‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 40 sur 138 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

que ferions-nous? Nous dirions : « Le mal existe. 11 y a des vices, des crimes. Donc, Dieu n'a pas voulu qu'il n'y eût ni vices ni crimes. » Pourquoi ne Ta-t-il pas voulu? Encore une fois, nous l'ignorons. Mais le fait est là ; l'argument contraire s'évanouit. Facto cedit argumenlum.

Eh bien , quand le monde chrétien nous apparaît si profondément divisé ; quand nous voyons ce qu'il y a de factice dans l'unité romaine et d'atroce dans les moyens dont il a cependant fallu user pour la maintenir tant bien que mal ; quand nous nous disons que tant de soins, tant de vigilance, tant de sang, n'ont pas empêché Rome de perdre le tiers, presque la moitié de l'Europe , et qu'il fallut un redoublement d'horreurs pour fermer à la Réforme les portes de l'Espagne et de l'Italie, dont la conquête eût été la mort du catholicisme, — il nous est démontré que l'unité, c'est-à-dire le système auquel on donne ce nom, est une invention humaine, uu rêve très-beau en théorie, souvent très-hideux eu pratique, et dont la réalisation, si elle doit avoir lieu une fois, n'appartient qu'au maître des cœurs.

La question reste donc entière. Rien ne nous prouve, en théorie, l'autorité ni l'infaillibilité du concile de Trente ou de tout autre. Voyons s'il nous ia prouvera lui-même par ses décrets et l'histoire de ses décrets.

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