‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 80 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

femmes, de quelque secte et profession qu'ils puissent être, juifs, païens ou hérétiques. » Comment des juifs et des païens peuvent avoir, en quelque degré que ce soit, l'intention de faire, en baptisant, ce que fait l'Église, — ce n'est pas facile k comprendre ; et l'on pourrait bien voir là encore une preuve de l'abandon du décret sur la nécessité de l'intention. Puis, n'admirez-vous pas cette gradation? Juifs, païens... hérétiques. Ainsi, ministre protestant, vous êtes moins apte k baptiser qu'un rabbin ou qu'un brahme.

Ce décret, en définitive, n'a fait que livrer la chose au caprice des évoques, souvent des simples curés. Quand il s'agit d'attirer au catholicisme un protestant peu disposé k se donner en spectacle, on se garderait bien de lui proposer un second baptême ; quand on veut faire de l'éclat, et que le converti s'y prête ou ne peut s'y refuser, c'est par Ik qu'on commence. Mais comme le Baptême, selon un autre article du décret, imprime k l'âme un caractère indélébile, et ne pourrait, sans sacrilège, être reçu deux fois : — ((Si tu es baptisé, dit le prêtre dans ces cas-lk, je ne te baptise point ; si tu ne l'es pas, je te baptise. »

Il s'agissait enfin de faire en sorte qu'en reconnaissant la validité du Baptême des hérétiques, on ne parût pas avouer l'inutilité des cérémonies accessoires * dont ils avaient débarrassé l'administration de ce sacrement'. Il fut donc déclaré que, sauf impossibilité majeure, le prêtre ne pourrait omettre, dans aucun sacrement, aucun des rites approuvés par l'Église. On eut la pru-

^ Exorcisme pour chasser le démon, sel mis dans la bouche, signes de croix sur le front, les yeux, les épaules, salive aux narines et aux oreilles, chrême sur le commet de la tête, etc.

dence de ne rien dire sur leur ancienneté et leur apostolicité ; mais les docteurs sont restés libres de les faire remonter aussi haut que bon leur semble, et TÉglise n'a jamais condamné, que nous sachions, ceux qui les ont hardiment attribués aux Apôtres, a Quoique l'eau naturelle sufiise, dit le Catéchisme Romain, on a toujours observé dans l'Église, confoimément A la wadition des Apàtres, que, lorsque le Baptême est admilûstk^ solennellement, on y joint le Saint-rChrémB, » -r- Voilà le Chrême remontant aux Apôtres. Ne m>uf» récrions pas trop; tout à l'heure nètts l'alldos ^ir remonter à JésttS^hrist.

Il y aviait donc eu, en somme^ daqs le décret çurle R^^tême, certaines concessions; sur la Confirmiatioa,. dopjit on allait s'occuper, on ne pouvait rien céder. L,es ^seignements où l'Église est le plus en dehors du christianisme apostolique sont, en général, ceux où elle ^st 1^ moins disposée h f^re des concessions, et où, d'ailleurs, elle peut le moins en faire, car dès qu'elle aurait fléchi sur un détail, il n'y aurait plus de raison pour qu'elle ne fléchît pas sur d'autres. Ici, c^ ii'était même pas sur des dét^s qu'on l'avait attaquée : c'était le sacrement même qu'on niail;, et il n'y avait pas de milieu Wtre J'ahiandonner et le sc^itenir.

Si la Confirmation, en soi, n'a rien de mauvais ni d'absurde, c'est pourtant un des points sur lesquels il est le plus difficile de s'arranger avec la Bible, et même

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