‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 124 sur 138 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

premiers à souffrir du pouvoir papal ; mais ils étaient aussi les premiers k en profiter et les plus intéressés k le maintenir. Il resta donc permis d'appeler de Tévêque au pape sans passer par le métropolitain ; on se contenta d'indiquer certaines classes de causes où l'appel ne suspendrait pas la procédure , et ne pourrait être admis qu'après la sentence de l'évêque.

Il fallut aussi céder quelque peu sur l'article des dégradations ecclésiastiques. Un prêtre, en thèse générale, ne pouvait être jugé que par l'Église ; mais comme il était de règle que l'Église ne condamnât pas k mort, un prêtre accusé d'un crime capital devait passer sous la juridiction civile. Or, pour cela, il fallait qu'il fût dégradé; et les formalités sans fin dont l'Église avait entouré cet acte n'aboutissaient qu'à laisser impunis un assez gran^ nombre de crimes. Pour dégrader un évêque, il fallait treize évêques ; pour un prêtre, six ; pour un simple diacre, trois. Partout et sous toutes les formes se retrouvaient les lignes de cet immense plan, si habilement combiné pour que l'État fût k la merci de l'Église, jusque dans les choses où elle affectait de se déclarer incompétente. — On décida qu'un prêtre pourrait être dégradé par un seul évêque , assisté d'un certain nombre d'abbés, ou , k leur défaut, de simples prêtres.

Ces décrets, ainsi que celui de l'Eucharistie, furent publiés le 11 octobre (treizième session). On lut aussi le sauf-conduit ambigu qui allait être envoyé à Tempereur

pour les théologiepft protestants. Ils avûent deiaai)dô« étaiwil dit da»8 un appendice ^u» décret», k être en-^ tendus sur divers peints, Dotaminent sur celui de la comniunion sous les deux espèces. C'était pour cela, ajoutait-on, que le concile suspendait la décision de ces points et leur envoyait le sauf-conduit. — C'était peu exact. Les protestants n'avaient pas demandé à être en^ tendus sur ces points plutôt que sur d'autres» et, k vrai dire, ils n'avciient rien demandé ; mais il fallait biai trouver une forme pour leur donner le sauf-conduil, puisque l'empereur l'exigeait, et c'était celle-là qui sau^ vait le mieux la dignité du concile.

Dana cette même séance parurent les ambassadeurs de l'électeur de Brandebourg. On attendait avec anxiété ce que pourraient dire au concile les envoyés d'un luthè^ rien. Les protestants espéraient un discours hardi ; les catholiques n'osaient espérer qu'un froid respect et de vagues politesses. Christophe Strassen, l'orateur, mé-^ contenta tout le monde ; les protestants, par sa soumission ; les Catholiques, par l'excès de cette soumission même, infiniment trop humble pour que, de la part de l'électeur, elle pût être sincère ou seulement le paraître.

Quant k l'ambassadeur de Henri II, il était parti aus* sitôt après sa protestation. On donna cependant lecture, comme s'il eût été présent, de la réponse du concile k la lettre du roi. Cette réponse était généralement calme et digne. En terminant , on suppliait le roi d'envoyer es prélats à Trente, de se rappeler son nom de roi très chrétien. S'il se croyait offensé , qu'il sacrifiât ses offenses au bien de l'Église et à la paix de l'Europe.

Le lendemain, en rentrant en congrégation, il y emt de grandes plaintes contre les théologiens. Dans les d^**

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