I.IVAJB TROISIÈHE dë
qu'on a dit de sa nécessité religieuse. « Sans cette institution salutaire, dit Chateaubriand*, le coupable tomberait dans le désespoir. Dan3 quel sein déchargeraitil le poids de son cœur? Serait-ce dans celui d'un ami? Eh ! qui peut compter sur l'amitié des hommes ? Prendra-t-il les déserts pour confidents? Les déserts retentissent toujours, pour le crime, du bruit de ces trompettes que le parricide Néron croyait ouïr autour du tombeau de sa mère. » Belles phrases, mais pures phrasesi C'est déjà un sophisme que d'aller chercher le^ grands crimes, lorsqu'il s'agit des péchés de tous les jours. Même sur ce terrain, l'auteur est-il dans le vrai? Les hommes sans religion ne savent guère ce que c'est que ce désespoir, et, l' éprouvassent-ils, ce n'est pas au confessionnal qu'ils iront en chercher le soulagement. Les hommes religieux iront peut-être ; mais qui vous dit qu'ils n'eussent pas pu saisir d'eux-mêmes, sans confesseur, sans confession en forme, sans absolution surtout, ces promesses de grâce dont l'Évangile est plein ? Qu'on veuille bien commencer par citer, nous ne dirons pas même un seul protestant pieux, mais un seul catholique éclairé, chrétien, quoique n'usant pas de la confession, qui soit jamais tombé dans ce prétendu désespoir. Tout au plus en citera-t-on quelquesuns qui, par nonchalance, par affaiblissement du sens moral, ont soupiré après la paix que l'absolution dopne; paix menteuse, qu'un déplorable oubli des prcmières notions de l'Évangile a seul pu faire envisager comme un argument en faveur de la Confession.
* Génie 4u CkrtêHandsme, f* partie^
Tout ce que nous venons de considérer, en effet, quelque insistance qu'on ait mise, surtout de nos jours, à en fairô le principal, ce n'est et ce ne peut être que l'accessoire. La Confession n'aurait que des résultats heureux, que nous seiions encore en droit de dire : Allons au fond, et voyons ce que c'est.. — C'est ce que nous allons faire.
J'ai commis une faute. Je vais me confesser. Le prêtre me fait quelques questions, me donne quelques conseils, m'impose une certaine pénitence, et m'absout. — Je me demande où j'en suis et oii il en est.
Je t'absous i, m'a-t-il dit. — Cette déclaration est-elle absolue ou conditionnelle?
Si elle est absolue, si, au moment où ces mots sortaient de sa bouche, ils ont nécessairement été ratifiés dans le ciel, — je me dis que j'aurais pu le tromper par de faux semblants de repentance, que ces mots n'en auraient pas moins été prononcés, que Dieu aurait ratifié un pardon volé.
Si l'absolution est conditionnelle, si Dieu ne la confirme que dans le cas où il aura vu en moi des sentiments dignes de grâce, — voilà qui est raisonnable ; mais que
* Ce serait peut-être le lieu de rappeler que, jusqu'à Térectiou définitive de la Pénitence en sacrement, c'est-à-dire jusque vers le douzième siècle, le prêtre ne disait pas : Je t'absous^ mais Dieu t'absout. — Ce n'était pas moins téméraire, mais c'était plus bumble.