‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 78 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

cessités extérieures du culte. A Rouen, à Glermont, à Saintes et dans beaucoup d'autres villes, il y en avait jusqu'à quarante ; à Autun, cinquante ; à Toul, soixante; à Blois, quatre-vingts. Le nombre des vicaires attachés aux mêmes églises était généralement encore plus grand : la cathédrale de Toul en avait près de cent. De simples églises paroissiales étaient dans le même cas. Celle de Saint-Alban, à Namur, avail vingt chanoines et vingt vicaires ; Gampelt, village à trois lieues de Paris, avait aussi vingt chanoines. Au commencement du siècle passé, le nombre des prêtres, en France, était d'environ cent soixante mille, quatre fois plus qu'aujourd'hui, quoique la population fût moindre de plus d'un tiers. Aucune loi, enfin, aucun ordre, ne réglait la répartition de ces armées de prêtres. A côté d'un village muni de vingt chanoines, vous en trouviez où le curé avait à peine de quoi ne pas mourir de faim ; souvent c'était dans un même village que l'opulence de vingt moines contrastait avec la misère du seul prêtre utile et honoré. Les donateurs semaient où ils voulaient ; rien ne les forçait de songer aux besoins réels des populations. Souvent, c'était une circonstance fortuite qui enrichissait une église et multipliait ses prêtres. Un seigneur, partant pour la guerre, est pris d'un accès de piété. Il s'arrête au premier village venu, entre à l'église, fait un vœu, et, s'il revient sain et sauf, l'humble cure sera peut-être un riche bénéfice. Un petit pâtre savoyard veut entrer dans les Ordres. Il part pour Avignon. A Genève, il convoite une paire de souliers. Gomment la payer? Il n'a rien. « Prends-les, lui dit le cordonnier; tu me les payeras quand tu seras cardinal. » — Et quarante ans après, sur l'emplacement de la boutique,

sis HISTOIRE titi COnCILl DB TRENTE

s'étevâit Une somptueuse chapelle * desservie par ftMe prétreis. G^était le cardinal de Brofay qui payait sè. dette.

A Dieu ne plaide donc que nous prétendions criti-^ quer, en soi, cen ^te« d'une piété quelquefois peu éclai^^ rée, mais souvent Vive et sincère. L'histoire des fondations pieuses est remplie de faits tou<^ants, de légèii^ des admirables ; mais autant ces faits, pris chacun k part, vous intéressent et vous désarment, — * autant il y a lieu d'être frappé, si ce n'est scandalisé, des abus de tollt |enre qui n'avaient pas pu ne pas en sortir. La plupart des béttéfic^s n'ayant tittéralement rien à faira, rien, du Uioins> qu'ils ne pussent faire partout ^ il 0ût été absurde de tes forcer à résider. De là, pour tous iei iftuttfes, un encourugcmeht perpétuel à la négligence, à l'oisiveté, aux désordres qu'elle amène. S'ils avsuittit tous été ou absolument liés o'U absolument libres, le taàl èftt peut-èlre été moins grand ; mais, du béaéfi^ cîer ^ns fonctions a* cfené chaff é de travaux, il y avait une foute de dçigîés, d«ftt aucun n'iÉftait asse« loin du degré voisin pour que là ft^Wi'^'ésWtenceî une fois établie dans célui-cî, ne s^étalrtît aussi dans celui-là. Enfin, îhâlgré la sévétîlé d^ i^ègteè générales de temps ©a l^mps renouvelées par les ccmdles e* tes papes, il n'y avait plus de bénétces où i'^rti lïe pftt soit e'elEenq)^ ter, soît i^e faire exempter de la résidence. Les évèqoes, l^rtotrl, s'étî^ènt ati'ogé ^tàm ïJbeitté^ et leur ^èd^

* Là HiÀlïèlle m^élfè Itfinfxf^èêëSy % e6«é âeto catbédpale. 4U c<Mni3néncesieot é\x îdeiiièlne «iècle, Genève, peiiplée de qatoze ou seiee mille âmes, nocirrissait plus de quatre cents prêtres.

2 iîeaucoup ji'fetàTéni soumîà qti*à téfeltet- 1€ 'trr^îaîfe, et Vm pdittHît èiîtofe s*ëi ftrti^e filèfJehsër.

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