Tavaienl connu, bissant une épouse chérie qui Pavait accompagné jusqu'au bout de Tarène de la vie, des neveux dévoués, un £tat pacifié, une réputation florissante, n'ayaut rien souflert oi dans sa dignité, ni dans ses alliances et ses amitiés, ni dans les facultés dont son esprit avait été richement doué par la Providence.

Pierre III ne laissa pas

^ issus d* «^n mariage

CH4PITRB HUITIÈME.

av€€ Catherine de Weîâsenboarg ^ Il paraUrait, cependant qu'il eo avail eu une fille, dont nous ignorons le nom. Dans une charle de 1321 , Jean de la Tour-Châiillon, en Vallais ', notifie qu*il a livré au prévôt Conrad et au chapitre du monastère d'Inierlaken , de Fordre de Sainl-Augustin, dans le diocèse de Lausanne ^ à titre d'aumône, destinée par la fille de Pierre, comle de Gruyère*, aux religieui du dit couvent, sept livres de rente à prendre sur le territoire du village de Scharnachthal *.

Catherine de Weissenbourg , fidèle compagne du comte Pierre III, survécut à son mari '. Portant dans ses veines le sang du belliqueuir Rodolphe de Weissenbourg, Catherine encourageait sans doute les seigneurs de Grujère dans la lutte qu'ils eurent h soutenir contre la ville de Berne. Au reste, la comtesse CaiheriDe, femme de Pierre III, n'est guère connue que par les dons qu'elle a faits h des corporations religieuses, et par la fondation d*un anniversaire dans l'église de Saint-Théodule de Grujère, en mémoire de son père Rodolphe et de sa mère Ânastase de Weissen^ bourg. Sa piété et son dévouement k son mari, qui Taima

* Qaelqoes généitogiites lui donnem deux ou même trois fils, Rodolphe, Jean gI Frunfois, q^l saraieat morls en bus Âge. Auctin d'eux o'eM meotiofiné daûs nos chartes

* tl a éléqueition de ce gentiUioiDine ci-deâsns, p. 1@1. ■ «mljone elemosïTîe eisdem reUgioBJs ei p>rLe filie Peiri cofnitU de

Gmerid preslande* '

* Dut. et actum in vaUe Fraiigen , IfT ciL juliHlS juin] 1331, dans le Sololh Wochenblatt pour 1830, p. 340.

' Od a vu que, peu ile temps avani sa mort» Pierre lU , mabde et débile, coulirina, par un codicille du W octobre 134S, les dîspositious qu'il avait faites d^ns son testament eo faveur de Cïiiheritie de Welâsenbourg, sa femme bien aimée. Il ne peut donc pas avoir épousé , eo secondes noces, Perî-elle ou PerroueUe , lille de Jean de Prangins, comme ou l'a ^upp^^^

d'ane tendresse réciproque, sont de beaux titres au souvenir de la postérité.

A répoque où nous sommes parvenus, la famille de Gruyère était divisée en plusieurs branches, dont les chefs s^étaient établis en divers lieux. Nous ne citerons que quelques noms, vu la difficulté, sinon Timpossibilité, de rapporter à une souche commune les nombreux personnages du nom de Gruyère, qui sont épars dans les chartes et dans d'autres écrits *.

Nous avons déjk mentionné un sire Olivier de Gruyère, chevalier, en 1269 et 1270. Son flis Pierre parait comme témoin de Tacte de vente du 2 mai 1527, dont nous avons

Dans une charte de concession du 22 mai 1290, faite en faveur du couvent d'Hauterive, par Pierre II, comte de Gruyère ', figure comme témoin Pierre de Gruyère, bourgeois de Vevey. C'était peut-être un fils ou un pelit-6ls de Rodolphe de Gruyère, qui en 1244 avait fait hommage au comte de Savoie *.

]| faut, ce nous semble, considérer comme ud fils du précédent, Jehan de Gruyère, bourgeois de Vevey, qui, en 1540, vendit au sei^eur d'Oron des biens, des hommages et des cens qu*il possédait en La Vaux.

* Voir le Geschichlforscher, l. XÎII. p. 143-146.

' P. 185-186. < Petras filius quondam domini Oliverii de Grueria mililis. > Dans le Nécrologe d'Hamilimont, on lit sous la date des XVI kal. dec : « Matek axor Pétri Oliverii de Graeria , que dédit oobis X libras pro sac anniversario. »

* Voir p. 117.

* Voir p. 75 et suiv.

CUAPITHË HUlTlilME*

Avec Olivier de Gruyère figure un Thorm de Gruyère, le même, apparemment, qui dans deux charies, dont Tune de 1298, l'autre de 15U, esl dit bourgeois de Moudmu Or, ce Thorifi de Gruyère était sans doute le même que le chàtelaiu des Clées, Tun des arbitres du dliréreud qui, en 1296i s'éleva entre Gautier de Montfaucou et Louis i*^ baron de VaudS

Parmi les châtelains, les cheTaliers, les donzels et les bourgeois, qui furent lénioins, eu 15! 1, de la prolongation de la trêve entre Louis de Savoie, sire de Vaiid, d'une part, Fri bourg et le seigneur de Montagny , d^autre pari , on remarque « Thorms et Johnnmi de Grmjère, borger de Moudon. > Ils n'ont pas de sceau. Ils font apposer pour euï le sceau de Michel^ curé de Siens, alors vicaire de Moudon ',

Dans le même temps vivait un Nicalas de Gruyère, ftotirgeois de Berne^ qui, par acte du 19 mai 1551 , promit à la maison religieuse de Bucksee le cens annuel d'une demilivre de cire pour la demi-dime de Mœriswyl, qu'il tenait ea t^fief de la dite maison ^

Une charte de Tan 1540 mentionne dame Mermette, fille

1 * * En 1290 , Il s'életa des contestations sur la propriété dii bois de h

■ > Cbassagoe, entre Orbe ei le cbâîeau des Clées, e titre Gauihier de Moni-

> ffiucoD et Louis V^, seigneur de Vaud. &\i nom de leurs bommes d'Orbe

> et des Clées. La foréL fui partagée et délimitée par quatre arbitres, savoir t Jean de la Joui et Renaud de Ci cou, cbevaliers. Jean de Bbmay, éeuyer,

> et Th4>rmn di Gruyêrt, cbitelaiu des Clées, * Mattte , Must^t hittoriqut, ^ U h P* 158,

* Reeueil dipiom^ du canton de Fribùurg^ î!, 46 el 50.

• Reg. diTÂrth. dtr Sehw. Eidgen.. h l» P 121t «* 1W>.

252 HISTOIRE' Iffi LA GRUYÈRE.

de feu Simon de Gruyère, femme de Codoo de Seoarclens, fils de Jeao de Seoarcleos, donzel S

Eofio, OD reocootre, eo 1349, une dame Biairicede Gruyère, prieure des Dominicaioes d*Estava;é *.

^ Gh. sur ptrchemio, aa cbàtetu de WaffleDs, oommaniquée par M. le colonel de Senarclens de WufBiens.

' Note de M. l'archiviste Daguet

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CHAPITBE HSDTliHE. 253

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