LIVRE PREMIER
Les prélats n'eurent donc a\iciinc peine à s'entendre stnr k tenetil* du décret ; taais il s'agissait de ïe publier, et là tdWtoièttçait l'embaitas. Celui de la première seff-*sion iaviatt été rédigé sotis fd/nAt de procès-Verbal : « Vôtis plaît-îi 'd'è diéélarer ouvert. .. le ^înt tondte 'général *è trehte t — A quoi lés prtlats tint répo^A : Ottî *. » OA avait ainsi évité toute explication sur fa ttàhrtié ^\ les dï-ôits d:e l^assetablèe , en partifculier sur ^ ^'ositioft %. l'égard dVi pape. ïl fallait niaintenaftt uh décret en fortte, un Jjréambtile. Au nom de qui parler? kd nom de qui publier le décret? Au nom du concile seul, au nom du pape, au nom du pape et dû tottdfë, ou dû concile et du pape, cat Tordre même, en cas qu'on mît iés d^x, était une gràVe iaffaire? Quelque forme qtt'ott adoptât, c^éteit toujours trancher, dans un sens bu dans ùA iàùtit, trné tïue*tttth qu'on sentait ne pMVoir être tranchée sans tuer le concile. La supértûîrité de cette assemblée sur le pape, — Paul avait dit qu'il mourrait plutôt que de la laisser proclamer. La supériorité du pape, — on savait qu'en là décrétant on s'attirait d'Allemagne et de France les plus dangereuses protestations. Trois Biècies ont passé, et la question est encore indécise, de ^ue vo«8 pouvez lire en tète de toutes tes constitutions politiques, même les plus incomplètes, ^savoir, tl'&à ^màne Va^Writé, — voltà une église infaillible qui n^a jamais pu réussir à lô mettre eh tête de la sienne. Elle qui a si hardiment traiiché tant de points mystérieux, iïiùtiles, elte au nom de qui tant de gens ont été brûlés pour avoir voulu rester libres dans déS iuisëres, — la voilà laissant les opinions libres, sur quoi?
* Placet ne yobis ?... Retponderunt : Placet.
Sur la question où il eût été le plus naturel, le plus nécessaire, qu'elle prononçât nettement *. On serait curieux de savoir ce que répondrait un docteur romain à un bon paysan de son Église, qui, ayant par hasard appris ces détails, viendrait naïvement lui dire : « Au lieu de tant chercher comment tourner son décret, pourquoi ne commençait-il pas par décider une bonne fois la question, ce concile à qui on venait de dire que Dieu parlerait par sa bouche ?» Ah ! pauvre paysan, c'est que dire et croire sont deux. Se dire infaillible, s'en donner l'air, c'est facile , tant qu'il ne s'agit que de condamner et qu'on est sûr d'être d'accord ; mais se croire infaillible, agir sérieusement comme tel, quand on sent qu'on ne peut parler sans soulever, au sein même de son Église, des luttes qui la dissoudraient, — c'est autre chose, et les plus hardis reculent. — Mais nous aurons aussi k revenir là-dessus.
Le pape y avait songé. Une commission de cardinaux, récemment créée par lui pour diriger, de Rome, les opé-
' a Que fauMl penser de cette famease session où le Concilium de Constance se déclare supérieur au pape? La réponse est aisée : rassemblée déraisonna... De beaux génies des siècles suivants n'ont pas mieux raisonné. » De Maistre. Du pape.
Ces beattx génies qui ont déraisonné^ c*est Bossuet, Amauld, Pascal...
« Et si certaines gens persistent, poursuit Tautear, nous, au lieu de rire seulement de cette session, nous rirons de cette session et de ceux qui refusent d'en rire, »
Unité! unité!...