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CHAPITRE NEUVIÈME

Pierre IV, comte et seigneur de Gruyère , et Jean , dit comte de Grayère, seignear de Montsalvens. Pierre IV, chevalier et bailli de Vaad. Traité de paix avec Berne. Reprise des hostilités. Âfibire de Lsubeckstalden.

« Guerre d'Everdes. Ses ravages. Combat du Pré des Chênes. Héros gruériens. Accord entre Fribourg et Corbières. La grande peste. Le comte de Gruyère continue la guerre avec Berne et Fribourg. Prise de châteaux forts. Trêve. Paix et fin de la guerre d'Everdes. Confédération de Berne et de Fribourg. Aliénation par le comte de Gruyère des seigneuries de Laubeck, Mannenberg et Simmeneck. Acquisition des Fribourgeois dans le Simmenthal. Expédition dans le Vallais. Actes divers de Pierre IV. Le comte de Savoie accorde à la ville de Gruyère les franchises de Moudon. La fomilie du comte Pierre 'IV. Ordonnance de Tévèque de Lausanne. Échange de terres entre Marguerite d'Oron et le comte de Savoie. Fondations pieuses du comte Jean de Gruyère. Ses dernières volontés.

Pierre IV 1542-1565.

Jean de Montsalvens.

A la mort de Pierre III, son nevea Pierre ou Perrod, seigoeur du Vanel , prit place sar le siège des comtes de Gruyère, conjointement avec Jean, seigneur de Hontsalvens. Les deux frères, héritiers des États de leur oncle, les administrèrent par indivis, avec cette différence « toutefois, que Pierre, Painé, fut le chef de la famille et de la seigneurie de Gruyère, en un mot le souverain. Tous deux portent, ^ la vérité, le titre de comte; mais Pierre ajoute celui de seigneur de Gruyère, Jean, celui de seigneur de Hontsal-

veos, sans y rieo changer après le décès de Pierre, attendu que la dignité de seigneur de Gruyère passe dès lors au comte Rodolphe, fils et successeur de Pierre S

Pierre et Jean, orphelins dès leur bas âge, avaient passé leur enfance sous la tutelle de leur oncle. Lorsqu'ils donnèrent leur approbation ^ la fondation du couvent de la Part-Dieu, en 1307, ils avaient atteint Tâge qui leur donnait la capacité d'action. On sait que Pierre ou Perrod eut pour sa part de la succession de son père Rodolphe, la seigneurie du Yanel, et Jean la seigneurie de Montsalveos* Les possessions de Jean s'étendaient jusqu'^ Rougenoiont, où commençait la seigneurie du Yanel *• Il n'est pas nécessaire d'admettre que les deux frères administrèrent d'abord celleci par indivis, quand même on lit qu'en 1514, le jeudi après la Pentecôte, Pierre et Jean autorisèrent le chevalier Jean de Vuicherens, qui s'était porté caution pour eux, à lever sur la seigneurie et chàlellenie du Yanel 500 livres pour satisfaire leurs créanciers *.

• Dans U trêve da 11 janvier 1350, les deux frères sont appelés comtes : « domini Petrus et Johannes comités Graerie»—<daorain comitumGmerie» — « Et nos comités Graerie predicti. » — Le traité de paix du 25 janvier de la même année , distingue avec une exactitude diplomatique : < dominos Petrum comitem Gruerie , Johannem dominum de Montsalvens. » — < Et nos cornes Gruerie , Johannes dominus de Montsalvens. » L'accord du 7 décembre 1349 ne fait mention que < du conte de Grueres. » Dans la charte du 2 décembre 1342, les deux frères disent: < Nos Pelms et Johannes domini Gruerie comités. » Dans celle du 80 avril 1344 : « Nos Pe- ■trus et Johannes fralres , milites , domini et comités Gruerie. » Dans les chartes où les deux frères agissent ou paraissent séparément, ils portent Tun le titre de « Pelrus comes et dominus Gruerie », ou de < dominus et cornes Gruerie » ; Tautre celui de « Johannes comes Gruerie, dominas de Montsalvens. »

• Voir p. 219 , note 5, et p. 229.

• Gesckichtfortcher, XIII, p. 148.

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