LIVRE PREMIER
Voilà ce qu'avaient juré, le jour de leur sacre, les nombreux prélats des États du pape ; et la même formule était en usage, à quelques mots près, dans d'autres États d'Italie. Ces prélats étaient donc dans la main du pape, non-seulement comme le sont des sujets qui ont simplement juré d'être fidèles, et restent libres de voir, dans leur conscience, en quoi la fidélité consistera, — mais pleinement, absolument. Tout ce qui déplaisait ou pouvait déplaire au pape, tout ce que ses ministres combattaient ou seulement ne soutenaient pas, ils ne pouvaient, sans parjure, ni l'accepter ni le laisser passer. Cela "ne prouve pas qu'ils se soient toujours tenus, en fait, dans cette absolue incapacité de rien faire, de rien vouloir par eux-mêmes ; mais il n'est pas nécessaire qu'un juge ait été réellement privé de sa liberté : il suffit, pour que la décision soit légalement récusable, qu'il ait pu l'être. Aussi voyons-nous que, dans tout ce qui a été écrit, au point de vue légal, contre le concile de Trente *, ce serment des Italiens est une des premières nullités alléguées. Dira-t-on, avec un auteur déjà cité *, qu'ils restaient libres dans la discussion des choses de foi? Mais le pape, chef dogmatique, était alors plus mêlé, plus confondu, plus un que jamais avec ce même pape, chef de la hiérarchie. Si ces évêques restaient libres sur quelques points non encore définis, il est clair qu'ils ne l'étaient plus dans ceux où le pape avait prononcé. La moindre résistance à ses décisions doctrinales eût été
siam aliqua sinistra vel pradjudiciaUajaris, honoris, status et potestatis eorum machinentur*
> Gentillet, Dumoulin, Rancbin, Spanheim, Heidegger, Jarieu^ Leibnitz, etc., etc.
' Proicnpsault.
W HISTOIRE DU C09ClhM 9E TRENTE
um injv^^^ uoe réfielli/on tàen axàieemmi gray^ que iwA ce qu'on j^myi^ dire ou (faim # plus fort co^re setr ««Hurpatioi»» de i»Hiver/MQ> ^ <^ ^^vissement de ^ foi u' était pas tellasïeiit propre au^ éwéqme itâjieasi qu'on ne pàl en tirer, ico^^e lie$ ^ctes du concile^ une nnUité juridique ^opre plus générale. To^s, i^;avaie^ juré de croire ce qu'eiiaagnait l' jÈgli^ ; tous, ih étaient liée d'avance et £ur l'ensemble et #ar les détûUi di« procès.
Pour nott^f ces cionsidéiatiofii; fiiop^ importent peu ; d'autant plus qn'^s ne soat pi^i sai^ réf)lique. Uléga} ou non ior<$ de sa ten^, jle concile a été reçiji par V^ gli^ Irrégulanités, intripies, naUités de fond ou de forme, n'a-t-elle pas tout recouvert d¥ nMu;iteau de son isfaiUibiiité? Si dooiç nous avions i arguer de Tasser-visâemei>t des membres du tribuuaJ, c'est d'un auU-e as^ servisseinent que nous parlerions : c'est de celui <pi pèse sur le pape, comme sur le dernier des évéqi^es ou de$ prêtres. Il y a quelque chose de plus fort qu'un Be^r ment et même que jia /co^cience. Habitude, interdit, esprit de corps, yraie ou fausse honte, impossibilité de se révolter sur un point sans se révolter ^ur beau^ coup d'autres, besoin d'unité pour dominer et de domination pour conserva l'unité, ^ voilà ce qui nou$ expliquerait, bien mieux qu'un serment m pape, et te concile, U ses votes, et le maiiatien du systi^me rom^. Quelle dérision, soit éit en passant, que celte priétendue approbation de l'Église, dernier sceau de l'infaillibilité ! Lors du sacre des rois de France, au moment où la couronne venait d'être posée sur leur front, un héraut s'avançait à la porte de l'église : « Le peuple est-il content, criait-il, du roi qu'on vient de lui donner? » Et la
