‹ Histoire du Concile de Trente: 2 tomChapitre 87 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

de Dieu, la voilà dépendant de Tinattention d'un prêtre.

C'est ce que disait Gatharin. On ne lui répondit pas ; on vota. Le décret de Florence fut maintenu ; il n'y eut qu'un léger adoucissement de termes, lequel, au fond, ne changeait rien, a Si quelqu'un dit que l'intention, au moins celle de faire ce que l'Église fait^^ n'est pas requise chez le prêtre^, qu'il soit anathème. » Ce n'est pas clair ; mais nous aurons beau prendre le sens le plus large possible, et dire, par exemple, que le Baptême est valide pourvu que le prêtre, en l'administrant, n'ait pas l'intention formelle de le faire nul, — il n'en restera pas moins au prêtre l'infernal pouvoir de fermer le ciel à l'enfant qu'il aura Tair de baptiser. Dès que vous admettriez la moindre possibilité que Dieu sauvât cet enfant, — et Pallavicini lui-mième est forcé de dire que ce n'est pas impossible, — vous renverseriez le décret. Avec ou sans ménagement, peu importe : vous avouez que l'intention n'est pas indispensable.

Mais, dira-t-on, que fallait-il donc faire? Fallait-il dire que l'intention est inutile? que certains mouvements des mains et des lèvres suffisent pour baptiser un enfant, pour ordonner un prêtre, pour tirer Jésus-Christ du ciel et l'incarner dans une hostie? C'est bien alors que l'on crierait au formalisme 1 — Sans doute ; mais pourquoi prononcer ? Dites que l'intention est nécessaire, et vous ouvrez un abîme d'invraisemblances; dites qu'elle ne l'est pas, et vous voilà dans un grossier formalisme. 11 y aurait bien eu une solution raisonnable, et c'était celle que Luther avait eue en vue en niant la nécessité de l'intention ; mais, celle-là, on ne la voulait

* Saltem faciendi quod facit Ecclesîa.

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pas, on ne pouvait pas la vouloir. C'eût été, **- nom l'avons déjà indiqué, — de lier l'effet du sacrement, non à Fintention de celui qui l'administre, mais aux dispositions de celui qui le reçoit. Alors, qu'importe comment et par qui vous avez été baptisé? C'est à vous, à vous seul , qu'il appartient de ratifier votre baptême en acceptant les engagements pris pour vous, car^ comme dit saint Paul, « le Baptême qui sauve, c'est l'engage^ ment d'une bonne conscience devant Dieu. » Des mains d'un prêtre indigne, rien n'empêche que vous n'ayez été légitimement scellé du sceau de la Grâce ; des mains d'un incrédule qui, en vous donnant le pain des anges, se sera moqué de Dieu et de vous, vous pourrea avoir communié et saintement communié. Il va sans dire que le prêtre serait un misérable s'il allait s'autoriser de cela pour administrer les sacrements sans intention et sans piété ; mais ce n'en est pas moins la seule idée qui ne blesse pas la raison, la justice, et l'ensetable d'un culte « en esprit et en véritéi »

Mais à quoi bon justifier nos critiques? L'Église les a assez justifiées par les changements qu'elle a faits ou laissé faire à ce décret. Un an à peine après sa publication, Catharin écrivit un livre on il osait affirmer que le concile avait voté dans son sens. On se récria, mais on ne le condamna pas. u Je pense, dit Pallavicini, que son sentiment est faux, mais n*a pas été eondamné ex*pressentent par le décret; c'est pourquoi il put légiti-mement soutenir qu'il n'était pas opposé m concile. » Depuis lors, que s'est-il passé? Dans l'article des sacrelA^ts en général^ le Catéchisme Romain admet pleine^ ment, comme le concile, la nécessité de l'intention; dans les détails, il l'almidonnei Ainsi, ed parlant de^

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