‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 43 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

que les Écritures ne peuvent subsister si elles ne sont fortifiées par la Tradition, tandis que la Tradition a assez de force sans TÉcriture. )> — « L'excellence de la parole non écrite, dit un autre *, surpasse de beaucoup celle des Écritures... La Tradition contient en soi toute vérité... Nous ne devons point appeler de son jugement k un autre juge. » Et Lindanus 2 : « L'Écriture est un nez de cire, une lettre morte et qui tue, une vraie écorce sans noyau, une règle de plomb, une école pour les hérétiques, une forêt pour servir de refuge aux brigands. » — Chiysostôme, Augustin, où ôtes-vous ! Estce un chrétien que vous croiriez entendre, ou un païen prenant à dessein le contre-pied de ce que vous disiez tous les jours à vos ouailles ?

Le concile avait donc rompu le dernier pont qui restât sur r abîme creusé entre la Réforme et Rome. La Tradition, « cet impénétrable bouclier d'Ajax, » comme dit aussi Lindanus, venait d'être déclaré de la même trempe que le bouclier des ennemis de Rome, et cela , « à l'exemple des Pères orthodoxes, » disait le décret. Aussi 'les passages que nous leur avons empruntés figurent-ils parmi ceux que l'inquisition osa plus tard ordonner d'effacer de leurs ouvrages'.

< Coster, Enchiridion^ ch. i.

« Panofftia, 1. 1 et VI.

' Voir les Indien expurgatoriœ, publiés en Espagne et en Italie en suite d'un décret de la dix-huitième session. Une édition d'Au-

(39 UISTOIR]^ PV COlfCILf D£ TRENTE

On avait nommé l'Écriture, Il s*agissait de préciser où elle eat, et quels sont les livres qui la composent.

Gomment se faisait-il que de semblables questions fussent encore h décider 7 Être infaillible, et rester quinze siècles sans dire au juste de quoi se compose la BiUe, c'était, de la part de TÉglise, ou un singulier oubli de sa mission, ou un singulier aveu de son impuissance. Et Ton ne saurait dire ici que, si elle avait négligé de prononcer, c'est qu'il n'y avait aucun doute. La discussion allait en manifester plus d'un.

Cette objection, du reste, nous pourrions la renouver 1er en maiq^ endroit. En s'arrogeant ce droit absolu d'enseigner, d'enseigner seule, l'Église ne nous autoriset-elle pas h lui demander compte de ce qu'elle n'a p^ fait, tout comme de ce qu'elle a fait? Une autorité infaillible chargée de régler la foi, une question fondamentale restée des siècles dans le doute, ce sera toujours, quoi qu'on dise, une contradiction. Nous y reviendrons. Ce qui est sûr, c'est que, le 7 avril 1546, veille du jour où l'on allait oomiaitrQ la décision du concile, il n'y avait pas au monde un seul catholique qui put dire, ni de lui-mêmO) pui9que nul n'en avait le droit, ni de la part de son Église, puisqu'elle n'avsiit jamais formellei^ent prononcé, le nombre exact des livres ça« iiopiques. « Plusieurs, dit Pallavicini, vivaient à cet dgard dans la plus déplorable incertitude, le même livre étant adoré par le$i uns comme l'e^cpr^sion 4^ SaiiU^ Esprit, et exsècré par les autres comité l'osuvre d'uQ imposteur sacrilège. » — Les divisions des protestants

gustin, publiée à Venise en 1584, omet tou^ les p^ssagw f«TOPables aui pfototUnts. « OurMtmut p$mêmrU 4i3en$ Ips édtteiiif , ta êmnim ifum /Uêlium mtnm KœrHM pfwiiait p$HtHi (nfnrt* «

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