LIVRE DEUXIÈME W
avec la Tradition ; avec la Bible, car elle n'en dit rien*; avec là Tradition, car elle a dit longtemps tout autre ck0se. Les premiers Pères parlent d'une cék-éiiionie ék les jeunes chrélieiis admis à la Gène venaient préaia^ biement se déclarer enfants de l'Église, et confirmer pu^ bliguement les promesses qu'ils avaient faites ou qu^<M avait faites pour eux ; c'était donc ce qui a lieu, dans la {Plupart des églises pirote^tantes, sous le nom de JR^eeption des catéchumènes. Le )?ôle du prêtre se bornait à interroger les néophytes, à recevoir leurs promesses, à leur adresser une exhortation, à prier solennellement pour eux. Gomme il était naturel, vu la circonstance, que cette prière eût partieiltièrem^nt pour but de leur ^tenîr la grâce d'être fermes dans teur foi, on attacha peu à peu à cet acte une certaine importance sacramentetle. Pttî« vint, on ne sait à quelle époque, l'usage d'une certaine onction : c'était comme un second bàptèiâe, ou, si l'on veut, un complément du premier. Mais à lâesUre que ie Baptême prenait une lignification plus formeQe et plus complète, la Confirmation devait tendre à s'en séparer ; portion de sacrement, elle devint un sacrement distinct. Alors, le mot e* la chose changèrent. Le mot, car au Heu d'indiquer une cérémonie Ot Ton confirmait certains vœux, îl ne désigna plus que «elle où ' l'on confirmait les jeunes chrétiens dans leur résolution
< Le Catéchisme Romaio n'essaie mâme pas d'établir la Gopfipmation par TÉcriture ; il se contente de citer deux passages que deux Pères, dit-il, ont appliqués à ce sacrement. L'an, cité par saint Ambroise, est celui-ci : « N'attristez pas le Saânt-fisprit, dont vous avez été marqués comoie d'un scean. » L'autre, cité j^ar saiDt Augustin, est : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, par le Saint-Esprit qui nous a été donné. >* ~ éHter cela, ou avouer qn^on n*a vien à cîler, c^est tout un.
d'être chrétiens ; la chose aussi, car Taccessoire devint le principal, l'usage de prononcer certains vœux, certaines déclarations de foi, tomba, et il ne resta que l'onction. Nous ne savons non plus à quelle époque elle commença d'avoir lieu après l'admission à la Gène; mais cela seul supposait un changement total dans la nature et le sens de cette cérémonie.
C'est donc l'onction, accompagnée d'une certaine formule, qui constitue aujourd'hui la Confirmation. Sous cette forme, il est clair qu'on ne saurait soutenir que les premiers chrétiens en aient fait un sacrement, puisqu'ils n'en avaient aucune idée. Aussi, au sein même du concile, plus d'un scrupule se fit jour. Quelques membres allèrent jusqu'à rappeler timidement l'ancienne cérémonie de la Confirmation des vœux. « On opposa, dit Sarpi, que puisque cela ne se pratiquait plus, on devait croire que cela ne s'était jamais pratiqué, vu que l'Église rC eût jamais aboli une cérémonie si utile, » Irréfutable argument, comme on voit. Puis, si on la trouvait utile, pourquoi ne pas la rétablir, même en gardant la Confirmation par l'onction ? Mais on avait déjà voté précisément le contraire. « Si quelqu'un, est-il dit dans un des canons sur le Baptême, prétend que les enfants parvenus à l'âge de raison doivent être appelés à confirmer les vœux faits en leur nom par leurs parrains... qu'il soit anathème. » Anathème aussi à qui prétendra que la privation des sacrements doive être la seule peine de ceux qui refuseraient de sanctionner ce que leurs parrains ont promis pour eux. Quel sera donc leur châtiment? Le décret n'en dit rien. C'est une sentence en blanc, que l'inquisition se chargea de remplir. Ainsi, quand l'Église romaine laisse en paix ceux qui