‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 51 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

dépendra désormais du jugement de Tévêque ou de Tinquisiteur d'accorder, suivant l'avis du curé ou du confesseur, la lecture de ces livres, traduits en langue vulgaire par des auteurs catholiques, à ceux qu'ils savent ne pouvoir rien y puiser de préjudiciable à la foi et à la , piété. Cette permission devra être délivrée par écrit. . Quiconque n'en sera pas muni , et aura néanmoins la m^somption de lire ou de posséder les Écritures , ne .pourra obtenir l'absolution de ses péchés, s'il ne les a préalablement livrées à l'évêque. n

Voilà qui commence à être clair : Tévêque pourra rerfuser, sur 1^ préavis d'un simple prêtre, ce que des milliers d'évêques ont , pendant plusieurs siècles, pressé, prié, coBJHré leurs ouailles d'avoir perpétuellement dans leurs mains.

Il pourra refuser, mais il pourra accorder. C'est encore trop. Trente ans après la publication de cette règle, un pape la confisque au profit .exclusif des papes. «Il est à remarquer, dit Clément VIII, que cette règle n'ti conféré aux évêques et aux inquisiteurs aucun pouvoir nouveaiv d'accorder des licences d'acheter, de lire ou de posséder la Bible en langue vulgaire, attendu que, jusqu'ici, par l'ordre et l'usage de la sainte et universelle inquisition romaine, ce pouvoir leur avait été enlevé... ce qui doit 'être rigoureusement observé. » On l'observait si l^^en , qu'on allait souvent plus loin que le pape. Un Espagnol, Alplionse de Castro, loue hautement * Ferdinand et ^sal^lle d'avoir, de leur chef. Interdit. toute traduction. En 1750; un inquisiteur général, Ferez del Prado,* s'écrie en gémissant que « quelques hommes ont

* pes hérésHs^ cb. xi|i.

i^k HISTOIRE Py QUVCILS DE TRENTE

poussé raudîK?e jusqu'à Xej^çmbip mirmi^*,- m de lira la Bible m laugue vulgwdf lipn ; tsUe égvméfvi^ pfinniism 4e 1^ Urp *» >i

Ainsi, partout pu Yt%\\&^ ét^it la maftP^isp, nm^ voyons le décret de Trente se trapsforroof rapi^emept en unQ défense absolue de lire et roén^e de posséder la Bible. liOs peines varient. Bp Espagne, le feu î ai}leur§, la prison seulement ; mais partout c'est un prime, ou au moins grave délit, Aujourd'hui mtone, en Savoie, à deux liepl de Genève, ayez chez vous une Bible, et vous irez pour dix ans au chftieaudePignerol, pequi est incontestablement plus monstrueux au divneuvième siècle que le b% cberauseiïièmeî. En France, il arrive souvent qu'après en avoir vendu plusieurs exemplaires dans un yillagPj lo. colporteur protestant, à sa seconde tournée, u'enpeu|r^T-. trouver un seul. Le curé les a bràlé^. « Go sqnt (les Bi}>les protestantes, )> a-t-il dit ; et le paroissiep eÇrayé s'en est défait. Qr, la plupart du temps, c'était la y^rsiop dq Sacy, version catholique, approuvée jadis par plusieurs évoques, et h laquelle on s'est impo§é la loi do ue pas changer une syllîbe, bien quo, faite sur la Vulgatp, ello soit souvent très fautive. Ce n'est donc pas la Bible protestante que le curé a brûlée; c'est h fiible, et i) le sait bien. Mais ce qu'il sait encore raieui^, p'est l'impossibilité où il serait de se tirer d'affaire avec qui la prendrait pour champ de bataille. « Emser, l'homme sage, no sar vait pas trop, disait-il, p'il était bon que la Bible eut

1 Llorente, m$t, lie l'^^g. cl), t^uu

3 Cp|^ q'est plus ; la Savoie peut lirç ^t lit la 8j)}l6* Si iipus n'ayons pas effacé ces lignes, écrites il y a sept ans, c^est que les doléances et les cris du clergé contre ce nouvel état de choses ne nous prouvent que trop ce qu'il ferait s'il f^evonsit le ipai^re.

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