‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 51 sur 151 · LIVRE DfiUXIÈtflS · texte numérisé non relu

LIVRE DfiUXIÈtflS

l'bi^orien du fait, aaint J^uc, le raconte au coatrairq çonupe une preuve de leur zèle. Et ce même saint Paul, qui fle trouvait p^ mauvajs qu'on allât aux Écriture» lorsque c'était lui, apôtre, qui enseignait, — il uqu^ blâmerait d*y aller, et ^ ses propres écrit?, entre îwtres, pour voir, comme les fidèles 4e Bérée , << si les choses sont telles qu'on nous le dit! »

Insoutenable par la Bible , cette idée vient-elle au moins d'une traditiqj) aucieqne? Non. Chez les écrivains 4es premier? siècles , riep à l'appili. Des recoram«tndations quant ^u respect avec lequel l'Écriture doit être lue, des conseils sur les moyens de la bien lire , des reproches à ceux qui la lisent mal, ^es regrets sur ceux qui se sont égc^rés en 1^ lisant, — tant qu'on en voudra ; mais ces regrets, ces conseils, ces reproches, que prouvept-iUi sinop qu'on la lisait? pt j^m^is, cependant, ja-^ mais les Pères ne sont partis de là pour resirpindre ou nier le droit de la lire. l.'abus ne tue pas le droit. Quand vous aurc? épuméré toutes les Vftriations, toutes les erreurs, toutes les ei^tr^Vftgances môme qu'a pu produire la libre interprétation de la Bible , vous u'aure» pas prouvé que uul aumpnde, individu wi corps, pape ou église, soit autorisé h nous l'ipterdire.

Et loin que les Pères se bornassent h m pas Tinterdire, avec quelle insistance ue li^ recomm^ndaient-iU pas ! Faut-il citer? L'embarras est de choisir, car si nous voulions rapporter toup les pc^ss^ges que nous avons eus sous les yeux, il y en aurait, soit dit sans aucune exagération, plusieurs centaines, outre de§ dipeours tout entiers, aussi positifs, aussi forts que ce qu'ont jamais dit les sociétés bibliques protestantes.

(j fondez les Écritures, » dit Qlément de Rome ; et sa

fameuse épître aux Corinthiens, tellement vénérée qu'on prétendit quelquefois l'introduire dans le Nouveau- Testament, rappelle ou suppose perpétuellement ce précepte.

« J'ai, dit Polycarpe *, la confiance que vous êtes bien exercés dans les Saintes-Lettres, et que rien ne vous en est inconnu. »

« Chacun de nous, dit un autre*, en méditant la Parole, y trouvera un trésor de secours pour tous ses maux spirituels. » Chacun de nous, et celui qui parle est en chaire ; tout un peuple l'entend. Ailleurs, dans une lettre : « Si tu sais chercher dans l'Écriture les secours qu'elle t'offre, tu n'auras besoin ni de moi ni de qui que ce soit. » Et c'est à une femme qu'il écrit.

Ambroise 3 : <( L'Écriture sainte édifie tout le monde. . . On parle au Christ par la prière ; on l'écoute en lisant les Écritures. )>

Origène ^ : « La vraie nourriture de notre âme, c'est la lecture de la parole de Dieu... Nourrissons-nous des Évangiles... Désaltérons-nous par la lecture des écrits des Apôtres. »

Isidore de Péluse « : « Les célestes oracles ont été écrits pour le genre humain tout entier. Les agriculteurs eux-mêmes sont en état d'y apprendre ce qu'il convient de savoir... Les savants et les ignorants, les enfants et les femmes, peuvent également s'y instruire. »

Jérôme e : « C'est pour le peuple entier que les Apô-

* Épître aux Philîppiens.

s Basile. Homélie sur le Ps. i.

» Ps. xLviii. — Del'off. du minist, 1. I.

* Homélie sur le Lévitique. — Phitocalie^ 11. • 5 Épitres 91 et 67.

« Sur le Ps. Lxxxvi. — Sur TÉp. aux Colossiens. — Épître 97.

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