‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 49 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME ii · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME ii

criture, ditTénelon *, qu'à, ceux qui, ne la recevant que des mains de FÉglise, ne veulent y chercher que le sens de rÉglise même. » Le chercher, cela se comprend ; le trouver, qui en sera sûr d'avance? et si le concile défend de trouver autre chose, n'est-ce pas, nous le répétons, défendre. 4^ chercher? « Quand le docteur Usingen , dit Luther 2, me voyait tant lire la Bible : Ah ! frère Martin, me disait-il, qu'ffc'Ce que la Bible I Lisez, lisez plutôt les anciens docteurs qui en ont sucé le miel ! » Lô docteur Usingen aurait dû vivre jusqu'en 1546, et aller au concile ; il n'aurait pas manqué de faire la même réflexion que nous sur l'inconséquence du décret. Mieux eût valu décider franchement, comme le demandait un certain Bichard, théologien normand, que l'Écriture est désormais inutile, puisque l'Église a pris depuis longtemps tout ce qu'il y avait à prendre. « Il est vrai, ajoutait-il, qu'on la lisait autrefois dans les églises pour i'in* struction du peuple, et qu'on l'étudiait aussi dans cette vue ; mais aujourd'hui , ce n'est plus que par forme de prière. Qu'on s'en serve encore pour cela; mais comme objet d'étude, non. Voilà en quoi doit consister maintenant le respect que nous devons à la Bible. » — Ne dirait-on pas le dieu d'Épicure, momentanément sorti du néant pour créer le monde , et y rentrant aussitôt son œuvre finie ? L'avis du franciscain parut étrange et presque Blasphématoire ; et cependant, à part la naïveté des termes, n'était-ce pas l'équivalent du décret? Prenez le système romain dans sa rigueur : dogmes irrévocablement fixés , autorité toute puissante chargée

1 Lettre à l'évèque d'Arras.

> Tischreden (propos de table}.

146 HISTOIRE DU CONCILt DE TRENTE

de les tnairtteniri défense d'y rien chaiigei- et de S'ci- })Dsef à y rleti fchanger, ttiêiiie dans le secret de la cbtiscience, — et avouez qu'avec cela il ti'est pas facile de trouver encore pour TÉcritUre une place et utirtlé, même en la réduisant & celui d'iiii llti*é d'édification.

QUé si tjouà tt)Ulions maintenant abordéi" lit tuétiie tjuestioîi au prtihl de vue historique et critique, ce ferait tout un livre à faire ; livre, dti reste , doill nOiis n'aiirlohs pas à chercher longtemps les tnatériaux, tant les objections sautent aux yeut , tant les témoignages aboîidettt.

D'abord, dans l'Écriture elle-thême, pas tiri mdt, pas ime 'syllabe dbnt dti pUisse fe'atttorisëi* pour ne pas la laisser â la disposition dé tout le mdiide.

L'Ancien testament, — nous y lisons ëtt cent endroits ' que la lectui-e ti'en était pas seulement permise, ttiais forrnellemerit cottiitiaiidée.

, Le Jïouveàii, ~ qu'y trouvôtî§-nous ? Des liVl-ës historiques éminemmerit populaires, des épîtrës adressées h des églises nombreuses, noti pas aui pasteiifS hi âùi chefs, mais h tous les membres sdtts distinctibn. Épîtfè aucb Rùiftàins, aU± CoHmhieHx, mià P/itUppietti, disèilt toutes les bibles, la Vtilgate comme les autres. Dans le livre des Actes (xvii) , lorsque sairti Paul prêche îi 6érée, que font les Béréens? a Ils examment tous ks jours les Ecritures , pour voir si les choses sont telles qu'on le leur dit. » Paul les en blâitie-t-ilî Nullement;

Page 1