LIVRE TftOlSlàMX 3ill
pourtant, dans le récit, qu'une ou deux lignes plus bas» le Catéchisme a soin de rapprocher les trois idées. C'est» dit-il, comme si FÉvangéliste avait mis : « Ayant pris le pain, Jésus le bénit en disant: Ceci est mon corps, »-» Et voilà la messe trouvée.
Les docteurs n'y ont pourtant pas été aussi lestement qu'on pourrait le croire; la transsubstantiation a été longtemps enseignée sans qu'on se hasard&t à fixer le moment précis auquel le miracle a lieu. Innocent III, dans son livre D$ sacrificio Missœ^ admet que, pour pouvoir dire avec vérité et sans figure : « Ceci est mon corps, » Jésus-Christ devait avoir opéré le miracle un peu avant, ou au moins immédiatement avant. Mais si ces mots n'ont été, dans sa bouche, que l'énoncé d'un fait accompli, comment auraient-ils, dans celle du pré* tre, la vertu d'opérer ce même fait? Aussi n'est*<;e pas à ces mots qu'Innocent III attribuait le miracle, mais à la prière que le prêtre a à prononcer auparavant. C'était plus logique, mais c'était vague ; on voulut du précis, et on s'en tint à Ceci est mon corps. L'opinion d'Innocent ne fut cependant pas abandonnée, car nous la retrouvons, peu de temps avant le concile, chez Catharin et chez Biel ; il n'y a donc guère que trois siècles que la vertu consécratoire a été définitivement attribuée aux quatre mots. — Encore une chose dont un très-grand nombre de catholiques sont loin de se douter, et qui ne les surprendrait pas peu.
Enfin , malgré le changement de eti rompu en sei-a rompu, on a pris, dans le canon de la messe, encore une précaution. « Prenez et mangez , dit le prêtre, cctr ceci est mon corps ^ » Cerar^ ajoute le Catéchione,
1 Hoc enim est corpui meum.
dA4 HISTOIRE DO CONCILE DE TRENTE
n'est cependant pas nécessaire à la validité da sacrement. » Pourquoi le mettre, alors, quand aucun des Évangélistes ne Ta mis ? Si les auteurs sacrés avaient attaché la moindre importance à l'ordre et à la régularité de ces détails, si, en particulier, ils avaient vu dans Ceci est mon corps la consécration du pain, le signal de son changement en chair, — comment penser qu'ils se fussent tous rencontrés dans l'incroyable inadvertance de n'énoncer ces mots (Câpres le fait de la distribution du pain ? « Il le rompit, le leur distribua, et dit : Prenez, mangez... » Puis, comme simple explication : « Ceci est mon corps. » Chez un historien qui croirait à la transsubstantiation, et qui la croirait opérée par ces quatre derniers mots, ce ne serait pas inadvertance, mais ineptie, que de ne les mettre qu'k la fin. Où trouverait-on un catholique qui, appelé à raconter la messe, mît la consécration après la distribution ? Et si l'on peut admettre, à la rigueur, qu'un pauvre ignare, n'entendant rien à la chose, la brouillât à ce point, — qui admettra que quatre ou cinq docteurs, écrivant à tête reposée , tombassent dans la même erreur, ou, pour mieux dire, dans la même absurdité?
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Maintenant, laissons les détails. C'est une histoire que nous faisons ; voyons ce que dira l'histoire.
A commencer par celle des apôtres, prise dans les Actes et les Épîtres, — nous pouvons demander à tout homme de bonne foi s'il en remporterait l'idée que la