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et rayant distribué à ses disciples, le fit son corps en disant: «Ceci est mon corps, c'est-kàir^ la figure de mon corps. )) Outre ces mots, remarquez ici, comme dans le récit des Évangélistes, la consécration mise après la distribution.
Voici Origène * : (( Si Christ, comme le prétendent les Marcionites, n'avait ni chair ni sang, de quel corps et de quel sang ce pain et ce vin étaient-ils donc les signes et les images?)) Dans son commentaire sur saint Matthieu, il appelle le pain de rEucharistie (( un corps figuratif. )) A ce passage et h deux ou trois autres, on répond, avec Duperron, qu'Origène était un hérétique. Soit. Mais les hérésies d' Origène ont été soigneusement notées par Épiphane , par Augustin , par Jérôme , et nous ne voyons pas qu'ils aient dit un mot de celle-là.
Voici Ëphrem ^ : « Prenant en ses mains du pain, il rend grâces et le rompt en figure de son cwys immaculé, ))
Voici Macaire s. « Du pain et du vin sont offerts, étant la figure de la chair et du sang de Jésus-Christ. Ceux qui participent à ce pain qui se voit mangent spirituellement la chair du Seigneur. »
Voici Théodoret *. « Le Seigneur a honoré ces signes visibles du nom de son corps et de son sang, non
mon corps. » Bellarmin va encore plus droit au but : il ôte /</ est figura corporis mei, Wiseman, dans le récit de Justin, ôte la phrase où il est dit que ce sont les diacres qui distribuent la Cène. — Ces falsifications prouvent assez Timpossibilité où on se trouve de lutter contre de tels témoignages.
« Contre les Marcionites.
2 Contre les scrutateurs de la nature du Christ.
i Homélie XXVII.
^ 1*' Dialogue contre les Eutychiens.
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^5 en en changeant ta nature^ mais en ajoutant la grâce à la nature. »
Voici Ghryaostome S et ce passage est d'autant plus remarquable contre la présence réelle, que les premiers mots semblent y conduire. « Avant que le pain soit consacré, il se nomme pain ; maïs quand la grâce divine Ta sanctifié, par Tintervention du prêtre, alors il ne porle plus ce nom de pain : il devient digne (têire appelé le corps du Seigneur, quoique la nature du pain demeute en lui. »
Voici enfin Augustin. Celui de tous les Pères qui a fourni le plus d'armes aux partisans de la présence réelle, c'est aussi celui qui, lorsqu'il raisonne et parle sans figures, nous en fournit le plus contre cette même opinion. Écoutez-le dans un de ses traités « : Le Seigneur n'a point fait difficulté de dire : Ceci est mon corps, quand il donnatt lé signe de son corps. » Écoutez-le dans une épître 5 : Ce sacrifice (l'Eucharistie) est une action de grâces et une commémoration de la chair du Christ j qu'il a ofierte pour nous.» Écoutez-le dans une autre épître * : « Si les sacrements n'avaient pas quelque ressemblance avec les choses dont ils sont sacrements, ils ne seraient pas sacrements. Or, par suite
' Lettre à Césaire.
* Contre Adimante, ch. xii. Non dubitavit dicere hoc est corpus fneum, cum dar^ t signum corporis sui.
• Au diacre Pierre, sut la foi, (Ce livre est aussi attribué à Fulgence, disciple d'Augustin.) In iato sacriftcio gratiarnm actio atque commenioratio Ost CArnis Christi, quam pro nobis obtulit.
A A Boniface. Si sacramenta quamdam simiiitudinem harum rerum quarum sacramenta ftunt non habereut, omninè sacramenta non essent. Ex hâc autem similitudine plerumque etiam ipsarum nomina accipiunt.
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de cette ressemblance, iU prennent le plus souvent le nom des choses ellesmêmes, » Et que donae44I ensuite pour exemple? Le pain et le vio de rEucbaristie. Écoutez-le, enfin, dans celui de ses ouvrages où nous soflumes le plus sûrs de trouver ce qu'il a véritablement pensé, sa Doctrine chrétienne: « Si un commandement défend une chose honteuse ou criminelle, ou bien commande une chose utile et bonne, ce commandement n'est pas figuré; mais s'il commande une chose mauvaise ou défend une chose bonne, il ne faut pas le prendre à la lettre. » El que donne-t-il pour exemple? Encore F Eucharistie. « Si vous ne mangez, dit le Sauveur, la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. 11 semble que, par ces paroles, il commande un crime ; c'est donc une figure par laquelle il nous est recommandé de communiquer h la passion du Sauveur, en nous gravant dans la mémoire, d'une manière à la fois douce et utile, que son corps a été meurtri et crucifié pour nous ^ » Que deviennent, après cela, — et nous sommes loin d'avoir cité tout ce qu'on a recueilli d'analogue dans les écrits de ce Père, — que deviennent les passages où Augustin, reproduisant sans commentaire la figure employée par Jésus-Christ, semble enseigner la présence réelle 2 ? Et quel triste
< Si prseceptiva locutio est aut flagitium aut faciuus vetans aut utilitatem aut beneficentiam Juiwns, non est Bgarata. Bi autem flagitium aut facinus videtur Jubere^ aat utiticatem aut be* Deflceotiam vetare, figurata ect « Niii mândueaveritis, inquft, carnem filii hominit... etc. • Facinoi Tei flagitium videtur Ju« bere$ figura est ergo, prœcipiens passioni dominice communieandum, et suaviter atque utiliter reeoDdëndam in memorift qued pro nobis caro ejus crucifix* et vuloerau sit. (De dô€tr, Ckr, III, 16.)
2 A Genève aussi, de cette manière, et dans TÉglifie féfmnée éi
courage n'a-t-il pas fallu aux Pères de Trente pour oser dire : a Tous nos ancêtres... Font ainsi enseigné de la manière la plus ouverte... Et puisque ces paroles du Sauveur présentent ce sens propre et très-évident, suivant lequel elles ont été comprises par les Pères, c'est assurément un crime indigne que ces paroles, contre le sentiment universel de TÉglise, soient tordues par certains hommes chicaneurs et dépravés en feintes et imaginaires figures ; aussi FÉglise a-t-elle toujours détesté comme sataniques ces explications imaginées par des hommes impies *, » — Ces lignes sont peut-être le plus audacieux de tous les défis jetés à l'histoire par les théologiens de Trente.
On aurait dû aumoins, pour couronner l'œuvre, ranger nettement parmi les impies tous les historiens catholiques assez sincères pour raconter l'origine et les progrès de cette idée, qu'on croirait, d'après le décret, n'avoir eu d'autre commencement que celui du christianisme lui- France, on semblerait l'enseigner, car un des cantiques liturgiqaes renferme ces vers :
Sa chair sacrée est le seul aliment Qui donne h Tàme un vraicontenlement.
Son divin sang, qa^il offre pour brenyage, Nous a des cieux mérité l'héritage.. « Mais qui pourrait ainsi manger et boire Le corps sacré, le sang du roi de gloire ?
C'est le chrétien qui. . . . etc.
1 Ita enim majores nostri omnes... apertissimë professi suut. QuiB verba... quum propriam illam et apertissimam significationem prœ se ferant, secundum quam à Patribus iutellecta sunt, indignissimum sanè flagitium est ea à quibusdam contentiosis et pravis hominibus ad fictitios et imaginarios tropos converti, contra uni?ersum EcclesisB sensum; quae hœc ab impiis hominibus excogitata commenta, yeiut satanica detestata est, aemper agnoscens... etc.