‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 46 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

que les Écritures ne peuvent subsister si elles ne sont fortifiées par là Tradition, tandis que la Tradition a assez de force sans l'Écriture. » — a L'excellence de la parole non écrite, dit un autre *, surpasse de beaucoup celle des Écritures... La Tradition contient en soi toute vérité... Nous ne devons point appeler de son jugement h un autre juge. » Et Lindanus ^ : « L'Écriture est un nez de cire, une lettre morte et qui tue, une vraie écorce sans noyau, une règle de plomb, une école pour les hérétiques, une forêt pour servir de refuge aux brigands. » — Ghi7sostôme, Augustin, où étes-vous ! Estce un chrétien que vous croiriez entendre, ou un païen prenant h dessein le contre-pied de ce que vous disiez tous les jours à vos ouailles?

Le concile avait donc rompu le dernier pont qui restât sur l'abîme creusé entre la Réforme et Rome. La Tradition, « cet impénétrable bouclier d'Ajax, w comme dit aussi Lindanus, venait d'être déclaré de la même trempe que le bouclier des ennemis de Rome, et cela , « à l'exemple des Pères orthodoxes, » disait le décret. Aussi les passages que nous leur avons empruntés figurent-ils parmi ceux que l'inquisition osa plus tard ordonner d'effacer de leurs ouvrages '.

* Costep, Enchiridion^ ch. i.

2 PanojHia, 1. 1 et YI.

' Voir les Indices expurgatoriœ, publiés on Espagne ot en Italie en suite d*un décret de la dix-huitième session. Une édition d'Au-

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On avait nommé rÉcriture. Il s'agissait de préciser où elle est, et quels sont les livres qui la composent.

Comment se faisait-il que de semblables questions fussent encore à décider? Être infaillible, et rester quinze siècles sans dire au juste de quoi se compose la Bible, c*était, de la part de TÉglise, ou un singulier oubli de sa mission, ou un singulier aveu de son impuissance. Et Ton ne saurait dire ici que, si elle avait négligé de prononcer, c'est qu'il n'y avait aucun doute. La discussion allait en manifester plus d'un.

Cette objection, du reste, nous pourrions la renouveler en maint endroit, En s' arrogeant ce droit absolu d'enseigner, d* enseigner seule, l'Église ne nous autoriset-elle pas à lui demander compte de ce qu'elle n'a pas fait, tout comme de ce qu'elle a fait? Une autorilé infaillible chargée de régler la foi, une question fondamentale restée des siècles dans le doute, ce sera toujours, quoi qu'on dise, une contradiction. Nous y reviendrons. Ce qui est sûr, c'est que, le 7 avril 1 546, veille du jour où l'on allait connaître la décision du concile, il n'y avait pas au monde un seul catholique qui pût dire, ni de lui-même, puisque nul n'en avait le droit, ni de la part de son Église, puisqu'elle n'avait jamais formellement prononcé, le nombre exact des livres canoniques. « Plusieurs, dit Pallavicini, vivaient à cet égard dans la plus déplorable incertitude, le même livre étant mipré par les uns comme, l'expression du Saint- Esprit, et exsécré par les autres comme l'œuvre d'un imposteur sacrilège. » — Les divisions des protestants

gustin, publiée à Venise en 158A) omet tous les passages favorables %Vk\ protestants. « Curavimus removeri, disent les éditeurs, ea Qmnia qum fidetium meni^s hœreticâ pramtaU pofsem inflç^e, >>

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