LIVRE PREMIER
Malgré cette précaution, et quoiqu'il y eût toujours paripi les ItalieuB quelques hommes indépendants, -r- il n'est pas de fait que les annales du temps nous montrent plus fréquemment et plus universellement allégué, soit contre le eoncile, soit contre le pape. Au moindre échec, les évéquas étrangers écrivent k toute l'Europe qu'ils ne peuvent rien, qu'ils ne sopt^rien, que les italiens ont voté comme un seul homme ; au moindre mécontente*ment contre le pape, les princes crient encore plus haut qu'il est le maître, le seul maître, et que ses Italînos écrasent tout.
Nous, que devons-nous en penser?
En droit, ce ne pouvdt être une o))jection. Le concile était ouvert à tous les évèques ; tous, dans la bulle do convocation , y avalent été invités. N'y eût-il eu qu'uo évéque contre cent Italiens, rassembla» ét^i régulière, et ses décisions, légales.
En fait, c'est autre chose. Si on était injuste envem les Itdiens quand on les accusait d*éire toujours Italiens avant tout, il est cependant incontestable qu'ils venaienit avec des idées plus ou moins particulières à leur ^atiop, et dont le triomphe constant, dans un concile g4oéral| pouvait aisément paraître contraire au but et k l'i&ssepce ffl^e d'un tel concile. L'indépendaQC0 doQt quelqu^^-^ uns fir^t preuve n'alla guère au-deUt des pr^mier^ m>m, Passé ce terme, nous les^oyou^ bmm ouveriemeut ^^ parti. Réunions intimes, vot^tion^ compacitef», f^fTOv ches de trahison à qui ne suit pas le torrent, rien n'y manque. Au reste, en accusant les Italiens, nouA n'entendons pas disculper les autres. Chaque naticm montrait assez que, pour e^ faire autant, il qc lui manqu^il que d'être en nooibre : a Ne coiuptfiK pas les Pares ^^i
sont à Trente, dit un des apologistes du concile * ; wc leur demandez pas de guet pays ils viennent : le pays d'un chrétien, c'est l'univers. » Belle parole, dont toute l'histoire du concile n'est qu'un perpétuel démenti ; et qui devons-nous en croire, ou celui qui vient, après trois siècles, nous peindre cette magnifique unité, ou les membres mêmes du concile,^ qui ne passaient pas un jour sans s'accuser mutuellement de la rompre ? Et ils avaient tous raison. Impossible d'être plus P'rançais que ne l'étaient les Français, plus Allemands que ne l'étaient les Allemands, plus Italiens, pour en revenir à eux, que ne l'étaient les Italiens.
Pouvaient-ils ne pas l'être ? Les luthériens, il est vrai, demandaient l'impossible , quand ils voulaient qu'on commençât par délier les évêques de tout serment envers le pape; mais le serment qu'avaient dû prêter beaucoup d' évêques italiens renfermait, même aux yeux des autres, des clauses incompatibles avec la liberté dont doit jouir tout membre d'une assemblée délibérante. « Je m'engage à conserver, à défendre, à augmenter, à pousser en avant les droits, les honneurs, les privilèges et l'autorité de la sainte Église et de notre seigneur le pape ; à ne prendre part à aucune délibération, à aucun acte, à aucune tractation dans laquelle se machine, contre notredit seigneur ou ladite Église, quoi que ce soit de contraire ou de préjudiciable à leurs droits, à leurs honneurs, à leur position et à leur autorité ^, »
* L*abbé Prompsault, aumônier des Quinze-Vingts,
2 Jura, honores, privilégia et auctoritatem Sanctse Rom. Eccle-
sîSB et domini nostri papœ conseryare, defendere, augere et pro-
movere curabo. Neque ero in consilio, vel facto, vel tractatu in
qqibus contra ipsuip domioum nostrum vel eamdem Rom. Eccle*