‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 50 sur 138 · VR£ DEUXIÈME · texte numérisé non relu

VR£ DEUXIÈME

rbistorien du fait, saint l^uc, Je raconta £^u pontraire, çumw W^ pr^pe de leur ?èle. Et pe même saint Paul, qui p trpuyait pas mauvais qu'on çtllât aux Écritures lorsque c'était lui, apôtre, qui enseignait, — il poijsi l)l^nierait (J'y aJlpr, q\ ^ ^es prppres ^pfU^, eutre wU'es,

ppur voir, cQwme les fidèii^s dQ PéréP ? « §i le? Phû§^s

sont telles qu'on nous le dit! »

Jnsoutenî^ble pj^r la Bible , cptte idée vjpnt-elle au mms d'upe tradition aocieune? rSoD. Chez Iqs écrivains des premief? siècles , riep h l'appui. Des recommanda-^ tiops quanf au rpspect Sivec lequel l'Écriture doit être lue, d^? ponspils sur les moyens de h Wn lire , des refiTOcbes h ceux qui }^ lisent m&l, de§ rqgrpts sur peu)^ qui se sont égîjrés en l» lisant, — tant qu'on en voudra ;, mîijs ces rpgrpip, cps oouseils, ces reprQplies, quQ prpuygpfril^, sinou gu'op la lisait? ptjEipiais, ceRgnclapt, jamais les Pères ne sont partis de là pour restrpiodre ou j^iî le droit 4p la lire, ^ abus ne tue M^ le droit. Quand içm f^ure?5 épuipéré toutps les vari^tipps, tputes les errpurs, \QViim les extrav^gapces mêp^Q qu'a pu produire la libre interprétation de la Bible , vous u'aui'P? Pf^§ prouvé qua uul aujuûu4e, individu pi corps, fj^pe ou église, spif autorisé h nqpg Tipterdirp.

El loin que les Pères §e bqi'passept h m P^s Tintpr-^ diriB, avep qQeJle in^istaupp pe I^ rêCQUiPie^nçl^ieut-ili^ pas ! Faut-il pitpr ? L'einbarr§s e§t de phpisir, c^p si pous. voulions rapporter tous les p^sag§§ que nous ^yqns eus sous les yeux, il y en aurait,-«oit dit sans auçupe exagération, plusieurt centaines, outre 4e§ j}i§cours tout entiers, aussi positifs, aussi forts que ce qu-ont jamais dit les sociétés bibliques protestantes.

« Sondez le^ Écritures, » dit Clément dq Rome; et sa

fameuse épitre aux Corinthiens, tellement vénérée qu*on prétendit quelquefois l'introduire dans le Nouveau- Testament, rappelle ou suppose perpétuellement ce précepte.

« J'ai, dit Polycarpe *, la confiance que vous êtes bien exercés dans les Saintes-Lettres, et que rien ne vous en est inconnu. »

« Chacun de nous, dit un autre *, en méditant la Parole, y trouvera un trésor de secours pour tous ses mau^c spirituels. » Chacun de nous, et celui qui parle est en chaire ; tout un peuple Tentend. Ailleurs, dans une lettre : (( Si tu sais chercher dans l'Écriture les secours qu'elle t'offre, tu n'auras besoin ni de moi ni de qui que ce soit. » Et c'est à une femme qu'il écrit.

Ambroise ' : « L'Écriture sainte édifie tout le monde. . . On parle au Christ par la prière; on l'écoute en lisant les Écritures. »

Origène *: « La vraie nourriture de notre âme, c'est la lecture de la parole de Dieu... Nourrissons-nous des. Évangiles... Désaltérons-nous par la lecture des écrits des Apôtres. »

Isidore de Péluse « : « Les célestes oracles ont été écrits pour le genre humain tout entier. Les agriculteurs eux-mêmes sont en état d'y apprendre ce qu'il convient de savoir... Les savants et les ignorants, les enfants et les femmes, peuvent également s'y instruire. »

Jérôme 6 : « C'est pour le peuple entier que les Apô-

* Épitre aux Philippiens.

* Basile. Homélie sur le Ps. i.

