‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 82 sur 138 · LIVRE DEUXIÈME 2/i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME 2/i

ont rompu avec elle, soyons bien avertis que ce n'est pas par tolérance. Le concile a dit anathème à qui croirait qu'on ne doit pas les punir.

Restait un point qui n'avait encore jamais été définitivement résolu. L'évêque est-il seul apte à administrer la Confirmation ?

L'usage de l'Église était depuis très-longtemps favorable à cette idée; mais les docteurs auraient aimé dire pourquoi, et ce n'était pas facile. Il est impossible, en effet, d'en donner une autre raison que l'usage même. Le Catéchisme, qui ne recule jamais, croit en avoir trouvé une. « C Écriture sainte nom apprend, dit-il, que l'évêque seul peut confirmer. Nous lisons dans les Actes que cetix de Samarie ayant reçu l* Évangile ^ Pierre et Jean prièrent pour eux afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit, . . n'ayant encore été que baptisés, » Oii est l'Évêque là-dedans? — demandera-t-on ; et Ton pourrait tout aussi bien demander : Où est l'onction ? Où est la Confinnation ? Car ce fait ressemble singulièrement à tous ceux où il est question du Saint-Esprit conféré par les apôtres.— Attendez. « Celui, poursuit le Catéchisme Romain, qui avait baptisé les chrétiens de Samarie , Philippe , n'était que diacre. On voit donc, d'après ce récit, qu'il n'avait pas eu le pouvoir de les confirmer. » Ce qu'on y voit, c'est que les apôtres seuls conféraient le Saint-Esprit ; mais que ce soit là la Confinpation, c'est ce que nul au monde n'aurait l'idée d'y voir, s'il ne l'avait préala-

9èd HISTOIRE DU CONGILB D£ TRENTE

blemeat eqtenciu dire. Puii, k quoi peaie-t-Q» 7 $i #e fait prouvait quelque chose, il |H*ouYerait, m effet, qu- hq diacre ne peut pas copfinperi proiivomt-il qu'tw prêtre ne le puisse pas non plus?

Quant aux motifs logiques, on en manquait complètement. La Confirmation n'eat ni aussi importante que le Baptême, puisqu'elle n'est pas réputée indispensable au salut, ni aussi grave que la Cène, puisqu'on ne saurait rien iinaginër de plus grand que l'acte dfi créer^ eo quelque sorte, le corps divin du Sauvfiur. Si donc un sîmplfi prêtre peut administrer ces deux dernierd sacrémeiits^ pourquoi pas l'autre atissi ?-^ Avec les détails historiques que nous avons donnés ci-dessus, on le comprendrait assez bien. Quand la Confirmation était ce que nous avoûs dit, il était naturel que le premier pasteur du lieu, l'évéque, présidât la cérémonie ; quand on y joignit une bnction , il était naturel encore qu'on lui en laissât l'honneur ; mais rien ne prouve que ce fût un droit exclusif, ni, encore moins, que la main d'un évéque fût réputée nécessaire h la validité spirituelle du sacrement. Dans l'Église grecque, les simples prêtres ont toujours eu le droit de confirmer. Nous pourrions renvoyer, en outre, à ce que nous aurons plus tard k dire sul* l'im*possibilité de trouver, dans les premiers temps, aucuhê difiérehce appréciable entre les évèques et les sitnpleà pasteurs.

La majorité du concile se tiiontrait cependant portée à traueher définitivement la question en faveur d^ é^ê^ ques ; mais comme on allégua quelques etiâmplen de prétreit ayant confirmé par commiàsion papale, il fallut s'en tenir à dire qUe « l'évéque mi le ministre ordinaire delaGon|ntiAtion. »

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