‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 30 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

cision dans rassemblée. La discussion s'engage, mais pour n'aboutir à rien. Les Italiens veulent qm l'on commence par les dogmes ; les impériaux objectent, comme toujours, qu'il ne faut pas songer à extirper les hérésies avant d'avoir extirpé les scandales. On s'ajourne au 22, et la séance est levée.

Une majorité commençait à se dessiner, mais dans le sens allemand. Si on eût voté sans délai, c'en était fait : on commençait par les réformes ; elles devenaient la grande affaire. Le pape savait ce qu'il y avait de plans contre sa cour, contre lui. Une fois le concile lancé dans cette voie, que faire? «Céder honteusement? Souffrir que le concile qu'il avait lui-même assemblé contre l'hérésie, lui fît plus de mal ^ue l'hérésie elle-même ? Résister? Oter tout crédit à cette assemblée qui n'avait pour arme contre les hérétiques que la vénération publique? Général, se mettre mal avec son armée au moment d'engager le combat? Renouveler les troubles de Bàle, dont les résultats seraient d'autant plus à craindre que, la matière étant encore plus prête qu'alors à prendre feu, elle s'enflammerait à la moindre de ces étincelles * ? » Tout son espoir était dans les légats, qu'il traitait, du reste, fort mal, pour avoir si imprudemment remis la décision à l'assemblée.

Le 22 janvier, on se trouva presque unanimes : les réformes d'abord ; le dogme ensuite. Force fut alors aux légats de lever le masque, et d'avouer que telles n'étaient pas les vues du pape. On aurait pu leur demander pourquoi donc le pape ne s'en était pas expliqué plus tôt; mais ils n'eurent garde de se laisser amener sur ce

« Pallay. 1. V, ch. vu.

13 HISTOIRE I^V GONGIL£ Pf. TRENTE

termii), u fc'ôuapereur u%M\ pa^ p*rl4 d'jsissejKiW^r lui» DMliriB m concile ppu»' mAUra fm aux qjii^^U^s? QiM r»p ^ropèch^ra, si mu^ f^» voyons la# questian« de jfoi ? ^ Gec ïiv%nmnt V^m90f^% iniixm^^m^t ^eicp«és d^ n'é^i çftrter l^s ftifiÂre^ de iogm^ m^ PWF ménager ^ Tew^ pereur Toccasion de trancher du p^, leç ù^péri^ux, o'oisëFi^at plus réi^i^ter. <> J(W d# cowM l jour glorieux pour te siég^ appjrtol»me{ »» privaient le# lég^tç le^ tran{$Q}0tM4)t au cijirdinjal F^raès^ )es dét^s d^ teur Wr^ Mm Tmt le dang^^ leur avait p«T> grandi

(îetto victoire jft'était eepieudaut p^ iGompJèrtr fl AV^it fi^lu {uscQrder qu^ les quissiions de discipline ^vmnt^ autant qm pi^sible, ei^tr^Riêjbées ^yec l^s quas^ioiis 4^ d^ogme. 1*»^ éyéques s'étaient rappelé Goostftuce j8t Pis^^» oi, m^ fois, ce» dernières dépid*^, m Vf^t éi^ con^ giédié sftns pouvoir s'oceup^dF des autres, Hp avaiept prju^ leurs précautions s c'étaii i»u p^ ii prendra ansni len

Am dang^s (m'iji ^ntr^voy^^t j^^i^n joignait un auqua} il ne songdftit guère, mais que le temps a mis en éyi.T d^pce,

Ce danger, c'est celui qu'allait apu^nêr te mélange des deux espèees de décrets, eeu;^ d^ discipline et ceui^ de foi. Si vous les croyez tops infaillible^, te niélange est #ans inconvénient > pais ^i vous r^jete? ripfailUbilité (}i^iplinaire, «- et c'e^t ce que font, malgré le pape, ies^ millions de catholiques, ^^-quel embarras, alor*, ^t qnelle injcroyabte Wgarrnrn l Voici un arréhl disciplinaire : failr libte. Ymlk un dé<?r4 ^gmatiqn^ ; infailjibte. Ik mnt y m à côté de l'antra, parallèles, intinï^»^n$ liés,,,

