‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 118 sur 151 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

donc proposer de tout recommencer. Le pape avait parlé de diriger le concile ; Tempereur affirmait qu'il aurait soin que tout se passât légitimement et dans Tôt*dre. Or, pour beaucoup de gens, légitimement et dans Pordre emportaient ou la cessation, ou, du moins, une grande diminution de Tlnfluence papale. Le pape avait parlé de rédiger la doctrine de /'%/w<?;rempereur annonçait un concile pieux et libre, où toutes les questions se décideraient chrétiennement, selon l'Écriture et les Pères. Bref, cet édit ne s'annonçait que comme le commentaire de la bulle ; mais le comijaentaire emportait le texte.

Jules dissimula, officiellement du moins, car 11 s'exprimait toujours, en conversation, avec une franchise à dérouter les politiques. C'était un homme d'esprit. Il n'y avait pas d'échec dont il ne se consolât par quelque bon sarcasme bien mordant, et il ne se gênait pas plus pour l'empereur que pour qui que ce fût.

La réouverture avait été fixée au 1" mai. Un seul légat, Marcel Grescenzio» cardinal de Saint-Marcel« fut chargé de la présidence ; deux prélats, Sébastien Pighini, archevêque de Manfredonia, et Lipporoani, évoque de Vérone, lui furent donnés pour coadjuteurs. Grescenzio était, s'il faut en croire la bulle de légation, un homme zélé) prudent, pieux ; s'il faut en croire l'ambassadeur Vargas S un homme plein d'orgueil et d'effronterie , traitant les évéques comme des valets, s' emportant à la moindre contradiction* ^ Nous ver*- Tons lequel de ces deux portraits est le plus conforme aux faits.

* Lettre du 26 nov. 1551.

Le concile s'ouvrit au jour fixé, mais avec quinze évéques. Malgré ce petit nombre, dès la première réunion, tenue la veille, « Dieu permit qu'il régnât, dans cette nouvelle assemblée, plus de liberté que de concorde ^ » La discussion avait principalement porté sur l'époque à fixer pour la prochaine session. Le président voulait un délai de quatre mois. La majorité se récria. . . et céda. Premier succès du pape. En cela, du moins, il était impossible de nier que ce nouveau concile ne fût la continuation rigoureuse de l'ancien.

Dans cette session (onzième à dater du commencement), on se borna à déclarer le concile ouvert, et à s'ajourner au !•' septembre.

De nouvelles complications étaient survenues. Le jour même de l'ouverture, il était déjà douteux que le concile fût viable.

La réconciliation d'Octave avec l'empereur n'avait eu d'autre résultat que d'accélérer la mort de Paul III. Menacé de voir sa ville de Parme occupée, comme Plaisance, par les troupes impériales, le duc se mit sous la protection de la France et reçut une garnison française. Il avait préalablement demandé au pape de continuer aie protéger contre l'empereur; mais, soit crainte d'indisposer ce dernier, soit antipathie pour les Farnèse, dont il commençait à être las, Jules lui avait répondu

i Pallav. 1. XI, ch. xir.

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