‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 58 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

gles de rOrtre^ tous ceux qui recourraient à eux. Ainsi, pourvu que tout se trouvât de plus en plus directement enchaîné au trône papal , Rome s'inquiétait peu de relâcher, dans les régions inférieures de l'Église, tous les liens de l'obéissance et de l'ordre.

Les répliques des moines n'avaiëht pas été sans effet. Le décret sur la prédicatitîn débuté par des règles que Luther eût sigriées. « Comme il n'est pas inoihs nécessaire de prêcher l*Évangile que de l'enseigner dans des écoles, et que mêihe c'est la fonction principale des évêïjues^y le saint concile ordonne que tffiis les évêques, archevêques, primats, et tous autres préposés à la conduite des églises, seront tenus et obligés de prêcher eiixmtmes le saint Évangile de Jésus-Christ. » Rien de mieux; mais jamais décret ne fut plus mal observé. Combien y a-t-il d'évêques qui prêchent? Lé décret ajoute , il est vrai : « S'ils n'en sont légitimement empêchés. » A en juger d'après ce qui existe, il paraîtrait que c'est l'épiscopat même qui est considéré comme empêchement légitime. Mais, après cette solennelle déclaration que prêcher est la principale fonction des évêques, on devrait avoir au moins la bonne foi de hé pas tant reprocher au protestantisme que ce soit aussi la principale fonction de ses ministres.

Pendant ces discussion^, Paul III avait réitéré ses

i Et hoc est prsecipaum episcoporum mnnus.

premiers ordres. Il ne demandait plus, il exigeait qu'on abordât les dogmes, à commencer par le Péché OrigineU Il fallut donc s'y mettre ; mais les prélats du parti de Tempereur ne cherchaient même plus k dissimuler leur désir de reculer le plus possible le moment où les luthériens seraient désignés et condamnés. Plus on avançait, plus la question politique se dessinait nettement au premier rang. Avait-elle jamais cessé , devait-elle jamiais cesser d'y être? Tout ce qu'on peut dire, c'^st que, se«lon les circonstances, elle y était plus ou moins apparente, plus ou moins voilée.

Les légats, qui ne demandaient pas mieujx, au contraire, que d'engager fortement la partie, afin qu'il n'y eût plus d'accord possible entre l'empereur et les protestants, les légats, disons-nous, avaient préparé une. liste de neuf pwpositions à condamner. Ils avaient eii soin de ne prendre? que cell^ contre lesquelles ils savaient qu'on serait unanimes; en quelques heures, de délibération, tout serait fait. Alors, les impériaux changent de batterie. Ils demandent que l'on commence par établir la doctrine de l'Église sur le sujet en question; ils sentent qu'une fois la discussion engagée, on ne sera pas de longtemps en état de rédiger des décrets. Les légats le sentaient aussi; mais comment refuser?

En conséquence, quatre questions furent posées :

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