‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 132 sur 138 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

D'abord : « Si quelqu'un est malade, dit l'apôtre, qu'il appelle les anciens de l'Église. » Ces anciens^ sont-ce les pasteurs? Rien ne le prouve. Les pasteurs, du temps de saint Jacques , étaient-ce des prêtres , dans le sens romain ? Est-ce, par conséquent, aux prêtres seuls qu'appartient, de droit divin, l'administration de ce sacrenient? Le concile l'afiBrme ; mais il n'en donne et ne pouvait en donner d'autre preuve que son aflSrmation même. Les Presbyteri de saint Jacques sont, selon le décret, des prêtres bien et dûment ordonnés par l'évêqueS et anathème à qui ne le croira pas.

L'Apôtre ayant dit : « Qu'ils prient , » on a été obligé de donner aux paroles sacramentelles accompagnant l'onction la forme d'une prière, et c'est, dans la théologie romaine, une nouvelle source d'embarras. Dans tous les autres sacrements, en vertu du pouvoir qui est supposé résider en lui, le prêtre aifirme et donne ; dans celui-ci, il n'affirme rien, ne donne rien. «Que Dieu te pardonne, par la vertu de cette onction sainte,

tout ce que tu as fait, soit soit.... etc. 2» Le prêtre

rf^xerce donc là, en réalité, aucun pouvoir. Il prie pour le malade, et il ne lui garantit point l'accomplissement de sa prière. C'est plus sage; mais si, dans le sacrement de Pénitence, il se bornait à dire aussi : a Que Dieu te pardonne ! » — serait-ce encore un sacrement ? En quel sens donc FExtrême-Onction en est-elle un ? Il a bien fallu l'expliquer. C'est un sacrement optatif, vous dira-t-on, et les autres sont coUalifs, Vous voilà bien avancé! Ce n'est pas tout. Avant de la recevoir, il faut

' Sacerdotes ab episcopo ordioatos»

> Pcr istam sanctam unctionem indulgeat tibi Deus, quidqnid...

dM HISTOIRe 09 CiOHCILE DE TRENTE

8'èire owifessé. Ce m^Be i»^tre gui vient de vous dire je t'obsouSf le voilà mûatenant qui prie Dieu de vous absoudre. Que signifiait son premier pardon ? De plus, comme ce sacrement s'administre en plusieurs onctions, à chacune desquelles on répète la formule, ce n'est encore que par des subtilités qu'on peutessayer d'expliquer comment le sacrement reste un , comment il n'est pas complet dès le premier énoncé de la formule, comment, enfin, en vue d'un but tout spirituel, deux onctions valent goûeux qu'une, et trois mieux que deux, ha, même difficulté reparait, mais bien plus grave, dans le saa;^ment de l'Ordre, un aussi, selon le concile, quoique administré en sept fois. -* Tout cela, en soi , n'est pas de grande importance ; mais il est bon de montrer ccocnbien la théorie romaine des sacrements, si nette et si une au premier abord, peut renfermer, même pour un catholique, de difficultés et d'embarras.

En somme donc, si nous ne pouvons faire un crime h l'Église romaine d'avoir maintenu l'Ëxtréme^Onction, en tant que cérémonie connue de l'Église primitive, — nous estimons que cette cérémonie n'a été originairement ni recommandée ni interprétée de telle sorte que les protestants dussent la garder, s'ils y voyaient des inconvénient».

Or, elle en a deux. Elle est peu utile, —elle est souvent dangereuse.

Elle est peu utile, car on ne saurait lui attribuer aucun effet qui ne soit déjà plus ou moins produit ou figuré par un autre sacrement. Qu'ajoutera-»t-elle aux grâces que le malade a déjà pu recevoir par la Confession et l'Eucharistie? On ne l'a jamais dit clairement; on ne le dira jamais. « Un sacrement, dit Château-

Page 1