LIVRE DEVXlfSMt
aussi incroyables que honteuses. Quand un catholique français , reveiranl d^talie, en prend occasion de louer le catholicisme de son pays comme infiniment plus pur et plus noble , il ne tiendrar qu'à tous de lui montrer, en France, dans Tes villes comme dans les villages, è Paris comme au fond de la Bretagne on de la Provence, la plupart des choses dont il a été le ph» scandalisé h Rome, àNaples, à Païenne. L'Église romaine sait pourtant bien , et elle Ta cent fois éprouvé à ses dépens , que c'est par les questions d'argent qu'on réussit le mieux à la décrier auprès des masses. Elle ne peut avoir ouMié que la vente des indulgences fut , non la cause, mais certainement l'occasion du plus terrible échec qu'elle ait subi. Et cependant , rien ne change. Indulgences, messes, dispenses, tout continue à se vendre, à se négocier, devricms-nous^ dire , car l'esprit du siècle a passé par là , et c'esf jm des rares sujets sur lesquels le catholicisme est à la hauteur du jour. De tous les détails récemment donnés par les journaux sur le commerce des messes , aucun n'a été démenti. Bien plus, il en est résulté la preuve que ce n'était pas un abus, mais une nécessité. Un prêtre ne peut dire qu'une messe par jour. Dès qu'une église a plus de demandes qu'elle ne peut ea satisfaire , il faut bka, k iBoins de voler Fargent reçu , qu'elle fasse dire qoelfse part les messes dont elle est chargée. Elle se contentera donc de prélever tant pour cent, et une messe commandée à Paris sera dite à cent, à éaix ce»t lieues^ peut-être hors de France. (Test une manière comme une mitre d*avoir de la probité eu affaires ; maia cea détails y en excusant les individus , n'en sont pas moins la plu» asiëre critique da système. D'ailïeur», le système admis^, on en
vient aisément à l'appliquer, sans aucune espèce de pudeur, dans ses plus grossières formes. La librairie, par exemple, vous offrira en prime, si vous êtes prêtre, des messes payées à dire , et , si vous ne Fêtes pas , des messes encore, dites à votre intention. Toutes les combinaisons de l'économie financière dans Içs assurances sur la vie, vous les retrouverez dans des espèces d'assurances sur la vie éternelle, lesquelles vous garantissent, pour des versements modiques, une ample quantité de messes après votre mort. Et que dire de cette Agence de l'apostolat catholique, établie à Rome comme intermédiaire commercial entre la chancellerie du pape et le clergé de tous pays ? Tout le monde a pu lire cette fameuse circulaire où les formes commerciales, bizarrement accoutrées d'expressions pieuses, se produisaient avec un sî curieux cynisme *. Dira-t-on que le pape n'a ni créé ni reconnu cette agence ? Cela se peut; mais le tarif annexé à la circulaire, où l'agence l'a-telle pris? Si elle a un peu enflé les sommes, puisqu'il faut bien qu'elle fasse ses frais , elle n'a pas changé la nature des articles 2. Et s'il en est ainsi au centre, pour-
* « J'ai rhonnenr de vous transmettre le tableau des principales demandes que l'agence se charge d'obtenir à Rome. Votre zèle pour la gloire de Dieu et le salut des &mes m'inspire la confiance que vous choisirez ceux des articles les plus propres à atteindre ce but dans votre paroisse. »
s Indulgence plénière 10 fr.80 c.
Droit de la donner 12 80
"Droit (Cindutgencier les chapelets, croix, etc. . 12 80 Droit d'obtenir d'un confesseur ordinaire l'absolution des cas réservés au pape 25 »
Dispense de la célébration des messes dont on
est chargé 27 »
Dispenses de la récitation du bréviaire, dispenses de tout genre
bIVRE DEUXIÈME 257
quoi en serait-il autrement aux extrémités? Chaque pa-* roisse a donc sa chanceUerie, ses articles , son tarif; et quand on arriverait à prouver que le revenu moyen des prêtres n'est pas supérieur k celui des ecclésiastiques protestants, nous répéterions qu'il ne s'agit pas ici de personnes, mais de principes. Que cette manière d'avoir de l'argent en produise aujourd'hui peu ou beaucoup, ce n'est pas la question. Nous nous en tenons à dire, d'accord avec des millions de catholiques ainsi qu'avec une partie notable des membres du concile , que la fiscalité jouait et n'a pas cessé de jouer, dans leur Église, un rôle incompatible avec les vrais intérêts de la religion et la vraie dignité du sacerdoce.
En congrégation générale , les sacrements eurent le sort du Péché Originel : on recula devant la difficulté d'exposer ce qu'on avait si souvent et si hardiment appelé, dans le cours de la discussion, la doctrine de L'Église, On vota les vingt-sept anathèmes (quatorze sur les sacrements en général, dix sur le Baptême, trois sur la Confirmation), et on s'en tint là.
Beaucoup d'évêques commençaient à être fort inquiets de l'accueil qu'on allait faire au dehors, soit chez les protestants, soit chez les meilleurs catholiques, à ce
dans les affaires de mariage, dispense des vœux de virginité, pouvoir de lire les livres défendus, de donner aux mourants la bénédiction papale, etc., etc.
silence du concile snr tant de graves questions ; et oe silence, aujourd'hui comme tfors, n'est pas un petit embarras pour les champions de l'autorité du concile. Sur le Baptême, sur fa Confirmation, sur les sacrements en général , aucune doctrine enseignée ; des négations et des anathèmes , et puis rien. Ge quil ne faut pas croire, le voilà ; ce qu'il faudra croire, où le prendre? Dans le Catéchisme Romain , apparemment f
Là„ en eilët^ cène sont pas tes affirmations qui manquent. Xous avons cité quelques détails ; Tensemble ne serait pas moins curieux.
« Il est certain , dît cet étrange ffvre , que c'est Jésus-Christ qui a institué le Baptême. j> — A la bonne heure! — pensez -vous; voilà qui est raisonnable et hors de doute. Attendez! On ne s'en tiendra pas là; ce serait par trop scripturair^ ejt par trop simple. Jésus- Christ a institué le Baptême ; mais quand ? Vous croyez que c'est lorsqu'il a dit aux apôtres : « Allez, baptisez toutes les oation&t n Eirreur ;i c'esjb liorsiipie^ baptisé luim^Qje pai* saint Jeaa „ il couoaunîqua k reaa, par l'attoucl^oveoiit, de soa corp& divia„ la vejftu de sancti&et les boKames^ a Tout le nuuuk en couvieni , » ajoute la traductUm français U est malheureusement vrai que plusieurs Pères ont enseigné ou para enseJigper cette miraculeuse consécration de Veau par le baptêwe du Cbjsist ; maji&« si c'est plus qu'une figure^ s'il jf a. réellement eu un certain, caractère coxHixauniqpié h Xeasx en général , — qui nous expUc^u^era comment iJ. n'y a pa& profanation et sacrilège à l'employer tous les jours aux plus vik usages? Que devient-elle,, dans l'eau d'un ruia*^ séant w d'un: égottt, eette itn^imde ei sidmnetewiu^»
1 T^nta et tam divina virtus à Dopiiflo aquis trlbuta-