* Ps. xLviii. — Del'off. du minist. l. I. •*

4 Homélie sur le Lévitique. — PhUocaUe^ 11.

5 Épîtres 91 et 67.

* Sur le Ps. Lxxxvi. — Sur TÉp. aux Colossiens. — Épitre 97.

* LIVRE DEUXIÈME l/i9

très ont écrit... Les laïques doivent abonder dans la 'connaissance des Saintes-Lettres... » Et ailleurs, écri- -vant aussi k une femme : (c Ce quQ je ne cesserai de te recomipander, c'est d'aimer T Écriture et de la lire, »

Augustin * : « Telle qu'est notre chair lorsqu'elle ne prend' qu'une fois de la nourriture en plusieurs jours, telle est notre âme quand elle ne se nourrit pas fréquemment de k parole dfe Dieu. Continuez donc d'écouter dans' l'église la lecture de l'Écriture sainte, et relisez-la dans vos maisons. »

Mais, de tous les Pères, le plus ardent sur ce point, c'est Chrysostôme. Outre une foule d'exhortations directes, qu'il est inutile de citer après tant d'autres,, nous l'entendi'ions réfutant toutes les objections que ce sujet peut soulever. « Quand nous recevons de l'argent, dit-il 2, nous voulons le compter nous-mêmes ; et quand il s'agit des choses divines, nous donnerions tête baissée dans les opinions des autres ? Consultez donc les Écritures. » Mais elles ne sont pas assez claires... « Le Saint-Esprit en a confié tout exprès la composition à des hommes sans lettres, afin que chacun, jusqu'au moins instruit, "puisse comprendre la parole et en profiter 3. » Mais avons-nous le temps de nous occuper de ces choses?... « Que personne ne m'allègue ces misérables excuses : il faut que je gagne ma vie ; il faut que je nourrisse mes enfants. Ce n'est pas à moi h lire l'Écriture, mais à ceux qui ont renoncé au siècle. Pauvre homme ! C'est donc parce que tu es distrait par mille soins qu'il ne t'appartient pas de lire l'Écriture ? Mais tu en as encore plus

> Homélie LXVI. Du Temps.

* Homél. XIII. Sur l'Èp. auxCot^nth.

3 Homél. III. Sur Lazare,

150 HISTOIRE PV COVGI{.S DÇ TRENTE

(besoin que ceux qui ^ sont retirés 4u mou^e pour 4Qa? nef tout }eur temps k Pie^ ^ ))

4pr^s les Pères, voici celui qu'on ^ gu^Iquefqis ap-r pelé le 4eniipr 4es Pèrçs. Bast^riepr de plusieurs siècles, §Qn tôg)oign4ge ep esf 4'%Utdq( plus fort. » persévérez;, 4i( ^aipt Beru^l*^ % persévérez h vous nourrie 4e là Pa?Q}Q de pieu. Exerpezr¥()us<:y continuellem^uf jusqu-^ pe que Tesprit vous défaille, c^est-MP'e jusqu'l la niqrt. »

Faut-il l'avis d'un pape? « L'Écriluy^, 4isait Grégoire le Gran4 3, est upp épUfe que Dieu ^dresçe ^ sa créature, Médit^Ha donc tpu§lps jops, et, paj* Ipf Parotide Pieu, apprenez it conpattre Pieu. >)

Faut-il, epfin, l'avis d'un cpnçile ipépie? — Nous n'irons pas chercher çeu* des preuiiefs siècles, alors que la lecture de^ Saints liivres ^tait chose si naturelle, si universellepept recqpiuiandée, que ce p'étftit pas mêuie une questjon ^pi* laquelle on eût rien ^ décréter ; ipais voici ce qu'en disait, en 816, le conçue d'Aix-la-Qhapelle : « Que les jeupes ftll^ mêrae ainiept les Sçdnteç- Écritufes. Qu'elles puisent la s^esse dan^ les livrer de ^alompn ; qy'ell^ se forment ^ h patience par la lecr. ture 4h livr^ 4^ ^ûb; qu'elles prennent ensuite les saints |lvangile$, pçur ne les quitter jamais. }>

Et i] y avait ^ Trente, et il y a encore des gepç prêts ^ flétrir C0InIn^ nouvelle l'idée que 1^ Bible est pQur tou^ ! On trouvait monstrueux que Luther l'eût tr^uite en langue vulgaire ; qu'avait donc fait Jérôme eu la trç^- (luisaut en latin? Qu'avait fait Ulphilas, un des Père^^ de

* Homélie III. Sur Lazare.

