LIVRE PREMIER
quoi bon récrire? Ne sufi5sait-il pas qu'on le suivît? » On débuta cependant par ne pas le suivre. Rien n'étant prêt pour la session, il fut proposé de la consacrer à lire et à accepter solennellement la confession de foi, dite symbole d'Athanase, qui fait partie du canon de la messe. « Plusieurs conciles, disait-on, en ont ainsi usé. C'était comûie un bouclier dont ils s'armaient, avant de marcher à l'attaque des hérésies. » Plusieurs conciles, en effet, l'avaient mis en tête de leurs décrets ; mais il était sans exemple qu'on y eût consacré une session, surtout après avoir eu deux mois pour préparer autre chose. Outre la singularité d'aller lire en grande pompe ce qu'on entendait tous les jours dans toutes les messes, plusieurs objectaient que ce symbole n'était pas attaqué par les protestants et ne fournissait nulle arme contre eux, si même, entre leurs mains, il ne risquait pas plutôt d'en être une contre l'Église. Et ceci avait sa gravité. Qu'un symbole admis à Nicée, maintenu sans additions, lu encore tous les jours dans toutes les églises de la catholicité, que ce symbole, disons-nous, ne renfermât rien ou presque rien de contraire aux doctrines protestantes, ne mentionnât rien ou presque rien de ce qu'ils avaient nié, c'était un fait singulièrement en leur faveur. — Mais ce qu'on objectait surtout, c'était qu'après avoir promis de mener de front la discipline et le dogme, on allât commencer par s'occuper du dogme seul.
Comme toujours, les légats l'emportèrent. On rédigea un préambule où il était dit que les Pères, sentant l'immensité de leur tâche, éprouvaient le besoin de s'exhorter les uns les autres à prendre, selon la parole d'un apôtre, « le bouclier de la foi, le casque du salut et le
glaive de Fesprit. r> En conséquence^ ils cfToyaientt ne pouvoir mieux faire que de répéter mot èi mol* cet antique et vénérable symbole « par lequel seul, quelquefois, des infidèles ont été convertis, des hérétiques actablés, » Pure fanfaronnade en ce moment, puisque les liérétiqueâ actuels n'attaquaient point la foi de Nicée,
La session eut donc lieu, et l'on fixa la suivante au 8 avril.
Deux môîs, c*étaitbien long. Beaucoup d'évêques s'en plaignirent ; maïs on leur répondit que plusieurs prélats étrangers étaient en route, et qu'il convenait de les attendre. Effectivement, on parlait d'une douzaine d'évêques espagnols envoyés par l'empereur.
Le pape, de son côté, allait envoyer à peu près autant d^ltaliens. Nous verrons que l'Italie ne cessa jamais d'être en majorité dans l'assemblée, mais que jamais, non plus, le nombre de ses évêques n'y dépassa de beaucoup celui des évêques étrangers. Comme un habile général, qui sait au juste ce qu'il lui faut de soldats dans chaque affaire, Rome envoyait ou rappelait les siens selon les besoins du moment. Sûre de vaincre, elle ne voulait pas se donner l'air d'écraser «.
f Totidem verbis.
> Nous avoDs calculé, à cette occasion» le chiffre total des évè- ({acs ou abbés qui ont figuré h Trente. Il est d*eavifdfl 6&0, dont ISO étrangers «t S70 italiens, soit 37 coutre I», oa S cantra S.