LIVRE DEUXIÈME
d'Espagne qui, le mois précédent, avait demandé d'assister aux congrégations pour contenir, disait-il, les évêques de son pays, — il fut le premier, plus tard, à les exciter contre le {Jape. Nous ne saurions blâmer, d'une manière absolue, la présence d'un corps diplomatique h Trente. C'était une des nécessités du moment. Nous n'accuserons ni le pape pour avoir demandé des ambassadeurs, ni les souverains pour en. avoir envoyé ; mais s'ils contribuèrent au lustre extérieur du concile, ils contribuèrent encore plus à lui enlever jusqu'à l'apparence de ce qu'il aurait dû être pour commander le respect et la foi.
Admis le 8 juillet, en congrégation générale, les ambassadeurs français s'exprimèrent, par l'organe de Danès, avec une hardiesse à peine voilée par la politesse des formes. En rappelant que son maître avait résisté à l'exemple et aux sollicitations de Henri VIII, il donna presque à entendre que le concile et le pape devaient en être extrêmement reconnaissants; puis, remontant aux premiers jours de la monarchie française, il fit un pompeux tableau des services rendus par elle à l'Église et en particulier aux papes. Il cita les humbles remercîments dont plus d'un pape avait payé le secours ou l'hospitalité des rois de France ; il avança même un fait qui n'est pas prouvé, savoir qu'Adrien I" aurait reconnu à Charlemagne le droit, non-seulement de confirmer, mais de nommer le pape, droit qui ne se serait perdu que par la renonciation de Louis le Débonnaire. — On le laissa dire ; mais les amis du pape furent cruellement aflectés de tout cela. Si ce discours renfermait des faits inexacts, il en renfermait assez d'autres sur lesquels on ne pouvait rien répondre ; et tous ces souvenirs, que
Rome aurait pu mépriser lorsqu'elle elle était au faite de sa gloire, s'ajoutaient douloureusement aux échecs que ce siècle Tavait vue recevoir. Danès, plus tard, se montra aussi prompt à la répartie qu*â Tattaque. Un jour que Tévêque de Verdun, Nicolas Psaume, parlait avec force contre les abus de la cour de Rome, un évêque romain, regardant dédaigneusement les Français, murmura : « Gallus cantat,., — Uiinam ad illud gallicinium Petrus resipiscei'et ! » dit Danès.
Cependant Tévèque de Trente venait de mener' à bonne fin les négociations entamées par le cardinal Farnèse. Charles-Quint avait accepté les douze raille hommes, et allait entrer en campagne. Par une convention secrète, le pape s'engageait à excommunier le roi de France s'il fournissait, directement ou indirectement, quelque secours aux protestants d'Allemagne. Mais tandis que Paul III ne négligeait rien pour que cette guerre eût l'air d'une guerre sainte^ et allait, dans ce but, jusqu'à permettre à l'empereur de prendre la moitié des revenus ecclésiastiques de l'Espagne, — l'empereur persistait, en Allemagne du moins, à nier que ce fût pour lui une affaire de religion. Uniquement occupé de retenir dans son parti ceux des princes luthériens qui ne l'avaient pas encore quitté, il disait n'en vouloir aux autres que comme à des vassaux infidèles et révoltés. De leur rébdlioii contre l'Église et le pape, il n'en était pas quesluni, et, des anathèmes du concile, encore moins.
Paul III cmt faire un coup de maître en publiant un jubilé t< pour le succès des armes de C Église et de l'empertur, » |) croyait forcer ce dernier à avouer l'alliance et \\ se luconnaître le champion de l'Église. Ce fut en^-