‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 34 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Maintenant donc, ouvrons-la, cette Bible, et que nos yeux ne s'en écartent pîis, nous qui venons, après trois siècles, raconter les travaux de cette assemblée fameuse qui a tant fait pour la fermer. Si c'est par l'histoire et par la raison que nous ébranlerons l'autorité du concile de Trente, ce n'est que par la Bible que nous pouvons eçpérer de l'abattre.

Ici se terminerait ce premier livre. Le concile va commencer ; des questions d'un tout autre genre se présenteront à nous. C'est à dessein que nous avons réuni dans cette première partie, au risque d'en affaiblir l'intérêt, toutes les objections préliminaires se rapportant à la convocation et à la composition de l'assemblée, à ses relations avec le pape et avec les souverains , à sa position, en un mot, et à son rôle dans l'Église. Mais il est une autre question qui les domine toutes, et par laquelle nous ne pouvons nous dispenser de clore cette première série d'aperçus. Cette question, c'est celle de l'autorité.

Disons franchement, dès l'entrée, qu'il y a un peu d'exagération , si ce n'est beaucoup, dans l'importance qu'on lui donne^ Une chose nous frappe dans les prédications et les écrits du catholicisme actuel : c'est le soin avec lequel il évite les diseussions de détail, les controverses positivement dogmatiques. Prêcher l'autorité, l'Église , puis supposer admis tout ce que l'Église enseigne, voilii la m^che it peu près invariable des ^ands

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prédicateurs du jour*. Ces milliers d'honunes qu'ils réussissent quelquefois, dans les grandes villes, à faire communier, croyez-vous qu'ils leur aient prouvé la transsubstantiation ? Nullement. Après de longs discours sur l'autorité de l'Église, ils ne leur ont pas même dit : « Elle enseigne la transsubstantiation; donc vous devez y croire. » Ce vous devez aurait tout perdu. Us sentent que la plus petite objection de détail dont ils ne seraient pas pleinement victorieux ôterait sur-le-champ toute va** leur, toute force, aux principes qu'ils ont si laborieusement posés. En vain aurez-vous amené les gens k dire comme vous qu'il faut une autorité, qu'il y en a une, et que c'est celle de l'Église : s'il se trouve , dans ce que vous leur enseignerez en son nom, un seul point qu'ils ne puissent décidément pas admettre , c'est comme si vous n'aviez rien fait.

Voilà dans quel sens nous disions qu'on exagère aujourd'hui l'importance de la question d'autorité. On part de ridée que c'est tout, et, en bonne logique , ce n'est rien. Quand nous débuterions ici par confesser que nous n'avons pas un mot à répondre, en théorie, à tel ou t«l livre où ce système est éloquemment exposé,— un doc^ teur catholique n'en serait pas moins tenu , sous peine de nous rendre d'une main la victoire emportée de l'autre, de répondre à tout ce que nous objecterons plus tard , en détail, contre les décisions de Trente. Qu'il soit alors battu sur un seul point, et nous aurcms le droit de lui dire : « Votre autorité s'est trompée ; ce que vous nous avee dit de son infaillibilité est done uécessairement

^ Ceat. aussi généralement celle de Wiseman d^s ses Confh rencet, a Cette seule démonstratiou, dit-il, suffit pour rendre inattaquables tous ies points sur lesquels on nous a acensés d^ener.»

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