‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 68 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

plaindre, et Paul, la faiblesse de s'en excuser sur l'impossibilité de subvenir plus longtemps à de si fortes dépenses.

Nous reprendrons plus loin la suite des événements. Revenons en arrière, et voyons ce qui se passait à Trente.

Dès le lendemain de la session de Juin, querelles et intrigues avaient repris de plus belle sur le choix des sujets à traiter dans la suivante. Les théologiens du pape disaient qu'après avoir parlé du mal, il fallait parler du remède; après le Péché Originel, la Grâce. C'était logique ; mais la logique, on le savait de reste, n'était pas plus leur vrai motif quand ils proposaient cette marche, que le bien de l'Église n'était celui des autres quand ils persistaient à ne vouloir que des décrets de réformation intérieure.

Pour calmer ces derniers, les légats donnèrent k entendre que le sujet de la Grâce, livré aux théologiens, ne serait pas de longtemps en état d'être repris en cour grégation générale. On pourrait donc, en attendant, s'occuper de sujets d'une autre nature. Les légats pro-: posaient la Résidence. Après quelques difficultés, on accepta.

Cette question, en théorie, est une des plus simples qu'on puisse imaginer. Un évoque doit-il résider dans son église? Est-il coupable lorsqu'il n'y réside pas? — Personne n'a jamais répondu non, et les chrétiens des

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premiers siècles eussent été scandalisés rien qu'à enlendre énoncer un pareil doute.

En fait, c'est autre chose. Pendant au moins huit cents ans, — car il n'y ^ a pas soixante que la Réforme s'est décidément opérée, — Thisloire de l'Église est attristée à chaque page par les doléances des fidèles suf la non-résidence de leurs premiers pasteurs.

n nous serait donc impossible d'attaquer cet abus plus vivement que ne Font fait , aux acclamations des peuples, les hommes les plus éminenls de l'Église romaine. Bien plus : à tout ce que nous en dirions , on pourrait objecter que ce ne sont pas seulement les écrivains, mais les conciles, les papes même , qui ont été unanimes à faire une loi de la résidence, à blâmer et à condamner les non-résidents. Qu'avons-nous donc à faire ici ? Et comment reprocher au catholicisme ce qu'il n'a jamais ordonné, jamais approuvé?

Si ses décrets l'absolvent , ses actes le condamnent. L'n abus que, pendant des siècles , vous retrouvez chez lui, partout, toujours, universellement *, un abus qui a résisté, non-seulement à la réprobation unanime des fidèles, mais aux décrets qui semblaient les plus forts, à ceux du concile de Trente comme aux constitutions d'Innocent III, comment prouverait-on que cet abus ne fût piLS [jrofondément inhérent h la constitution même de TÉglistî? CrtmraeiU l'Église prétendrait-elle, en rappelant quelques lois sévères, mais toujours vaines, s'en luver les mains?

* Quel ùApect pour un chrétien qui parcqurt le monde chré* I Tq;i^ m p^i^tturâ oni ^tbi^ndociné leurs troupeau^; tous te» tpeauï&oi^t 4^nire les mains des mercenaires. » w {De emfHifandd Ecctesiâ, Mémoire à Paul m. 1538.)"

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