N'importe 1 L'iîn est l'œuvre de l'homme, l'autre est l'œuvre de Dieu. Celui-ci, il y va di| ^al^t i^ le r^ci^oir ;

LlVUÊ <»ltEttIËR M

celui-là, on peut le rejeter* fit n'oublions pa» qu'il en èÉt -^ nous en vefrofls plusieurs^ où quelquefs articles sont dogmatiques, quelques autres disciplinaires. Alors^ voilà le faillible et l'infaillible^ le inuable et l'immuable, qui se mêlent, s'etitrelacent^ ae confondent ^ dans un mêine chapitre, dans une même page, dans une même phrase quelquefois. Non, pas de milieu ! Ou soyes fran«> chefnent ultràmontsdos^ et nous saurons à qui nous avons affaire; ou avouez que si un concile est faillible dans r»tie des moitiés d'un chapitre^ d'une page, d'une pbrase, ^ 11 ne peut être intiûlliMe dans l'autre.

La troisième session, fixée au U février, approchait; et rien, absolument rien à y faire. Se fût-on mis immédiatement à l'œuvre, il était impossible d* avoir pour cette époque aucun décret suffisamment mûri. Les évoques murmuraient. Ils étaient quarante. Si c'était peu pour un concile, ce n'était plus la petite assemblée qu*on avait pu si longtemps tenir oisive. Déjà, pour prévenir les écarts qu*on redoutait, « on avait adroitement séparé les Pères, dit Pallavicinî*, en trois congrégations parlictilières, qui devaient se tenir chez les trois légats. La raison apparente que les légats en avaient apportée, c'était que, dans trois lieux différents, on traiterait plus de

matières en moins de temps Mais au fond de leur

cœur, ils se proposaient trois autres avaûtâges. L'un,

c'était de conduire la multitude, qu'on affaiblissait en la divisant en tant de ruisseaux, au lieu de la laisser former un fleuve. L'autre... etc., etc. » Voilà un jésuite bien franc. Aussi ajoute-t-il que, pour quelques esprits faibles, il aura l'air de fournir des armes aux ennemis de l'autorité du concile. Nous soinmes de ces esprits faibles qui ont le malheur d'appeler l'intrigue intrigue, et de penser que, là où il y a intrigue, il n'y a pas Saint- Esprit. « Mais, dit l'auteur, est-ce qu'il y a donc intrigue au pape à vouloir conserver intacte cette souveraineté de puissance dont Dieu l'a fait dépositaire? Que si une telle conservation doit être blâmée parce qu'elle lui est en même temps agréable, il faudra blâmer aussi celui qui mange pour vivre, puisqu'on ne peut manger non plus sans qu'il y ait jouissance des sens... Et quant à ses ministres, plus ils y travaillèrent avec adresse, plus ils sont dignes d'éloges ; car la prudence, cette reine des vertus morales, n'est autre chose que l'art de parvenir à une fin honnête, en n'employant que les moyens permis. » Oui. Reste seulement à savoir si tout ce qui est permis en politique l'est dans im concile, et si la politique même autoriserait tout ce que les légats eurent à faire. C'est à eux-mêmes que nous aurons plus d'une fois occasion de le demander ; et les cris de leur conscience, leurs remontrances au pape, leurs aveux dans l'intimité, nous prouveront assez ou qu'ils ne regardaient pas la prudence comme la reine des vertus^ ou que, même à leurs propres yeux, ils avaient été autre chose que prudents.

Déjà, malgré la décision prise de traiter simultanément les dogmes et la discipline, ils avaient eu l'art d'empêcher que ce plan ne fût indiqué dans un décret, u A

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