fonte (te crier ; Ow ( et te ^r/^t 4e reatrar» efi dum^ çpm le peupte ^vaiit approuvé. Yoite l'I)^U)ire <te p^i^r coup d'arttetes 4^ fe^^ à celji^ près que te foute pe s^'fipt' ff^ m^^m ente^dji^ d/ei^^er /ce qif'dte ^0 piensait. j^te 9'e(rt tue ; p'01^ i^si^ : ^Ite a ponsieotî.., Comm si^ àès qifuoe klôe a fait jw.elque8 progrès et ipie ^oipe parait la favorte^r, |i fi'ét^it pa« o^H^emept impo^sibte qi^'m éyéqm ao gaît ^ éprii*^, ^ parter contre 1 Car f^'ÊglUe, op te mt, iG# ^Dt tes éyèqufia, Rome D'a4^t ^ protester qm les hownea #ut la position tei garantit 411'ite ne protesteront pfw. Elle 00 teur m a upé^^e ja^ ^)^ recoupa te 4roit. I>8s papes pot B^bh quap4 il Ta fallu, te doctrine à^^ ^as^nte<oe^^ d^ éyèqiiea, i^ai^ |)s ne root pas recow^ue, pi, ^açore pioins, enseignée. Les ultr^u>ntaiafi purs s'en sont mit^ijés. a Ce droit, dji; H. de Maistre, f^ f^i^oé, dans 1- a^fair^ i^ Fé^eten, ^ee m^ p^ntpe ti^t à fait ^mmante^ «» Voite ce qu'est répi$<$09at Imrm&vm dans te aystès^ie romain.
Enfin» pour te fremtere fois (iG'éte^i te 22 tevrter) on a- assemble pour délibérer pon^, do boà. h^ légate sont radieux. Pourquoi? On l'ignore. Serait-^oe de voir que te coqcite ^a enfin se mettre i marcbier, et qu'après avenir fait une sessten pour te Credo^ on m ^T^ PU» obligé d'en faire me poi^pr te Pf^f^r, <co»i^e l'ont dit .tes mauvais pteisants? Mais tes légats n'onjt pas ou l'air, jusqu'ici, de désirer Im^ viven^ot qm ^ poq^il^ marchât Serait-ce que l'empereur consent enfin à dé-
clarer la guerre aux protestants? Peut-être... Un courrier d'Allemagne est arrivé ce matin même Non.
C'est autre chose ; c'est plus... Luther est mort.
Il est mort, le vieux père de la Réforme. . . si la Réforme a eu un autre père que Dieu,'une autre mère que la Parole de Dieu. Il est mort ; mais après avoir souri de pitié aux grands projets et aux petites intrigues de ces hommes qui vont essayer d'arrêter avec leurs décrets les flots de la pensée humaine et le souffle même de Dieu. Et les voilà qui se réjouissent, ces hommes! Faible, mourant, l'ancien moine de Wittenberg les effrayait encore. On eût dit que leurs yeux ne pouvaient se tourner du côté de l'Allemagne sans rencontrer les siens, sans s'abaisser devant ce regard d'aigle qui avait jadis enserré l'Europe du haut des donjons de la Wartbourg. A Trente, à Rome, à Vienne, en quelque lieu que se trouvassent des partisans et des champions du papisme, ils ne pouvaient se réunir deux ou trois sans qu'une voix, en même temps grave et railleuse", semblât percer la muraille pour dominer la leur, et leur imposer silence. A votre aise donc maintenant, oracles du concile. Fermez, fermez la Bible... Luther n'est plus là pour l'ouvrir... Ah! pauvres insensés! Ne voyez-vous pas qu'une fois ouverte, nul pouvoir humain ne la fermera? «Bons princes et seigneurs, disait-il peu avant sa mort , vous êtes en vérité trop pressés de me voir mourir, moi qui ne suis qu'un pauvre homme. Vous vous imî^nez donc qu'après cela vous aurez vaincu?» — Maisnon^ ils ne le pensaient pas, puisqu'ils allaient serrer leurs rangs et marcher plus fort que jamais à l'assaut de ce livre dont il avait fait son boùcUer et celui des sieas,