2 Sermon XXIV.

8 Liv. IV, ép. ftO.

Hiq^e, ea la traduis^pt dans |a langUQ des Qptli9? Pqht-i quoi Bède-le-VénéraWê 4it-il avec jpi^ gue, 4§ §oq temps, rÉcriture se lisait en Angleterre en cinq lç^))guei| diflérentesî Pourquoi, s^lqn Augustin *, est-ce «par la iag0^€ de nm p que TÉOPiture, « 4*Hne seujie lauguq en laquelle ellp était priroitivgjuent, «'esl pultipli^^ ei) une infinité de langages et de dialectes, afiu qi|*e])p $g répandit partout? » Pourquoi tant de siècles, tant de conciles, sans le plus léger mot de blâme contre ces exhortations de tous les joufs, contre cette « infinité » de traductions, contre ces efforts pour qu'il n'y eût pas de pays, pas de village, pas de maison sans Bible?

Mais prenons garde. « Pae un mot de blàiue, » ^vopsnous dit; et un pape a tout réceioment i affirmé le poq^ traire. (( Ajnsi, dit-il, ce que saini Jférçine ctéploraii déjà de son temps, on livr^ l'ioterprétation de^ Écriture? au babil de 1^ vieille feqofne, au r^^otage du vieillard décrépit, k la vprbosité du $pphiatQ, à tou^, de toutes les conditions, pourvu qu'ils §^chent lire. » nr» Que répondre?

Bien, car la citation est fausse; et qu^d pous n'^u^ rion§ eu aucun moyen de la vérifier, nous n'y auriou» pas cru. Elle ne peut être vraie, aurions-nous dit; si quelqu'un a écril cela^ c'est moins §aiut Jérôme que personne.

Et en effet, voici qç qu'il a écrit. « Les laboureurs, l^a maçQus, lojB charpentiers... ceux qui (ravaillent luéme au^ ouvrages les plus vils, ne p^uv^ut ce^uaUre leur méti^ sans Tavoir appria... Il s'y a que Tail dise Écrir tures^uf^ cl^apun ^'^ttribue... Ldvii^iUe kmm, te vieil-

3 Mai 1844.

lard radoteur, le sophiste bavard, ont la prétention de la connaître, la déchirent et renseignent... iwant de l'avoir apprise *. »

Donc , ce que Grégoire XVI a cru pouvoir travestir en une objection contre la lecture de la Bible, c'était un reproche... à qui? A ceux qui ne la lisent et ne Têtudient pas assez.

Le décret de Trente est plus réservé qu*on ne Ta été depuis. L'Église n'était pas encore en mesure de dire son dernier mot ; le concile dut se borner k entourer de restrictions, dont quelques-unes sont bonnes^ l'impression, la vente et la lecture des Saints Livres. Mais Rome se posait, par cela même, en dispensatrice souveraine dé ces livres et de tout ce qu'ils renferment. Si ce décret ne défend pas la lecture de la Bible, il n'a garde non plus de la reconnaître comme un droit , encore moins comme un devoir; l'interdiction n'y est nulle part , et elle en ressort de partout. Faut-il des preuves? Nous n'avons qu'à voir ce qu'il en advint.

Trois mois après la clôture du concile, en publiant un catalogue de livres défendus, Ke IV le fait précéder de dix règles, dont la quatrième est ainsi conçue : « L'expérience ayant prouvé que la lecture des Saints Livres, accordée indistinctement à tout le monde, fait plus de mal que de bien, à cause de la témérité des hommes, il

* Lacérant, docent, antequam discant. Seconde ép. à PauUn, Sitr i'éludê des Écritures,

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