LIVRE D&VXIÈMË 98i
n'en D)it t^oint. a Si quelqu'un prétend qu'il y a p\m ou moins de ^epi sacrements... qu'il soit anathëme ^ n Le Catéchisme Romain est moins laconiq^le. <( Sept choses, dit-il, sont nécessaires à l'homme pmr Vlvi*ê et conserver sa vie... — il faut qu'il naisse, — qu'il croisse, — qu'il se nourrisse, — qu'il use de remèdes pour recouvrer la santé, lorsqu'il l'a perdue, — qu'il reprenne ses forces quand elles sont affaiblies, — qu'il y ait des magistrats pour le gouverner, — qu'au moyen d'enfants légitimes il perpétue le genre humain. Toutes cm choses ayant des correspondants dè,m la vie pftr laquelle l'âme vit k Dieu, on peut facilement en tirer quri doit être le nombre des sacrements. Par le Baptétiie, nous renaissons en Jésus-Christ; par la Confirmajtlon) la grâce divine nous fait croître et nous fortifie ; ptr l'Eucharistie, notre âme est nourrie et substanUée ; par la Pénitence, nous sommes guéris des plaies que le péché avait faites à nos âmes, ete. , etc. » ~« Notez que ee parallèle bizarre n'a pas même le mérite d'être complet, seul mérite que puisse avoir ce genre d arguties. Le sommeil est bien plus universellement nécessaire à la vie que l'emploi de fortifiants ou de remèdes. Quel sacrement metlra-t-on pour correspondant? — Et ce n'est pourtant pas comme figure oratoire, dans un mor^ ceau d'amplification ou d'éloquence, que le Catéchisme emploie 0t conseille d'employer ce raisonnement. Il le donne comme une bonne raison ' ; et la traduction française de 18^4 est encore plus explidte : « Pour montrer aux fidèles qu'il y a sept sacrements, ni plus ni moins,
^ Si guis dijperit sacramenta es^e plurtu vf / fmuciçra quam fep* tem,., anathema sU, s Probabilis ratio.
les pasteurs pourront se servir de cette raison, qui est très-propre à les en convaincre, » — Il est permis de supposer que, devant des gens raisonnables, on se garde bien au contraire de s'en servir.
Voilà donc sept sacrements. Maintenant, qui les a institués ?
Dire que tel et tel a été institué par Jésus-Christ , ce serait avouer que d'autres ne l'ont pas été, et leur assigner, parla même, un rang inférieur. Que faire? C'est fort simple : on les attribuera tous à Jésus-Christ.
C'était se jouer de la Tradition lout autant que de l'Écriture. Jusque-là, en effet, il n'y avait eu que le Baptême et la Cène qu'on regardât universellement comme institués par le Sauveur. Pour tout le reste , on s'arrêtait généralement aux Apôtres. Beaucoup de catholiques, et des meilleurs, n'allaient même pas jusque-là, au moins pour un ou deux ; beaucoup laissaient formellement le Mariage en dehors, non qu'ils l'ôtassent du nombre des sacrements , mais parce qu'il leur semblait peu naturel d'attribuer à Jésus-Christ une chose dont il a parlé tant de fois sans se l'attribuer aucunement. Tout cela fut dit ; mais on était dans un de ces moments où le vent de l'omnipotence semblait tourner toutes les têtes. On aurait craint que la moindre exception n'eût l'air d'une victoire accordée aux luthériens. Point de raisons, point de détails : Anathème à qui niera que tous les sacrements