‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 83 sur 151 · LIVRE DfiUXlàME · texte numérisé non relu

LIVRE DfiUXlàME

n'en mit point. « Si quelqu'un prétend qu'il y a plus ou moins de sept sacrements... qu'il soit anathème ». » Le Catéchisme Romain est moins laconique. « Sept choses, dit-il, sont nécessaires à l'homme pour vivre et conserver sa vie... — il faut qu'il naisse, — qu'il croisse, — qu'il se nourrisse, — qu'il use de remèdes pour recouvrer la santé, lorsqu'il l'a perdue, — qu'il reprenne ses forces quand elles sont affaiblies, — qu'il y ait des magistrats pour le gouverner, — qu'au moyen d'enfants légitimes il perpétue le genre humain. Toutes ces choses ayant des correspondants dans la vie par laquelle l'âme vit à Dieu, on peut facilement en tirer quel doit être le nombre des sacrements. Par le Baptême, nous renaissons en JFésus^Christ ; par la Confirmation, la grâce divine nous fait croître et nous fortifie ; par l'Eucharistie, notre âme est nourrie et substantlée ? par la Pénitence, nous sommes guéris des plaies que le péché avait faites à nos âmes, etc. , etc. » — Notez que ce parallèle bizarre n'a pas même le mérite d'être complet, seul mérite que puisse avoir ce genre d'arguties. Le sommeil est bien plus universellement nécessaire à la vie que l'emploi de fortifiants ou de remèdes. Quel sacrement metlra-t-on pour correspondant? — Et ce n'est pourtant pas comme figure oratoire, dans un morceau d'amplification ou d'éloquence, que le Catéchisme emploie et conseille d'employer ce raisonnement. Il le donne comme une bonne raison * ; et la traduction française de 18zi4 est encore plus explicite : « Pour montrer aux fidèles qu'il y a sept sacrements, ni plus ni moins,

* Si guis (lixerit sacramenta e9sep(ura vtl finuciora quam ^^ptem»., anathema $it.

« ProbaWUs ratio.

les pasteurs pourront se servir de cette raison, qui est très propre à les en convaincre, » — Il est permis de supposer que, devant des gens raisonnables, on se garde bien au contraire de s'en servir.

Voilà donc sept sacrements. Maintenant, qui les a institués ?

Dire que tel et tel a été institué par Jésus-Christ , ce «erait avouer que d'autres ne l'ont pas été, et leur assigner, parla même, un rang inférieur. Que faire? C'est fort simple : on les attribuera tous à Jésus-Christ.

C'était se jouer de la Tradition lout autant que de l'Écriture. Jusque-là, en effet, il n'y avait eu que le Baptême et la Cène qu'on regardât universellement comme institués par le Sauveur. Pour tout le reste , on s'arrêtait généralement aux Apôtres. Beaucoup de catholiques, et des meilleurs, n'allaient même pas jusque-là, au moins pour un ou deux ; beaucoup laissaient formellement le Mariage en dehors, non qu'ils Fêtassent du nombre des sacrements , mais parce qu'il leur semblait peu naturel d'attribuer à Jésus-Christ une chose dont il a parlé tant de fois sans se l'attribuer aucunement. Tout cela fut dit; mais on était dans un de ces moments où le vent de l'omnipotence semblait tourner toutes les têtes. On aurait craint que la moindre exception n'eût l'air d'une victoire accordée aux luthériens. Point de raisons, point de détails : Anathème àqui niera que tous les sacrements

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