‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 20 sur 138 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

conclusions ? — Nous examinerons ailleurs s'il est vrai qu'on puisse être catholique sans y croire, et s'il suffit de la nier pour échapper aux difficultés qui en résultent. Ce qui est incontestable, c'est qu'elle est article de foi pour une grande portion de leur Église, pour les pays réputés les plus catholiques, pour l'Italie, pour Rome, pour les cardinaux, pour le pape, car nous ne sachions pas que les papes de notre siècle aient jamais retiré les décrets où tant d'autres papes se sont formellement arrogé ce privilège. Ceux donc qui nous diraient : « Nous n'y croyons pas ; vos objeclions ne nous regardent pas, » — nous pourrions toujours leur montrer qu'en refusant d'y répondre, ils ne font que les renvoyer plus fortes... à qui? au pape et à ceux que le pape regarde comme ses meilleurs amis, ses seuls véritables amis. On sait que Rome n'a même jamais voulu entendre parler des moyens-termes imaginés pour décliner l'infaillibilité papale sans avoir l'air de la nier. Les jansénistes ayant cru pouvoir dire que « le saint-siége condamne quelquefois une doctrine, dans l'intérêt de la paix, sans vouloir pour cela la déclarer fausse, » cette assertion fut formellement condamnée par Urbain VIII.

Ceux mêmes qui, admettant l'infaillibilité dogmatique, croient rendre la position plus tenable en abandonnant r infaillibilité disciplinaire, — nous leur prouverions aussi que cet abandon n'a jamais été consenti à Rome. « L'Église ne peut errer, dît le Catéchisme Romain *, ni dans la foi, ni dans ta règle des mœurs, » Dans cette môme encyclique de 1832 : « Ce serait, écrivait le pape, une chosQ- criminelle^ et tout à fait contraire au respect

i Chap. IX.

> Nefas esset. •

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avec lequel on doit recevoir les lois de T Eglise, que d*iinprouver la discipline établie par elle... ou de la présenter comme défectueuse... » Dira-t-on que le pape, dans ce passage, semble ordonner plutôt de respecter la discipline établie que de la croire Infaillible en général? Écoutons. « Comme il est constant, poursidt-il, pour nous servir des paroles des Pères de Trente, dans leur treizième session, que l'Église a été instruite par Jéstis- Christ et ses apôtres, qu'elle est incessamment enseignée par l'Esprit saint, il est tout à fait absurde de mettre en avant l'idée d'une restauration, d'une régénération... comme si elle pouvait être censée capable de défaillir. » Voilà la discipline positivement placée sous la sauvegarde de l'infaillibilité générale admise par le concile de Trente; et comme le pape, dans ce morceau, ne met aucune différence entre les lois de l'Église et les lois des papes, comme, d'ailleurs, la discipline est l'ouvrage des papes bien plus que celui de l'Église, *-• tout ce qu'il a dit de l'Église, il l'a dit des papes : & eux, comme à TÉglise, l'infaillibilité disciplinaire, tout aussi bien que l'infaillibilité dans la foi. Niez-le ; dites qu'il se ^ trompe, que vous n'avez que faire de nos objections sur ce point... à la bonne heure! Mais souvenez-vous, dirons-nous encore une fois, que vous les renvoyez alord plus fortes, plus directes, plus accablantes... à qui? aii pape, au chef de votre Église, à ceux qui, selon luij sont seuls dans la vérité.

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