LIVRE DÉU3^IÈM£ Hi
lés titres dé toutes les unions datant de hîoins de quarante ans. Celles qui auront été ff aûdtîleusëiiieiit obténuegi, il les déclarera nulîes ; celles ddnt lèè motifs lui paraîtront insuffisants, il lés déclarera obtenues par fraude, et la nullité s' ensuivra. Aiiïsi, révêqùé n'a rieri à y Voir : c'est ùri délégué du pape qui, en son hôth, vérifié un acte émané de lui. Cet adte ést-il abusif, mauvais? Lé pape est censé n'y êti-e pôtir rien ; ce qui h'éîùpêche paè que, malgré lé jugement de l'éVéquë, et toill éii continuant à n'être pout* riefi dàîis dé qtie Tàcté c6iltierit ttie âiatlvâls et d'ibtïMf , il petit le feiibiiMéi^ et le maintenir, a L'uiiioti ÉéirA nulle, dit te dêct^ét, A ikôtûs que le pape h'enju^ dûiremeni *. A -^^11 î'éëtait ffôiic, éti toilt et partout, aMtrë étlpfémé. Et tioti-seulétiiént il pôûVait casset* tout ce qtie feraient les êvêqUes, Mië on pouvait préVôit qiie tes érêques ^ié soùciéfàiéfit peti d'eîitàmiBÏ la lutte et dé s'êriêer ëtl jtigfes du jUge sbuvëràiil.
Aussi, quoique la perspective de cette v^rificfttiOH ffAt lés èvêques puisse avoir inspiré parfois plus OU m0iti§ dé fétehué, il U'esi presque âucUn dé êes abus qii'ôU tië fëtrdUve, comme nous l'aVôris déjà dit, lôngteitips après fe concile ; c'est dire que, S'ils ont eiifîn disparu, nous ilë pOurohS guère eti faire horinëUr ni à l'àsseriibiée qui les condamna; ni âUi éréquës â qui on en i^ënlettait la poursuite, ni à l'autorité supféfflë qUl eti restait la principale source. Oii a déjà vu ce que fut la Résidence éti dïx-septième et aU dix-huitièmé Siècle; Tous ces abbês de cour dont l'esprit, leé ^dWiiléFlSS; et soiivetit aussi Tinctédulité, jouèrent tin Si grand Mé Sôus Lduis XV, é'é-
' Nifti aliter à sede apostolicà declai'àttim fUéfit
taient les abbés commendataires. Le cardinal Mazarin avait quarante abbayes. L'infâme cardinal Dubois avait, outre l'archevêché de Cambrai, où il ne mit jamais les pieds, plus d'un million et demi de revenu en divers bénéfices. Le dernier abbé de Saint-Denis fut un bâtard de Louis XIV; il avait trois ans quand son père lui fit conférer cette dignité. Jusqu'à la fin du siècle passé, partout nous voyons des prélats dévorer ce qui eût suffi à l'entretien de deux ou trois cents prêtres ; partout nous voyons, en même temps, des prêtres, des curés, dans la plus profonde misère; presque partout aussi, au mépris d'un autre canon, nous voyons les édifices sacrés, monuments de la piété des pères, tomber en ruines entre les mains dés enfants. Beaucoup de cathédrales ont moins souffert du vandalisme jacobin que de la longue incurie des évêques. « Ceci est à moi ou à l'Église, » disait Henri IV, quand il voyait quelque édifice délabré. Évêques, abbés, bénéficiers de tout genre, tous ne songeaient qu'à faire de l'argent. Des exceptions, il y en avait sans doute ; mais combien? Toute la masse était dans cette voie; tous semblaient penser, comme Louis XV: « Ceci durera bien autant que moi ! » La révolution est venue. Elle a rendu à l'Église le même service qu'aux états. Elle a fait maison nette des abus ; elle a ôté au catholicisme ces biens qui le déconsidéraient et le tuaient. Elle l'a forcé de se reconstituer, au moins en partie, sur des bases mieux en harmonie avec les nouvelles idées et les anciens vœux des peuples. Il n'y a qu'un pays où rien n'ait encore changé, où l'État et l'Église s'imposent mutuellement le maintien de tous les abus, de toutes les tyrannies, de tous les désordres d'autrefois» p— et ce pays, c'est Rome.